Chroniques

Enigma - Intermission 2
Enora
Journaliste

STRATOVARIUS

«« Enigma – Intermission 2 », à la fois un cadeau pour les fans inconditionnels du groupe et une découverte avec des titres inédits et des versions orchestrales qui méritent qu'on y prête l'oreille avec attention»

16 titres
Metal
Durée: 75 mn
Sortie le 28/09/2018
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Après seize albums et près de trente-cinq ans de carrière, faut-il encore présenter Stratovarius, sans doute les rois du Power Metal finlandais ? Et bien soit, s'il faut vraiment en passer par là, autant vous laissez découvrir « Enigma – Intermission 2 » qui poursuit l'idée ébauchée avec « Intermission », il y a dix-sept ans, et qui reprend ici les morceaux les plus rares des albums « Polaris » (2009), « Elysium » (2011) et « Nemesis » (2013), mais qui propose également trois morceaux inédits et quatre versions orchestrales d'anciennes chansons !

Les claviers de Jens Johansson nous saisissent avec la très épique et mélodique ‘Enigma' qui ouvre cet album, reprenant tous les outils classiques du Power Metal. Stratovarius nous met immédiatement dans les meilleures dispositions possibles avec ce premier titre qui reprend tout ce qu'on connaît et tout ce qu'on aime dans la discographie du groupe finlandais. Après quelques instants de retour aux classiques que sont les albums « Nemesis » et « Elysium », le groupe nous offre un nouveau titre inédit qui prend la forme de ‘Burn Me Down', énergique et plus proche de ce qu'on trouve chez des groupes comme Hammerfall. Rolf Pilve, batteur du groupe, se démarque par sa technique qui lui permet d'enchaîner des passages frénétiques et d'autres qui demandent bien plus de calme, sans jamais voler la vedette aux autres musiciens. Plus l'album avance, plus il faut admettre que Stratovarius a su trouver un bon équilibre entre anciennes chansons, qu'on prend toujours plaisir à redécouvrir, et créations inédites, à l'image de l'excellente ‘Oblivion', dévoilée au début du mois d'août et où l'association de violons et de guitares fait merveille.

En ce qui concerne les anciens morceaux que le groupe nous offre, on trouve tout d'abord ‘Hunter', agressive et sombre avec des guitares rugissantes en contraste avec la voix lumineuse de Timo Kotipelto qu'on ne présente plus et qui n'a rien perdu de son timbre si aisément reconnaissable. Malheureusement, on finit presque par perdre le groupe dans une surenchère d'effets dramatiques qui étouffent l'esprit du morceau. Toujours de « Nemesis », on poursuit avec l'ouverture très classique et qui est maintenant dans toutes les têtes de ‘Kill It With Fire' dont le mixage fait clairement ressortir la voix du frontman par-dessus une ligne de guitare dans les graves ; suivie de l'atmosphère presque spatiale de ‘Fire Born'. Les fans connaissent déjà sans doute ‘Hallowed' qui figurait déjà comme chanson bonus du treizième album du groupe, « Elysium », et qui apporte ici délicatesse et technicité avec un mixage très soigné de la basse qui joue le rôle de pilier pour les guitares. Puis ‘Last Shore', dans un esprit pirate où la rythmique dansante et chaloupée évoque sans peine les flots et les années d'errance, prend le relais. N'oublions pas que les musiciens de Stratovarius sont des conteurs et qu'ils nous entraînent dans toutes leurs aventures !

Tout comme ‘Kill It With Fire', c'est la première fois que les fans européens de Stratovarius peuvent profiter de l'explosive et très mélodique ‘Giants' (puisque la chanson figurait uniquement sur l'édition japonaise d'« Eternal » sorti en 2015), mais aussi de ‘Castaway' (chanson bonus sur l'édition japonaise d'« Elysium ») et son introduction au clavecin, majestueuse et débordante de passion. Avant de passer aux versions orchestrales de quatre chansons légendaires de sa discographie, Stratovarius nous offre un moment de grâce avec la divine et douce ‘Old Man And The Sea' qu'on ne se lassera jamais d'écouter et de réécouter tant sa simplicité est touchante. Et on reste sur « Nemesis » puisque c'est d'abord ‘Fantasy', et plus tard ‘Unbreakable' mais avec peut être un peu moins de succès, qui bénéficie d'un nouvel enregistrement en version orchestrale, et le résultat est plutôt probant. « Eternal » n'a pas beaucoup été mis en avant ici, ce qu'on peut comprendre puisqu'il ne date que de 2015, mais Stratovarius a malgré tout tenu à réenregistrer ‘Shine In The Dark' ; mais c'est bien avec ‘Winter Skies' de « Polaris », dont le groupe a également repris ‘Second Sight', que s'achève « Enigma – Intermission 2 » dans un flot d'émotions renforcées par la présence de l'orchestre.

« Enigma – Intermission 2 » est un cadeau inespéré pour les fans inconditionnels du groupe qui y retrouveront des chansons dont les Japonais ont trop souvent été les seuls à profiter grâce à des éditions spéciales, mais cette sortie ne se limite pas à ça puisque les trois titres inédits et les réenregistrements de ‘Fantasy', ‘Shine In The Dark', ‘Unbreakable' et ‘Winter Skies' en version orchestrale apportent réellement un bonus et méritent qu'on y prête l'oreille avec attention !