Report SCARLET AURA / BEAST IN BLACK / RHAPSODY @ Le Trabendo le 16/03/2018!
Peetoff
Journaliste

«Rhapsody dépasse tout ce qu'on pouvait attendre et propose une performance lumineuse, pleine de vie et musicalement d'une extraordinaire qualité !»

Créé 16/03/2018
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Report : Enora Nattfödd
Photos : Acta Infernalis

Report SCARLET AURA / BEAST IN BLACK / RHAPSODY @ Le Trabendo le 16/03/2018

Le concert de ce soir affiche complet, et comment ne pas s'en douter puisqu'il s'agit de la grande et ultime réunion de Rhapsody sur scène ! Les différents sont mis de côté au profit du plaisir des fans, et beaucoup ont répondu à l'appel du groupe qui s'est entouré de Scarlet Aura et Beast In Black pour cette tournée ! Mais, sans plus attendre, commençons le récit de ce concert au Trabendo.

Je ne peux malheureusement pas dire grand chose sur Scarlet Aura puisqu'à mon arrivée dans la salle, les dernières notes de leur reprise de « Zombie » des Cranberries finissaient de s'éteindre. Organisation professionnelle oblige, je n'arrive qu'à la toute fin de leur set dans une salle déjà bien remplie. La chanteuse annonce alors leur dernière chanson, « Colour Blind », ce qui me permet d'avoir un aperçu de l'énergie et des sourires déployés par le groupe durant sa performance. Une très grande partie du public semble s'amuser, levant le poing et répondant aux injonctions des musiciens qui les invitent à taper des mains en rythme. Si je ne me fie qu'à ces quelques minutes, Scarlet Aura a assuré un bon show qui a mis tout le monde dans l'ambiance pour la tête d'affiche. Le groupe prend le temps de saluer à plusieurs reprises alors que « The Final Countdown » d'Europe résonne en fond.

Setlist de Scarlet Aura :
1- Immortal In Your Eyes
2- The Beast Within Me
3- My Own Nightmare
4- You're Not Alone
5- Zombie (The Cranberries cover)
6- Colour Blind

Après cette (très) courte mise en bouche, Beast In Black, le groupe d'Anton Kabanen, ancien guitariste de Battle Beast monte sur scène ; et autant vous prévenir tout de suite, je ne vais pas être tendre avec le groupe… Dès les premières secondes de la chanson « Beast In Black », on sent que leur chanteur est au bout du bout de ses capacités, et ce n'est pas rassurant pour le set qui ne fait que débuter. Heureusement que les guitaristes sont là pour assurer les choeurs avec une maîtrise qui dépasse le simple accompagnement... Soyons honnêtes, j'ai plus l'impression d'assister à un show en playback avec un chanteur qui se contente de sortir les notes qui ne demandent pas d'énormes efforts que devant un vrai frontman de Power Metal. Quelle déception quand je pense à tout le bien qu'on m'avait dit du groupe ! Les guitaristes, toujours eux, ne se privent pas de sourire au public et de se déplacer sur scène assurant le seul véritable show puisque le chanteur ne cesse de disparaître en coulisses lorsqu'il ne chante pas ou durant les solos, assez techniques et entraînants. Le batteur est également très présent et fait preuve d'une sacré force de frappe sur « Eternal Fire » ! Assez rapidement, j'arrête de compter les fausses notes du chanteur mais, à ma très grande surprise, le public semble transporté. Caché dans son long manteau noir, le frontman s'avance : « Tout d'abord, merci beaucoup à vous d'être venus ! C'est tellement incroyable d'avoir Paris à nos pieds ! Vous êtes prêts pour plus de Heavy Metal ? C'est le moment pour « Blood of a lion ». » Après quelques chansons, il semble enfin échauffé et prêt à faire son travail de chanteur. Il s'adresse à nouveau à la fosse, en français tout d'abord : « Oh mon dieu, vous êtes incroyables ! (Il repasse en anglais) La chanson suivante est sur la trahison et tout ce qui va avec, vous êtes prêts ? (Il parle à nouveau en français) C'est un oui, ou un non ? (La fosse rugit) Vous êtes prêts ? C'est « The Fifth Angel » ! ». J'en reviens toujours à la même chose mais c'est ce qui m'a, malheureusement, le plus marquée durant ce concert : quel est l'intérêt d'être chanteur de Power Metal si vous ne pouvez pas atteindre les notes qu'on vous demande de chanter ? « Born Again » est accueillie par des spotlights roses. Cette power balade qui se veut romantique (et moins technique vocalement) offre l'occasion au chanteur de s'amuser un peu plus avec ses musiciens. Le chanteur est incroyablement plus à l'aise dans les graves, comme en témoigne sa petite démonstration pour inciter le public à chanter des choeurs, et je me demande pourquoi il s'impose cette horreur vocale dans les aigus. Vouloir chanter du Power Metal justifie-t-il d'imposer cette violence à ses cordes vocales ? Il se penche ensuite au dessus du public : « Est-ce que vous êtes prêts à devenir fous ? », ce qui introduit le morceau « Crazy, Mad, Insane ». On passe alors à une sorte de chanson Pop au clavier Indus qui me rappellerait presque Suicide Commando en plus édulcoré. Les guitaristes apparaissent sur scène avec des lunettes sur le nez dont les verres sont un écran ou s'affiche le mot « Insane ». Peu après, « Blind And Frozen » résonne mais le set arrive finalement à sa fin. Pour une ultime fois, le chanteur s'adresse à nous : « Paris, nous n'avons pas de mot pour décrire notre bonheur à être sur scène. C'est la fin alors je vais avoir des mots de remerciement, pour Scarlet Aura d'abord. Et puis un énorme remerciement pour Rhapsody et ils rendent tout meilleur et magique. Quand la tournée sera finie, nous serons tous extrêmement tristes. Mais ça suffit avec les choses romantiques, la fin approche. Vous êtes prêts pour « The End Of The World » ? ». Sur ces mots et ces dernières notes, Beats In Black termine sa performance qui me laissera un souvenir en demi-teinte tant j'ai eu l'impression d'entendre des mélodies de Battle Beast mais avec un chanteur qui n'est pas au niveau.

