Rotting Christ - Tournée Inquisition - Toulouse
Anibal BERITH
Journaliste

«Les grecs au sommet de leur art, quel show!»

Créé 04/11/2016
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Nous avançons dans la soirée avec déjà deux belles prestations tout aussi passionnantes que différentes avec les suisses Schammasch et les brésiliens Mystifier que nous attendons avec impatience les grecs Rotting Christ.

On ne présente plus le groupe tellement son black metal obscure et malsain a fait la célébrité du quartet dans le milieu et que le dernier album « Rituals » paru en février dernier était attendu comme le Messie.

Le public s'est densifié dans le pit encore bien chaud de la prestation des brésiliens et bon nombre de personne sont venus voir les grecs plus que le groupe américano-colombien Inquisition en tête d'affiche ce soir.

Rapide changement de déco sur la scène et mis en place des petits back drop derrière guitariste bassiste, le principal étant déjà en place depuis le début de la soirée.

C'est (une fois n'est pas coutume) sous la lumière que débarque le combo grec, le charismatique Sakis Tolis en avant et accompagné des musculeux Van Ace à la basse et Georges Emmanuel à la guitare tous deux arrivés en 2014. C'est le frère de Sakis, Themis qui reste en charge des blasts du combo.

Quelle ovation lorsque Sakis salue le public et que ses musiciens en font autant tachant de maintenir l'euphorie déjà présente et dont ils n'auront aucun mal en débutant le set avec le cover de Diamanda Galàs ‘Orders From The Dead' issu de l'album « Aealo » paru en 2010.

Une bonne entrée en matière pour un set d'une heure sur lequel le quartet grec va passer en revue sept des douze albums de sa discographie avec une large plage donnée à « Κατά τον δαίμονα εαυτού » et bien sûr l'album du moment « Rituals » dès le second titre inspiré ce soir avec ‘Ze Nigmar'.

On ressent profondément l'univers du dernier album du combo avec ses plans musicaux puissants et sombres accentués par le chant incantatoire du frontman. On se sent vite envoûté par l'ambiance presque fédératrice de cette messe noire à la limite du sacrifice et d'autant plus, deux titres plus loin lorsque Sakis seul exposé sous la lumière, le reste des musiciens dans l'ombre, entonne le guerrier « Apage Satana ».

Ce titre est un bon interlude pour le reste du concert où les athéniens vont passer en revue le reste de leur discographie survolant ainsi une carrière de 30 ans avec le très court et efficace ‘The Sign Of Evil Existence' qui aura le mérite de déchainer encore plus le public pogotant plus que de raison. Les artistes en faisant autant sur scène particulièrement Van et Georges headbangant sans cesse, jambes écartées, leurs instruments presque posé sur le sol.

Puis on bascule vers quelque chose de plus sombre avec le malsain ‘The Forest Of N'Gai' pour remettre le feu sur le thrasheux cover de Thou Art Lord ‘Societas Satanas' qui va remettre le pit en transe avant les trois derniers titres de la soirée servant de bis à l'excellent prestation des grecs.

Une setlist magique ayant retourné le Metronum sur près d'une heure avec la bande de Sakis en grande forme sachant passer habilement de l'obscurité à la lumière tant visuellement que musicalement en combinant intelligemment les titres de leur riche discographie et laissant place aux monstres sacrés du Black Metal old school, j'ai nommé Inquisition !

Setlist: Orders from the Dead (Diamanda Galás cover) - Ze Nigmar - Kata ton Demona Eautou - Athanati Este - Elthe Kyrie - Apage Satana - The Sign of Evil Existence - The Forest of N'Gai - Societas Satanas (Thou Art Lord cover) - In Yumen-Xibalba - Grandis Spiritus Diavolos - Non Serviam