AmeriKKKant
Anibal BERITH
Journaliste

MINISTRY

«Un album riche et varié au mix parfait offrant une densité musicale intéressante et attisant la curiosité. Pas facile d'accès, laissez vous surprendre par sa fraicheur!»

9 titres
New Wave (early), Industrial/Electronic (mid), Industrial Rock/Metal (later)
Durée: 48 mn
Sortie le 09/03/2018
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''From Beer to Eternity'' devait marquer la fin du groupe qui a inventé Metal Indus, Ministry. Son charismatique leader Alejandro Ramírez Casas plus connu sous le pseudo Al Jourgensen ne voyait comment Ministry pouvait survivre après la mort de son meilleur ami et guitariste Mike Scaccia en 2012. D'ailleur ce treizième album marquait en quelques sorte un hommage postume à ce dernier, une façon de le faire revivre le temps d'un album avec des chansons composées ensemble.
Selon l'adage, ''ne jamais dire jamais'', Al revient sur cette décision en avril 2016 au cours d'un interview accordé à Loudwire et annonce qu'un quatorzième album studio est en préparation.

C' est en février 2017 que Ministry entre en studio pour l'enregistrement de ''AmeriKKKant'' et c'est en septembre que nous apprenons que l'album sera distribué via Nuclear Blast, nouveau label du groupe américain. On saura également que quelques guests ont participé à l'élaboration de cet opus comme Burton C. Belle de Fear Factory, Arabian Prince, DJ Swamp et Lord of the Cello fondateur du groupe de hip hop californien N.W.A. et que Ministry dévoila le titre ''Antifa'' au cours du Blackest of the Black Fest à Silverado en Californie.

Affichant une statue de la liberté se masquant le visage comme consternée et dépitée de ce qu'elle voit aux Etats-Unis, sur fond de guerre et de chaos rappelant le tristement célèbre 11 septembre 2001, AmeriKKKant distille toute la rage que porte le leader du groupe contre son pays.

Réparti en 9 titres sur près de 50 minutes, la galette débute par la longue intro de près de 4 minutes ''I Know Words'' reprenant un discours de Donald Trump dont le texte a été samplé version hip hop pour en faire le thème musical de fond de ''Twilight Zone'', le second titre dont l'enchainement sans transition donne la sensation de ne faire qu'un titre avec le précédent.
Dès ce titre, nous entrons dans le vif du sujet avec une musique brut, très électro et indus; le rendu musical est dense, il y a beaucoup d'instruments, un texte scndé de façon répétitive accompagné avec parcimonie par un harmonica rappelant le far west et l'origine des Etats-Unis.

On sent déjà la critique acerbe du frontman dans sa musique par son côté lancinant et sa sonorité agressive associant hip-hop, électro et metal (''Victims Of A Clown''). Le mix ne donne aucun répit et les 9 titres se suivent sans pause comme si l'album se déversait sur une seule piste, une seule piste très variée comme par exemple l'interlude ''TV5/4Chan'' qui sur fond de zapping télévisuel passant de scènes meurtrières à CNN déboule sur le très hardcore ''We're Tired of It'' aux riffs thrash et côté indus exacerbé. Court et dévastateur, il offre une alternative à l'ambiance de cet album et rappelle l'époque de ''Psalm 69'' et annonce le plus new wave ''Wargasm''.

C'est seulement à ce moment que nous découvrons la première chanson de l'album dévoilée en festival (voir intro de la chronique) ''Antifa'' clairement indus et dynamique avec son tempo linéaire, presque binaire et son atmosphère répétitive tout en restant rock.

Utilisant quelques phrase de discours de Trump, on les retrouve sur ''Game Over'' qui présente une musique plus sombre aux longues parties instrumentales sur un tempo lourd pour finir en cauchemar (''nightmare'', ''nightmare'', ''nightmare'',.........,''nightmare'', ''game over'') et découlant tout naturellement sur le peu réjouissant titre éponyme qui semble enfoncer le clou sur le côté ténébreux des Etats-Unis....''AmeriKKKa''.

Un quatorzième album plein d'énergie et de critiques acerbes de la première puissance mondiale. Al Jourgensen semble avoir retrouvé l'inspiration malgré une carrière en dents de scie et la perte d'êtres chers. ''AmeriKKKant''est un album riche et varié au mix parfait offrant une densité musicale intéressante et attisant la curiosité. L'album n'est pas facile d'accès et nécessite plusieurs écoutes pour en apprécier toute sa couleur. Bien que tirant sur l'électro et le hip-hop, il trouve complètement sa place dans le Metal par son côté indus. exacerbé.

Anibal Berith

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New Wave (early), Industrial/Electronic (mid), Industrial Rock/Metal (later)