The Nothing
Shades Of God
Journaliste

KORN

«Difficile de ne pas dire que « The Nothing » est un bon album, tant celui-ci est bourré d'émotion couplée à une réelle puissance»

13 titres
Durée: 44 mn
Sortie le 13/09/2019
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Si Korn reste un poids lourd dans l'univers Rock / Metal, il ne bénéfice clairement plus du même rayonnement qu'à une certaine époque où chaque sortie des Américains était attendue avec une folle impatience. La faute surement à des choix artistiques parfois douteux, à un manque de prise de risques, ou tout simplement à une époque qui fait qu'on est rapidement oublié parce que tout va vite. Il y a 3 ans, « The Serenity of Suffering » avait tout de même prouvé que Korn en avait toujours sous le pied, mais sans totalement convaincre et refaire l'unanimité. En 2019, la donne pourrait néanmoins changer, puisque le groupe apparait plus soudé que jamais et de fait, se situe sur une bien meilleure dynamique.

« The Nothing », un titre fort, qui fait très probablement écho à la terrible épreuve qu'a traversée Jonathan Davis avec le décès de sa femme l'an dernier. On ne peut pas imaginer un instant que la conception de ce nouvel opus de Korn n'a pas été une sorte de thérapie pour lui, que les paroles écrites n'ont pas eu vocation à évacuer l'immense douleur ressentie. Une impression vite confirmée puisque « The Nothing » sonne résolument sombre dans sa globalité, et voit les Américains jouer sur plusieurs tableaux à la fois, n'hésitant pas à brouiller les cartes pour offrir un album dont la diversité est indéniablement l'un de ses points forts. Korn se montre parfois très virulent et hargneux ('Cold', 'You'll Never Find Me') avec de grosses guitares accompagnées de vocaux très profonds, on serait presque tenté de dire qu'il sonne à l'ancienne, comme sur ses premières productions, celles qui ont lancé leur succès. Mais comme dit plus haut, « The Nothing » est très varié, l'approche est parfois plus subtile comme sur le génial 'The Darkness Is Revealing' dont le groove est à la limite de l'indécent et le chant de Jonathan Davis aussi beau qu'aux premières heures. Pour sûr Korn a repris de la confiance, de l'épaisseur et mélange de nouveau habillement les genres, preuve avec 'Idiosyncracy' en ajoutant un aspect presque Pop à un Metal lourd où une fois de plus Davis pousse le growl à son paroxysme. Korn se permet même d'aller du côté de l'électro et l'Indus sur 'Finally Free' et 'Can You Hear Me' en développant des ambiances parfois très dérageantes et anxiogènes. Si on sent indéniablement une force créative se dégager de « The Nothing », l'album est néanmoins complexe et nécessite plusieurs écoutes pour cerner ses nombreuses subtilités et apprécier sa diversité. C'est avec un peu de recul qu'on prend conscience du travail réalisé, qu'on met de côté l'aspect sombre et que l'on se focalise plus volontiers sur les excellentes sections rythmiques ('Gravity Of Discomfort'), la basse claquante de Fieldy (grande marque de fabrique du groupe), les mélodies, mais qu'on constate également à quel point Ray Luzier est un batteur fantastique dont le jeu correspond non seulement parfaitement à Korn, mais aussi dont l'apport est une valeur ajoutée incroyable pour le groupe, son impact est indéniable.

Difficile de ne pas dire que « The Nothing » est un bon album, tant celui-ci est bourré d'émotion couplée à une réelle puissance. Sa conception a dû se révéler extrêmement difficile pour Jonathan Davis, cette épreuve terrible se récent tout au long de la durée de l'opus au travers de son chant et de l'atmosphère générale. Cependant, « The Nothing » ne peut être réduit uniquement à ce tragique événement, musicalement Korn en impose de nouveau un maximum en se montrant créatif et mordant. Décidément 2019 est une année incroyable, après Rammstein, Slipknot et Tool, c'est au tour de Korn d'envoyer un bon parpaing, on ne boudera certainement pas notre plaisir, loin de là.