Dominion
Enora
Journaliste

HAMMERFALL

«« Dominion », un très bon album de Power/Heavy mais qui ne révolutionne pas le genre ; en même temps, peut-on demander à un groupe de l'ampleur d'Hammerfall de se réinventer ?»

12 titres
Heavy Metal
Durée: 52 mn
Sortie le 16/08/2019
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Remettons-nous en tête quelques répères : Hammerfall est un groupe suédois formé en 1993 par Oscar Dronjak, alors guitariste de Ceremonial Oath, et Jesper Strömblad, qui officie au même moment chez In Flames. Très rapidement, c'est-à-dire dès 1997, Nuclear Blast propose au groupe un contrat qui donnera naissance à neufs albums de « Glory to the Brave » (1997) à « (r)Evolution » (2014). Après ça, le groupe rejoint Napalm Records pour « Built To Last » (2016) et « Dominion », leur dernière création qui nous intéresse aujourd'hui !

Avec une introduction empruntant au Classique dans sa composition, Hammerfall se lance avec fougue dans ce nouvel opus grâce à ‘Never Forgive, Never Forget', un morceau à la rythmique puissante et porté par la voix toujours aussi reconnaissable de Joacim Cans, avec un solo de guitare plus catchy que le refrain. La chanson éponyme qui arrive juste derrière se démarque par son côté extrêmement mélodique et par un mixage équilibré qui permet à la basse de Fredrik Larsson d'avoir toute la place qu'elle mérite. C'est sur une ouverture plutôt old school Heavy Metal que débute la très bonne ‘Testify' que laquelle on ne tarde pas à agiter la tête puisque le groupe y prend un virage un peu plus sombre. Plus lent, ‘One Against The World' permet de se concentrer davantage sur les paroles que sur la composition d'ensemble, également grâce à un beau travail sur les choeurs vocaux.

On ne s'attardera pas sur ‘(We Make) Sweden Rock' tant le morceau a déjà été dévoilé avec seulement un audio, puis une lyric video, puis une live video. La sublime ‘Second To One' est une incroyable surprise avec ses airs de ballade sensible et impeccablement maîtrisée par les musiciens du groupe, en particulier le chanteur dont on salue la sobriété, qui bascule finalement dans quelque chose de puis énergique pour s'achever dans la douceur entre piano et guitare. Débordante d'énergie, la chanson ‘Scars Of A Generation' permet de renouer avec ce qu'il y a de plus traditionnel et immuable dans la musique d'Hammerfall, ce qui devrait réjouir les amateurs de la première heure.

‘Dead By Dawn' a tout du morceau guerrier qui peut faire basculer une fosse dans une déferlante d'énergie joyeuse autour d'une imagerie chevaleresque propre au genre ; en résumé Hammerfall a peut être trouvé son nouvel hymne avec ce morceau ! On se demande presque pourquoi ‘Battleworn' et ses 40 secondes n'ont pas été intégrés à une chanson plutôt que d'être proposés ainsi mais passons. Et c'est avec ‘Bloodline' et le beau jeu de batterie de Johan Koleberg qu'on oublie cet impair, se laissant porter par les guitares d'Oscar Dronjak et Pontus Norgren. Entre riffs Heavy, batterie explosive et choeurs aux voix chaudes, ‘Chain Of Command' est sans aucun doute l'un des meilleurs titres de l'opus. Et la conclusion n'aurait pu être plus appropriée tant ‘And Yet I Smile' a le côté majestueux et complet qui sied à cette position !

« Dominion » est un album d'Hammerfall qui n'a rien de transcendant mais qui continue à prouver que le groupe n'a rien perdu de son inventivité et de son énergie. Les fans du groupe et les amateurs du genre y trouveront sans peine leur compte, mais les auditeurs en quête de nouveautés sur la scène Power/Heavy vont devoir prendre leur mal en patience ; en même temps, peut-on demander à un groupe de l'ampleur d'Hammerfall de proposer une révolution musicale et de se réinventer ?


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