ETHS
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Metal Hardcore
Chroniques

Ankaa
Anibal BERITH
Journaliste

ETHS

12 titres
Metal Hardcore
Durée: 57 mn
Sortie le 22/04/2016
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Eths a pour habitude de sortir un album tous les 4 ans en moyenne depuis 'Soma' en 2004 sans compter les nombreux EP et donc c'est en toute logique que cette année 2016, le quatuor marseillais nous propose son dernier opus 'Ankaa' avec la particularité d'être le premier album avec la nouvelle frontwoman, Rachel Aspe, que l'on a découvert sur l'EP 'Umbra In Solem'. Pour la production, c'est le leader charismatique Staif Bihl qui s'est chargé de cette tâche en plus de composer l'intégralité des titres (musique et paroles). Le line-up n'étant pas au complet lors de l'enregistrement, c'est Dirk Verbeuren de Soilwork qui s'est chargé de la batterie sur la session d'enregistrement.

Avec cet album, Eths nous offre un univers conceptuel très personnel proposant une entrée en matière plutôt brutale avec les trois premiers titres 'Nefas', 'Nihil Sine Causa' et 'Amaterasu', permettant de bien mettre en valeur la voix gutturale et hurlante de Rachel, le tout dans une ambiance angoissante et sombre. Ces compositions adoptent une atmosphère épique teintée de passages metalcore accompagnée de mélodies orientales bien marquées et plus particulièrement sur les plans chantés en arabe confiés à Sarah Layssac. On découvrira un côté électro plus présent que par le passé donnant un côté indus. aux titres qui sera encore plus présent en avançant dans l'album.
Le quatrième titre 'Seditio' marque un tournant puisqu'à partir de ce titre, la couleur de 'Ankaa' change radicalement. Staif nous confiera au cours de l'interview qu'il nous a accordé avec Rachel lors de la release party du groupe, que ce titre lui a été inspiré par un cauchemar récurrent. Courte intro au piano sur laquelle ont été placés les riffs et l'ensemble des arrangements, et instruments dans une ambiance mélancolique et torturée. Le titre sonne moins brutal mais il n'est pas doux pour autant. En suivant 'Nixi Dii' traite de l'infanticide dans une ambiance lourde,malsaine et hurlante rendant la composition dérangeante.

Au fur et à mesure que l'on avance dans 'Ankaa', on sent que l'on va vers quelque chose de plus doux et de plus heureux et c'est ainsi qu'à mi-parcours, nous découvrons 'Vae Victis' au chant majoritairement clair, à l'harmonie plus mélodieuse. Les plans plus agressifs sont moins nombreux et très bien positionnés pour maintenir l'auditeur en éveil. Puis le côté indus/électro reprendra le dessus sur 'HAR1', 'Kumari Kandam' avec une agréable surprise entre les deux pistes, 'Sekhet Aaru', qui vous fait clairement voyager en Egypte part son ambiance intégralement orientael et toujours le chant envoûtant de Sarah découverte plus avant.

Les trois derniers titres de cet opus 'Alnitak', 'Alnilam', 'Mintika' amorcent une montée en puissance dans l'univers d'Eths nous amenant vers quelque chose de moins sombre. Les riffs sont toujours gras mais les voix sont plus accessibles apportant de la lumière dans les ténèbres dans lesquelles nous voyageons depuis près de 3/4 d'heure inspirant ainsi une lueur d'espoir. Sentiment que l'on ressent particulièrement sur la piste clôturant l'album avec de longs passages instrumentaux "légers" et joyeux.

'Ankaa' marque un tournant dans la carrière d'Eths avec le pari audacieux de proposer un univers différent en mélangeant les styles qui font de leur modern metal, quelque chose d' avant-gardiste. Avec 3 ans de présence, Rachel Aspe réussi le pari de s'imposer dans ce groupe, fêtant cette année ses 20 ans, avec sa voix puissante et son jeu de scène époustouflant. Un album à écouter dans ses moindres détails pour capter le message du combo marseillais. Déroutant!

Anibal Berith