Chroniques

Ether
Fred H
Journaliste

MARK MORTON

«Avec cet EP acoustico-électrique, Mark Morton dévoile une autre facette de sa personnalité et de son écriture. Cet « Ether » est tout autant frustrant (parce que trop court) que tout simplement kiffant.»

5 titres
Metal
Durée: 20'28 mn
Sortie le 17/01/2020
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Il y a un peu moins d'un an, Mark Morton, le gratteux de Lamb Of God, livrait son premier effort en solitaire « Anesthetic ». Sur cette rondelle, on notait les présences de plusieurs invités de luxe tels que Mark Lanegan, Myles Kennedy d'Alter Bridge, Chuck Billy de Testament, Alissa White-Gluz de Arch Enemy ou encore Chester Bennington de Linkin Park (décédé en 2017). Pour défendre son opus sur scène, l'américain avait donné plusieurs gigs électriques ainsi que quelques sets totalement unplugged (au Sonic Temple festival et au Download festival UK notamment).

Content de ses prestations en mode débranché, Mark a donc commencé à écrire de nouvelles chansons avec la guitare acoustique comme forte composante. Baptisé « Ether », l'EP qu'on nous propose là, est donc le reflet cette approche voulue « plus douce ». Au programme, trois compositions originales et deux covers. A l'instar de son 1er méfait, Mark a appelé 4 potes vocalistes. Mark Morales ouvre le bal avec un inédit (le délicat 'All I Had To Lose' et ses arrangements de violons) et ferme le ban avec un reprise ('Black' de Pearl Jam). Dans les 2 cas, c'est effectivement une ambiance posée en voix/guitare sèche qui nous est proposée. Le hurleur des Sons Of Texas se fait ici calme et apaisant. Malgré la réutilisation des gimmicks propres à la chanson de PJ (les célèbres « Uh huh... uh huh... ooh... » et autres « Mm mmmm no nonono ») et le terrain (à priori) plus que glissant d'une relecture d'un intouchable, la paire Morton-Morales se fait fidèle et respectueuse en évitant l'accueil de trop copier la prestation originelle de Eddie Vedder. Quoi qu'il en soit, les « We belong together » de fin laissent toujours autant de frissons.

Hormis ces 2 pistes plutôt paisibles, le restant est un peu plus enlevé. La disto est de retour. Accompagné de Howard Jones (Light The Torch, ex-Killswitch Engage), notre six-cordiste étasunien sort un pur solo de gratte venu d'ailleurs (l'excellent 'Love My Enemy'). Bien joué car inattendu. Même tarif pour la plage partagée (le sombre 'The Fight') avec John Carbone de Moon Tooth. Le travail sur les (effets de) voix est tout d'un coup transpercé par un solo explosif du chef. Seule lady, Miss Lzzy Hale revisite The Black Crowes ('She Talks To Angels'). Après un démarrage assez tranquille, la chanteuse de Halestorm libère peu à peu son timbre puissant. Aaaarrrgggh, c'est bon !

Avec cet EP acoustico-électrique, Mark Morton dévoile une autre facette de sa personnalité et de son écriture. Cet « Ether » est tout autant frustrant (parce que trop court) que tout simplement kiffant.