VANDENBERG
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Hard Rock

2020
Laurent Sage
Journaliste

VANDENBERG

«Un retour presque gagnant pour le hollandais magique.»

10 titres
Hard Rock
Durée: 42 mn
Sortie le 29/05/2020
594 vues
Décidément, le come back des anciennes gloires des eighties se poursuit et c’est avec plaisir que nous apprenons qu’Adrian Vandenberg remet le couvert avec le groupe qui l’a fait connaître au monde entier : "Vandenberg".

Petit historique : Vandenberg c’est deux albums classieux de hard mélodique ( ‘Heading for a storm’ est moins marquant), certes pas heavy metal, mais avec des pépites dans ces deux opus. Et puis le style d’Adrian : des solos aux mélodies imparables, une guitare légèrement saturée et une façon de faire pleurer sa guitare; du grand art. Plongez vous dans ses deux albums ( ‘Vandenberg’ & ‘Alibi’) pour les plus jeunes et vous aurez un aperçu de ce qu’est un guitar hero. Version 80’s.

Adrian a ensuite tracé sa route avec "Manic Eden", un seul et unique album au compteur. Mais alors avec un line-up de rêve : Rudy Sarzo, Tommy Aldridge & Ron Young ( Little Caesar) au chant. La musique devenait plus hard.

Puis pendant 13 ans, Adrian a officié dans Whitesnake, a écumé les scènes du monde entier, posé son solo sur le tubesque ‘ Here I go Again’ et comme souvent, a repris sa liberté après tant d’années passées aux côtés de David Coverdale.

Vandenberg’ Moonkings commençait à montrer un Adrian plus en phase avec le hard actuel : son beaucoup plus saturé, compos plus rentre-dedans typées blues rock et après le deuxième album vint le "problème" du chanteur. En effet, Jan Hoving était propriétaire d’une grosse ferme et ne pouvait être souvent disponible pour tourner.

Adrian s’est rendu compte qu’il était dans une phase de transition identique à celle qu’il avait connu par le passé lorsqu’il jouait dans ‘Teaser’ et qu’il avait voulu explorer d’autres horizons en transformant le groupe en Vandenberg.

Ne voulant pas trouver un nouveau nom de groupe il décida de reprendre ‘Vandenberg’. Pour cela il s’est entouré de Ronnie Romero ( Blackmore ,CoreLeoni) au chant , de Randy van der Elsen à la basse ( pendant les trois dernières années chez " Tank" le groupe issu de la NWOBHM) et du batteur Koen Herfst ( régulièrement élu comme meilleur batteur de hard rock hollandais). Adrian a bien su s’entourer.

A noter que Rudy Sarzo et Brian Tichy officient comme guests sur l’album.

L’album démarre avec un ‘Shadows of the night’ au tempo plutôt rapide, un chant tout en puissance de Ronnie, un morceau typé "Whitesnake" dans l’approche ( tout comme par exemple ‘Light Up the Sky’). Côté solo Adrian assure le minimum syndical.
‘Freight Train’ et son riff joué sur quelques notes, avec son break saccadé avant l’envolée en solo d’Adrian. C’est là que l’on voit que son jeu a évolué, avec beaucoup plus de techniques "modernes" et peut être un peu moins de finesse. En tout cas, c’est mon ressenti. ‘Hell and High Water’ emprunte un peu le même chemin, le riff est similaire au précédent morceau et on n’est pas forcément embarqué.
Avec ‘Let It Rain’ on retrouve le sens de l’écriture et de la mélodie qui caractérise le Vandenberg que l’on connaissait. J’ai eu un petit "souci" à l’écoute de ce titre : la voix de Ronnie sur ce morceau un peu "Gotthardien" me fait penser à Steve Lee et j’avoue avoir été "gêné" mais heureusement, Adrian revient à ses premières amours avec un solo dont il a le secret, tout en feeling et finalement, ça le fait.
Oui, c’est vrai ‘ Shitstorm’, un des meilleurs morceaux de l’album, est très empreint aussi de l’empreinte Whitesnake. Ceci dit, après treize ans passés avec le groupe, ça laisse des traces. Et puis quand Adrian nous joue des solos comme dans ce morceau, on ne peut que se réjouir.

Quand le groupe revisite ‘Burning Heart’, c’est un grand moment. Un morceau qui a marqué toute une génération de rockers. Et c’est là qu’on s’aperçoit du différentiel qu’il y a entre "l’ancien" Vandenberg et le nouveau : une sorte de fraîcheur, de feeling qu’on ne retrouve pas sur le nouvel album. C’est peut être là le point faible de cet album : avoir repris la nom d’un groupe légendaire avec un style différent. On s’attend à de grandes envolées mélodiques comme lors de ce solo d’anthologie et au final, on ne s’y retrouve pas.

attention, je ne dis pas que c’est un mauvais album, je dis juste que vous ne devez pas vous attendre à retrouver ce qui nous avait enchanté à l’époque ( note : j’ai l’impression de parler comme un vieux nostalgique^^).
Evidemment, vous y trouverez votre compte de riffs et solos extrêmement bien joués, un chant impeccable (peut être moins d’émotion que dans CoreLeoni) , une production qui rend hommage aux artistes, mais si vous vous attendez à un Vandenberg "Old School", ce sera peut être pour le prochain album.