TETRARCH
Plus d'infos sur TETRARCH
Alt-Metal / Metal

Unstable
Lucie L
Journaliste

TETRARCH

«Surproduit et mainstream, cet opus est une bouffée d’air pour tout amateur de Nu-Metal»

10 titres
Alt-Metal / Metal
Durée: 37 mn
Sortie le 30/04/2021
849 vues
NAPALM RECORDS (REP)

Tetrarch signe définitivement avec cet album le grand retour du néo métal sur la scène internationale, plus de vingt ans après la vague dévastatrice qui sévissait alors sur les radios comme sur le petit écran. Un véritable engouement retombé comme un soufflet une décennie plus tard avec le changement dans les habitudes de consommation musicale mainstream et la consécration de mouvements plus extrêmes et underground. ''Unstable'' nous ramène donc à la fin de ces années 90/début des années 2000, au temps où les baggys/chaussures de skate/chaînes rimaient avec metal. Mélangeant néo metal à tendance musique industrielle et envolées metalcore, le groupe a su projeter l’essence de ce style presque “oldie” en 2021, en y ajoutant des éléments musicaux structurels et une production très moderne.

Tout droit venu d’Atlanta en Georgie et installé à Los Angeles en Californie, le groupe est actif depuis quatorze ans. Depuis sa signature chez Napalm Records en 2017 pour la sortie de leur premier album, Freak, la formation s’offre une couverture médiatique bien plus importante que pour leur deux EP, ce qui les propulse sur le devant de la scène. C’est donc sous ce même label que sort ce nouvel opus, qui frappe fort avant même sa sortie, avec des clips visionnés des millions de fois et énormément commentés en l’espace de quelques semaines.

Retour vers le futur... L'album s'ouvre sur une track qui donne le ton dès le début. 'I’m not right' est entêtante avec son refrain hypnotique, des lyrics qui entrent dans la tête au son de “looking in the mirror, i hate myself” et surtout une construction tellement caractéristique du néo metal tendance indus’ des années 2000, formaté pour la radio. La seconde et la troisième track sont clairement faites pour la scène dans deux styles différents.Unstable est plus d’influences directes -core et néo indus’ que Negative noise mais toutes deux restent ultra catchy, tant dans la rythmique qu’au chant, nul doute qu’elle sauront faire bouger le pit. Negative Noise a un son qui n’a rien à envier aux titres les plus efficaces de Slipknot, solo de guitare en prime. La touche metalcore se fait ressentir sur les refrains en voix claire, qui plairont aux amateurs du genre, mais laisseront les addicts de refrains ravageurs sur leur faim. Unstable, loin d’être originale, reste cependant assez groovy et dynamique pour plaire au plus grand nombre. Sick of you fait quant à elle penser à du Dope mixé à du metalcore. Un morceau tantôt ancré dans une rythmique et un chant indus’ du début des années 2000, tantôt dans la modernité par les riffs et les sonorités de certaines lignes de chant inspirées directement du metalcore.

L’album a des faiblesses … Alors oui, les amateurs de Linkin Park devraient apprécier You never listen, comme ceux de Korn Stitch me up, mais voilà, on s’ennuie. C’est du metal FM, presque de la pop metal, surtout dans les refrains entendus. Enfin Addicted ne convainc pas non plus : très mainstream, cette track nous propulse dans un metalcore générique avec une touche d’indus’, mais rien d’exceptionnel. La construction et les refrains sont redondants et teenage. Seul le pont à 2m20 vient sauver un ensemble assez plat.

Sauvés par le gong… La dernière track, Trust me, est une bonne conclusion à cet opus. Un titre bien plus calme et dark rock, mais qui fonctionne très bien. On navigue entre un rock à la Deftones et un dark rock qui pourrait quelque peu rappeler les premiers Manson, et c’est plutôt plaisant.

Sans renouveler le genre et en restant accessible au plus grand nombre avec sa production très calibrée, Tetrarch réussit cependant à nous renvoyer dans la face sur quelques titres toute l’énergie du néo metal/indus et du metalcore. Surproduit et mainstream, cet opus est cependant une bouffée d’air pour tout amateur des genres sus-cités. Nul doute que les américains devraient facilement conquérir un large public sur scène, lorsque cela sera possible, si la prestation scénique et le choix de set list est au rendez-vous !