DENNER / SHERMANN
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Heavy Metal

Masters of Evil
Morbid Domi
Journaliste (Belgique)

DENNER / SHERMANN

8 titres
Heavy Metal
Durée: 42 mn
Sortie le 24/06/2016
4199 vues
Pour ceux qui ne le savent pas encore, derrière l’intitulé « Denner et Shermann » se cache, non pas un éminent cabinet d’avocats mais bien un groupe international comprenant les illustres guitaristes Danois de Mercyful Fate (Michaël Denner et Hank Shermann) mais aussi le remarquable Suédois, Snowy Shaw, légendaire compositeur de « Notre-Dame », à la batterie.
Des américains renforcent le projet : Marc Grabowski, à la basse et, tenant le micro, messire Sean Peck (chanteur de « Cage », « Warrior », et j’en passe...)

Vous l’aurez compris, tout porte à croire qu’il s’agit d’une sorte de Dream Team.

En 2015, les comparses avaient sorti un EP « Satan’s tomb » qui montrait, sous l’hommage rendu au Heavy metal des années 80, des notes plus actuelles et power speedées, mais aussi un lien lointain avec Judas Priest vu les racines inspiratrices de Sean. D’autres spécialistes percevaient un rendu davantage typé métal Teuton.

Ce Masters of Evil allait-il changer la donne ?
Pas forcément. Toutefois, il m’apparaît que cette fois, l’ensemble est plus cohérent, plus lié.

Si « Angel’s Blood » démarre dans le registre Mercyful, on retrouve bien les clés de l’occulte si chères à Maître King Diamond, on découvre aussi très rapidement les notes de
la modernit et cet esprit plus power.
Le morceau est agréable et se capte très aisément. Pas de révolution à ce stade, c’est moyen.

En affinant l’écoute, nous trouvons des perles, nettement plus significatives « Son of Satan », « Pentagram and the cross » et « Master’s of Evil » qui sont entraînantes, bien ficelées au niveau de la composition. On y perçoit du travail et de la conviction. Les riffs accrochent et portent de bien jolies mélodies.
Nous comprenons aussi qu'il s'agit bien d’une entité musicale bien distincte.
Il faut cesser sans doute définitivement de comparer et se laisser bercer par cet univers bien distinct.

Les refrains se retiennent aisément. Je sens un fifrelin de fraîcheur.
Le problème est que sur la longueur, arrivé à « Escape From Hell », je perçois aussi, en moi, un léger agacement sur le manque de variation du timbre vocal de Sean.
Mais disons qu’il s’agit là d’un moindre mal vu la richesse musicale de la galette.

C’est en tombant sur « Servants of Dagon », joli clin d’œil à Messire Lovecraft, que je retrouve cet aspect accrocheur, nous amenant à osciller la tête face à des riffs imparables, savamment glissés dans une sorte de crescendo qui vous tombe sans avoir l’air d’être arrivé.

« The Baroness » ferme la marche et se démarque par un fond plus calme mais encore plus sombre par rapport aux autres morceaux. Les riffs sonnent plus thrashy.

En conclusion, le projet est intéressant, musicalement plaisant, mais il manque un petit iota de quelque chose, on a envie d’entendre le vocaliste plus y croire, plus hanter l’univers de ses chansons et se lâcher davantage.
Il faut péter ce plafond qui donne l’impression d’avoir affaire à une œuvre presqu’aboutie. On en veut plus. Il convient d’y voir là une forme d’exhortation au perfectionnement.
C’est le signe que je n’ai pas perdu de temps sur « Masters of Evil ».
On veut du plus diabolique en harmonie avec la musique. « Peut mieux faire ».

Morbid Domi