Devolution Series #2 - Galactic Quarantine
Fred H
Journaliste

DEVIN TOWNSEND

«Ne pas se procurer cette déferlante musicale TOUT SIMPLEMENT ÉPIQUE reviendrait à commettre une faute très grave»

15 titres
Progressive Metal/Rock
Durée: 79 min 38 mn
Sortie le 25/06/2021
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Et de deux. Trois mois seulement après son « #1 - Acoustically Inclined, Live in Leeds », Devin Townsend remet déjà le couvert. Le canadien tient ses promesses. Sous l’appellation « Devolution Series », en parallèle (et complément) à ses futures sorties qu’il qualifie de « majeures », le natif de New Westminster va nous abreuver de « bizarreries » (comme il les nomme) diverses et variées pour (tenter de) compenser le manque de tournées et de contact avec ses partisans (la faute au covid-machin).

Voilà donc « #2 - Galactic Quarantine ». Il s’agit en fait de l’enregistrement audio du gig virtuel donné par notre Hevy Devy (accompagné de trois comparses) qui avait été diffusé, lors d’un streaming live, le samedi 5 septembre 2020 via la plateforme en ligne StageIt. Pour mémoire, ce show avait été pré-enregistré par les quatre musiciens qui, chacun basé dans un endroit différent du globe (pandémie mondiale et confinements obligent), avaient été filmés sur fonds verts (afin d’ajouter des effets ultérieurement) par plusieurs caméras 4K.

Quoi qu’il en soit, si le premier « Devolution Series » montrait la facette la plus calme du génie chauve grâce à des revisites unplugged, ce numéro #2 propose un versant plus heavy de la zique de notre illuminé préféré. En termes de tracklist, s’agissant d’un « By Request Set » (comprendre des morceaux choisis par les fans), on trouve un peu de tout. Un rien du The Devin Townsend Band, un peu de Devin Townsend Project, quelques trucs commis sous son blase éponyme, et bien évidement du Strapping Young Lad. On a là un résumé assez représentatif des multiples incarnations de la gargantuesque discographie de notre extravagant chanteur et multi-instrumentiste.

Tout d’abord, au travers d’une courte intro ouvreuse (la mise en route 'Velvet Kevorkian'), Devin nous explique le contexte. C’est un concert de quarantaine (en l’occurrence son quatrième), lui est à Vancouver, le guitariste Wes Hauch (ex-The Faceless) est à Atlanta, le bassiste Liam Wilson (ex-The Dillinger Escape Plan) à Philadelphie, et le batteur Samus Paulicelli (Decrepit Birth) à Winnipeg. Il est heureux d’être là, nous souhaite un bon moment, harangue son audience virtuelle avec quelques « Are you ready ? » …. et nous voilà partis pour 85 minutes intenses.

Notre omniscient Ziltoid et ses sbires défouraillent plusieurs compositions des plus meurtrières. On a le droit à un déluge de décibels (l'implacable 'All Hail The New Flesh'). C’est un mur de sons qui vous déferlent dans les esgourdes ('Juular'). La clique déploie l’artillerie lourde à grands renforts de rythmiques assassines (la tuerie 'Love?', le tourbillon 'Aftermath') et de riffs à l’efficacité redoutable (le sauvage 'Detox', spéciale dédicace à tous les headbangers). Derrière son kit, entre double pédales frénétique ('Kingdom') et martelage en règle de ses toms électroniques, le cogneur américain se montre monstrueux et sans pitié ('Almost Again'). C’est bien simple, si vous voulez vous fritter ou faire déguerpir vos voisins. POUSSEZ LE VOLUME A FOND, le résultat est (presque) garanti.

Histoire de nous laisser (un peu) respirer le temps de quelques chansons, le quatuor ralentit la cadence ('March Of The Poozers'). Avec sa voix qui assurément doit venir d’ailleurs, notre sympathique et protéiforme artiste oscille entre différents tons. Il parle, chante ('Supercrush!', 'Spirits Will Collide' et sa progression harmonique pop), rugit (l’atmosphérique 'Deadhead', le « je-pars-dans-tous-les-sens 'By Your Command'), cri, hurle (le mélodique 'Stormbending'). Quel caméléon vocal ce mec.

A l’instar du premier « Devolution Series », ce live « #2 - Galactic Quarantine » se destine avant tout aux plus fans de Devin Townsend. Malgré tout, une fois encore, ne pas se procurer cette déferlante musicale TOUT SIMPLEMENT ÉPIQUE reviendrait à commettre une faute très grave.