The Human Condition
Fred H
Journaliste

BLACK STONE CHERRY

«Quoi vous dire d’autres à part que ce southern rock hard US est très bon, qu’on en redemande et qu’on le recommande chaudement ?»

13 titres
Heavy Rock
Durée: 46 min 41 mn
Sortie le 30/10/2020
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« Family Tree », la dernière rondelle longue durée de Black Stone Cherry, remonte à 2018. L’an passé, histoire de se faire plaisir et de nous faire patienter, le combo originaire d'Edmonton dans le Kentucky nous offrait un EP de reprises avec tout est dit dans le titre « Black To Blues 2 » (une première mini-galette du même type était parue en 2017).

Après une petite recréation-collaboration avec leurs potes de Monster Truck pendant le confinement (le morceau 'Love Became Law'), BSC s’en revient avec son septième effort « The Human Condition », autoproduit et enregistré dans le studio perso du bassiste (« à la maison » donc). Il faut reconnaitre à cette formation la faculté à pondre des riffs addictifs (le fédérateur 'Ringin' In My Head') et musclés (la beigne 'Again') pour accompagner ses mélodies accrocheuses. On peut assurément affirmer, sans trembler des genoux, que ces garçons savent y faire dans le genre refrains qui vous agrippent directs (l'hymne 'Keep On Keepin' On' aux accents blues) et qui ne vous lâchent plus ('Ride'). Les racines southern et les influences rock hard US moderne (ou l’inverse) sont bien présentes. Pourtant, le quartet de l'État de l'herbe bleue imprime sa propre personnalité dans sa musique mêlant saturation, distorsion et sonorités old school seventies.

Le chanteur-gratteux Chris Robertson, le guitariste Ben Wells, le bassiste Jon Lawhon et le batteur John Fred Young sont ensemble et se pratiquent en tant que groupe depuis bientôt vingt piges (l’anniversaire des 2 décennies c’est pour 2021). On ressent la connivence, le réel plaisir de jouer et de partager (le percutant 'Some Stories'). Ces déferlements de feeling, de groove ('Devil In Your Eyes') et d’énergie font du bien. Exécution ciselée, efficacité redoutable. Que du bonheur. Les compositions sont variées et travaillées que ce soient dans leurs constructions rythmiques ou pour les soli de sixcordes des plus inspirés ('Live This Way', 'The Chain').

Toujours aussi puissante et rocailleuse, la voix du chanteur-gratteux Chris Robertson est aussi chaleureuse et parfois fragile. Qu’il s’agisse de ballades ('When Angels Learn To Fly', 'If My Heart Had Wings') ou de compos plus dynamiques (l’entrainant 'In Love With The Pain'), le bougre réussit à nous cueillir. Décidé à se livrer un peu personnellement, l’américain partage ses troubles maniaco-dépressifs et ses anxiétés ('Push Down & Turn'). Dans la rubrique de la petite surprise bien sympathique, les quatre amis nous gratifient d’une excellente revisite d’un classique des pop rockers britanniques de Electric Light Orchestra ('Don't Bring Me Down'). D’une fraicheur communicative, cette réappropriation colle parfaitement aux étasuniens.

Une fois encore, avec son « The Human Condition », Black Stone Cherry est au rendez-vous et ne déçoit aucunement. Quoi vous dire d’autres à part que ce southern rock hard US est très bon, qu’on en redemande et qu’on le recommande chaudement ?