PRIMITIVE MAN
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Sludge/Doom Metal, Noise

Caustic
Anibal BERITH
Journaliste

PRIMITIVE MAN

« Douze titres qui remuent les tripes et dont le ressenti laisse des traces sur son auditeur qui ne peut en sortir indemne. 77 minutes d'écoute dérangeante et un côté intrigant qui pousse à en reprendre une couche.»

12 titres
Sludge/Doom Metal, Noise
Durée: 77 mn
Sortie le 06/10/2017
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Formé en 2012 par le frontman (Ethan Lee McCarthy - Guitare / Chant) accompagné de Ben Kennedy (Batterie) et Jonathan Campos (Basse), le trio de Doom/Sludge n'a pas trainé en dévoilant l'année d'après un premier album intitulé ''Scorn''. N'ayant pas totalement convaincu la scène experte du domaine tout en étant appréciable à écouter par les novices du genre, Primitive Man revient quatre ans plus tard avec un nouveau matériel bien plus abouti, ''Caustic'', distribué par Relapse Records.

Il faut dire qu'il y a eu du changement avec un nouveau batteur (Joe alias JDL) et un label de renom qui a poussé les américains, originaires de Denver, à produire un album plus dense, plus long (77 minutes et 12 titres), plus varié tout en restant très noir et malsain.

En effet, dès les premiers riffs de 'My Will', on sent que ce n'est pas de la musique d'enfants de choeur! C'est lourd, gras , ça dégouline à chaque toucher de cordes pour rapidement délivrer un univers malsain et glauque. Certains passages sont tellement sombres et pesants que l'on est à la limite du Funeral Doom Metal. C'est le chant si caractéristique du leader qui créer l'atmosphère Sludge/Doom par des vocalises stridentes, hurlées à la limite des cris d'un être torturé. A cela, s'ajoute des blasts assénées lourdement par un tempo très lent que chaque coup de baguette donne la sensation d'un coup de massue portée avec lourdeur sur notre tête.

L'ambiance est ainsi posée et ne va pas dévier d'un iota; l'univers du trio est clairement ténébreux et malsain voire dégueulasse. Cependant ça ne manquera pas de variétés par les intégrations instrumentales que le groupe propose tout au long de la galette avec, pour étayer cette remarque, les trois interludes que sont 'Caustic' 'Ash' et 'The Weight' offrant de bonnes transitions entre les morceaux entre lesquels ils sont positionnés.

Le titre éponyme sous ses allures de Drone Metal permet de couper entre le terrifiant 'Victim' sous ses faux airs dynamiques (intro) et le bien gras et dégoulinant ''Commerce'' qui, sur plus de 12 minutes, enterre l'auditeur de plus en plus profondément en étant seulement au tiers du disque. L'inquiétant et disloqué 'Ash' annonce le dévastateur 'Sterility' qui, tout en respectant l'atmosphère de Primitive Man, offre une composition plus dense et complexe en étant paradoxalement plus dynamique. Enfin 'The Weight' où un mélange de gémissements orgasmiques, de fouilli strident et d'hurlements, semble couper avec les titres précédents pour annoncer une fin d'album plus mystique par des passages moins palpables sur le ténébreux ''Disfigured'' qui naturellement découle vers le douloureux ''Inevitable'' annonciateur du néant fort bien imaginé et retranscrit par l'inquiétant ''Absolutes''.

Une galette bien plus aboutie pour les américains Primitive Man qui, par ce second album, s'affirment dans cet univers musical Sludge/Doom sombre et malsain. Douze titres qui remuent les tripes et dont le ressenti laisse des traces sur son auditeur qui ne peut en sortir indemne. L'ambiance dégoulinante et inquiétante qui s'en dégage fait qu'il faut s'accrocher pour tenir les 77 minutes et le côté intrigant des compositions poussent à reconduire l'écoute.

Anibal Berith