BEESUS
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Stoner Doom

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Aldo
Journaliste

BEESUS

«Ma che cosa è questo?»

7 titres
Stoner Doom
Durée: 41 mn
Sortie le 03/04/2020
401 vues
GO DOWN RECORDS

L’un des avantages de la fonction de chroniqueur pour webzine, c’est d’avoir l’opportunité de découvrir pléthore de groupes et d’albums qui, d’habitude vous passent sous le nez. En l’occurrence, rien ne prédestinait votre serviteur à chroniquer cet album venu d’Italie, mis à part le fait qu’un peu de bolognese coule dans ses veines. Si, è vero !

Ne connaissant pas du tout ce trio de doomsters romains, qui signent ici leur troisième méfait en 9 ans (de source sûre , le groupe se serait formé en 2011, sous forme de quatuor), et n’étant pas à l’abri d’une bonne surprise, votre serviteur s’est donc jeté dans le bain de la découverte des sept (assez longues, mais c’est le style qui veut ça) plages constituant cette galette.

Vendu sous l’étiquette Doom/Stoner/grunge, l’entame de l’album donne plutôt raison à cette tentative de définition de ce qui vous attend (même si, comme dans la vie, tout n’est pas si simple…et même si, pour le côté grunge, on cherche encore…)

Paradoxalement, la première plage jure quelque peu avec le reste de l’album, qui quoique varié dans les atmosphères, reste assez cohérent, nous y reviendrons…
En effet, « Reproach » s’avère assez rêche, loin de toute réverb présente par ailleurs sur le disque. C’est assez brut, et pour tout dire assez piègeant, car il faut passer ce premier titre pour vraiment goûter la substantifique moëlle du bidule.

C’est beaucoup plus flatteur par la suite, même si la production reste assez simple et live dans l’esprit. Il faut dire que l’ensemble a été enregistré en conditions de concert dans un club réputé chez nos amis romains.

Autant le dire tout de suite, il ne faudra pas chercher le headbanging avec nos trois zozos, on est plutôt dans le trip (ha oui, ça par contre c’est un terme tout à fait adapté) jam psychédélique coincé entre Woodstock et les débuts d’une certaine forme de prog rock. Il y a parfois même du très british dans le son (les intonations du chanteur évoquent même fugacement cette tête à claque de Liam Gallagher de Qui-vous-savez…c’est curieux mais c’est comme ça). Si t’es fan d’Hawkwind et de space-rock barré, ça va te plaire, c’est tout à fait dans l’esprit. Si tu sais apprécier les envolées jazz rock aussi…

Ceci étant dit, il faut effectivement une certaine sensibilité à ce type de musique et à l’impro pour apprécier pleinement cet album. Et même si le pékin moyen trouvera par-ci par-là quelques passages lui permettant de passer un bon moment, ça risque plutôt de lui faire l’effet d’un joint un peu trop corsé pour quelqu’un qui n’a pas l’habitude. Ce disque est assez exigeant et demandera un effort certain pour se révéler à l’auditeur.