SVART CROWN
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Black/Death Metal

Abreaction
Anibal BERITH
Journaliste

SVART CROWN

«Encore une belle preuve que la scène Metal française est bien représentée et que le live reste le meilleur terrain de jeu pour laisser s'exprimer pleinement Svart Crown. »

11 titres
Black/Death Metal
Durée: 54 mn
Sortie le 03/03/2017
9594 vues
Treize ans d'existence et un quatrième album pour le quartet originaire de la région PACA avec le dense et intense ''Abreaction''.
Formé par JB Le Bail (guitare/chant) alors qu'il était encore lycéen, le groupe composé de Ludovic Veyssière à la basse, le prodigieux Kévin Paradis à la batterie et Kevin Verlay à la guitare, se targue d'une belle réputation sur la scène du Metal extrême en étant signé par le label de renom Century Media Records, et en faisant des tournées mondiales avec les plus grands du milieu comme Marduk ou Benighted par exemple.

Difficile de définir un genre au combo niçois mais ce qu'il en ressort de cette dernière galette est un mélange de death, de black, de grind, de groove et de musique tribale. Curieux de nature JB s'inspire de tout et retranscrit ses idées et ses envies à sa manière et délivrer ainsi une musique complexe, pas très accessible et qui nécessite plusieurs écoutes pour bien comprendre l'univers de Svart Crown.

Comme pour tout ce qui est musical, le mieux est encore de l'écouter et sachez que si vous êtes fan de musique engagée, puissante tantôt brutale, tantôt psyché avec son lot de dissonance, vous serez servis. L'album est intense et fait naviguer l'auditeur sur de nombreux univers à la sonorité ethnique sur près d'une heure et onze titres.

Un point commun à chacun des morceaux de la galette, c'est le côté rituel des compositions par l'intégration systématique de plans tribaux (accentués par les deux interludes 'Tentacion' et 'Lwas') auxquels s'ajoutent des plans déprimants et torturés à la rythmique lourde ('Golden Sacrament') ou des passages carrément dévastateurs comme 'Carcosa' et ses riffs complexes et dissonants.

Les longs plans instrumentaux sont privilégiés avec des intros denses de plus d' 1'30'' souvent, qui laissent chacune des chansons se positionner et monter en puissance comme l'inquiétant et lugubre 'The Pact: To the Devil His Due' qui sur plus de 7' offre une panoplie complète du savoir faire des français avec des break qui préparent les changements d'ambiance amenant l'auditeur vers des terres lointaines aux paysages lourds et pesants voire mélancoliques.

Un joli travail sur le chant de JB par des variations du growl qui sait être torturé ('Golden Sacrament', 'Nganda'), hurlé ('Carcosa'), profond ('Khimba Rites'); et même plus clair et puissant sur l'agressif 'Transsubstantiation'.

L'ensemble des instruments est mis à l'honneur avec un plus pour le jeu de batterie impressionnant de Kevin Paradis qui maîtrise son sujet en sachant blaster violemment ou tabasser lourdement (passage doom sur 'Upon This Intimate Madness') et exercer des parties complexes à contre temps accentuant les variations de rythme à contre courant des parties mélodiques aux riffs volontairement répétitifs et pénétrants.

Au delà des parties sauvages telles que l'inspiré grindcore 'Emphatic Illusion', Svart Crown intègre parfaitement des plans psychédéliques tel un gourou exerçant son voodoo qui complètent parfaitement l'univers rituel omniprésent depuis les premières notes du disque sur 'Orgasmic Spiritual Ecstasy' et 'Nganda'.

Comme vous pouvez le constater, Svart Crown sort des sentiers battus en proposant un Metal extrême complexe et incisif. On ne sort pas indemne d' ''Abreaction'' qui peut s'avérer déroutant au départ et tellement addictif au fur et à mesure des écoutes. Encore une belle preuve que la scène Metal française est bien représentée et que le live reste le meilleur terrain de jeu pour laisser s'exprimer pleinement Svart Crown.

Anibal Berith.