I Loved You At Your Darkest
The Effigy
Journaliste (Belgique)

BEHEMOTH

«Le retour de la bête , sournoise à souhait, va vous plonger dans les ténèbres ! Et c'est tant mieux !»

12 titres
Black Metal (early), Black/Death Metal (later)
Durée: 47 mn
Sortie le 05/10/2018
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Voici enfin venir la résurgence de la bête après l'ère The Satanist qui a été exploitée jusqu'à la lie. Depuis l'époque de Sventevith paru assez confidentiellement, les choses ont bien changé pour BEHEMOTH ! Si les années nonante ont peinés à le voir émerger pour un plus large public, les années deux-milles et des albums comme Demigod, The Apostasy ou encore Evangelion installent la bête comme valeur sure de la scène Blackened Death Metal. Quand la leucémie s'en prend à Nergal, la crainte d' un drame humain a plané dans l'esprit de tous les fans du groupe. C' était sans compter sur la combativité de l'homme qui remporta la victoire sur la maladie.

Nergal et son band sont donc revenu plus fort, plus puissant, plus ravageur que jamais et ont conquis un public encore plus large avec The Satanist, l'album de la consécration pourrait-on dire ! Mais voilà, que faire après un tel album ? Nergal lui-même n'en aurait probablement rien su si son voyage vers d'autres horizons musicaux avec ME AND THAT MAN ne lui avait ouvert les portes de l'inspiration.

La production de Tom Baker (Judas Priest, etc...) et de Matt Hyde (Slayer, Deftones, etc...) est tout simplement énorme. Nous recevons la claque auditive d'un son très bien produit, très bien mixé, qui garde malgré tout un sentiment organique qui est de plus en plus difficile à faire passer lorsque l'on joue sur de la grosse production. Ce pari étant réussi, les nouveaux titres vont nous ravager l'esprit encore plus fortement que sur le disque précédent. En effet, cet album est aux antipodes de ce que l'on pouvait attendre mais reste purement du Behemoth. La voix et le chant de Nergal sont l'élément principal de la rage dévoilée sur la longueur, et ce, malgré des titres bien plus nuancés musicalement tel que « Bartzabel » qui se veut doux et puissant à la fois.

Nous savons pertinemment que certains puristes risquent encore de pousser des cris d'orfraie dès l'introduction « Solve » en voix d'enfants, qu'un morceau comme « If Crucifixtion Was Not Enough » tellement léger dans la distortion de guitare ne va pas plaire aux plus brutes d'entre nous. Mais avouons que le voyage est ici bien plus grand et bien plus varié que tout ce que le groupe a pu nous offrir auparavant. L'auditeur qui est prêt à se laisser aller va découvrir une autre facette de Behemoth, une nouvelle voix de Nergual quand il s'essaie au chant clair sur « Sabbath Mater », à l'évolution progressive de l'émotion dégagée par « Havohej Pantocrator ». Notons aussi que des chemins plus rassurant comme « Angelvs XIII » sont également de la partie pour rassurer le fan plus obtus.

Au final, cet album s'apprivoise moins vite que The Satanist, il se découvre pas à pas, couche après couche. Nous découvrons de bons solos, des ambiances malsaines mais également nostalgiques, des breaks, des contre-temps, des variations bien plus prononcées que sur le bloc de béton qu'était l'album précédent. Pour notre part, c'est là aussi que se situe la réussite du groupe. Pas de resucée, pas de copier-coller mais bien un nouvel élan qui voit le groupe se projeter vers l'avenir et un nouveau cycle qui va encore une fois faire grandir son public qui sera nous le pensons, encore plus nombreux. Oui, Behemoth est Mainstream à l'heure actuelle, et alors ? Peu importe les considérations tant que le groupe reste honnête envers lui même et ne se moque pas de l'auditeur. Cet album est la preuve qu'il y a toujours moyen de faire mieux même quand on pense ne pas y arriver. Un seul conseil, se le procurer au plus vite !
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