Setlist de Beast In Black :
1- Beast In Black
2- Eternal Fire
3- Blood of a Lion
4- The Fifth Angel
5- Born Again
6- Crazy, Mad, Insane
7- Blind and Frozen
8- End Of The World

Quelle entrée en scène pour Rhapsody ! Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu une telle ferveur parmi le public qui accueille littéralement le groupe à bras ouverts et chantant absolument toutes les paroles et les choeurs, que ce soit sur « In Tenebris » qui résonne lors de l'arrivée du groupe, ou de « Dawn Of Victory », la première chanson ! Le mixage est plutôt moyen au début avec des guitares peu audibles par rapport à la batterie et la voix mais cela s'améliore au cours du set, rendant davantage justice à la majesté des compositions du groupe qu'on ne présente plus. Musicalement, tout est extrêmement propre et les musiciens sont actifs sur scène. Le chanteur ne tarde pas à échanger avec nous : « Merci Paris ! Alors, ça va ? J'ai besoin de vous pour la prochaine chanson, levez vos mains, Paris ! », et « Wisdom of the Kings » démarre. L'excellente ambiance qui règne dans la fosse ne peut que donner le sourire et communiquer une grande joie et une émotion sincère de voir ce groupe réuni sur scène devant autant de fans. Quelques pogos (assez gentillets) et un slam ne tardent pas à démarrer. Fabio Lione reprend, après la chanson « The Village of Dwarves » : « J'ai juste besoin de quelques secondes pour vous dire quelques mots parce que c'est toujours un plaisir d'être ici, à Paris. Et un grand merci aux deux premiers groupes, je veux parler de Scarlet Aura et de Beast In Black, bien sûr. Et maintenant, revenons à notre album de 2002 avec la chanson « Power of the Dragonflame » ! ». Le morceau est accrocheur et, comme depuis l'arrivée des musiciens sur scène, la foule parisienne leur fait honneur, participant avec force et engagement au morceau que ce soit en chantant ou en sautant en rythme. Sur « Beyond the Gates of Infinity », le chanteur s'amuse avec ses guitaristes, qui font preuve de toute leur virtuosité, imperturbables et impressionnants. Claviers et riffs de guitares effrénés s'élèvent sur « Knightrider of Doom ». Rhapsody est bien décidé à nous proposer de grands titres ce soir, toujours avec une maîtrise incroyable ! Peu de groupes peuvent se vanter d'assurer un show aussi vivant tout en proposant une musique de cette qualité et de cette propreté en live. Leur investissement fait plaisir à voir et communique une belle énergie à la fosse. La ballade « Wings of Destiny » est l'occasion rêvée pour que les musiciens se mettent un peu en retrait, laissant toute la place au charismatique frontman.
Le set du groupe est long mais on ne saurait que trop en profiter, que ce soit musicalement, car leur technicité est merveilleuse, émotionnellement, car ils rayonnent de joie, ou visuellement puisqu'ils ne cessent de bouger et de sauter avec nous, échangeant des sourires ravis avec leurs fans. Un hommage est rendu à Christopher Lee avant « Riding the Winds of Eternity » puisque le chanteur nous explique comment s'est faîte la rencontre avec l'acteur. Ce moment de souvenir et d'émotion permet au groupe de se rapprocher du public pour « Symphony of Enchanted Lands », avec quelques passages vocaux un peu plus graves. J'en profite pour revenir sur ce que je reproche au chanteur de Beast In Black : ne pas avoir une tessiture naturellement aigue n'est pas un problème, même pour chanter du Power Metal, comme le prouve Fabio Leone à la tessiture medium mais qui se permet de pousser quelques belles notes dans les aigus. Plutôt que de se forcer à atteindre des notes qui sonnent mal parce qu'elles sont hors de notre tessiture, pourquoi ne pas approfondir la maîtrise des notes naturellement dans nos capacités et composer autour de ce qu'il est possible de chanter ? Enfin passons, les querelles de vocalistes n'ont pas leur place ici ! D'autant plus que la batterie est mise à l'honneur avec un beau solo auquel répondra la basse après « Land Of Immortals » et « The Wizard's Last Rhymes ». Le bassiste et le batteur ne cessent d'ailleurs de jouer ensemble, se provoquant, se cherchant, pour le plus grand plaisir des fans. Le chanteur est visiblement ravi d'être à Paris puisqu'il cherche en permanence le contact avec ses fans, que ce soit par le regard ou en discutant. Avant la cover de la chanson « Time To Say Goodbye », rassurez-vous, ce n'est pas pour tout de suite, d'Andrea Bocelli, il se permet toute une explication autour d'un jeu de mot entre « Rap-Symphony » et le nom du groupe, Rhapsody. L'enthousiasme de la foule lui plait tellement qu'il nous compare à sa fille, âgée de quatre ans, aux hurlements très aigus qu'il ne se prive pas d'imiter. « Holy Thunderforce » est la dernière chanson avant le rappel. Les fans ont encore de l'énergie à revendre et acclament longuement les musiciens qui finissent par revenir pour « Rain of a Thousand Flames ». Peu après, un petit événement spécial est demandé par un fan. Il explique qu'il a découvert le Metal avec les albums de Rhapsody en 2002 et il invite sa copine avec qui il était il y a 16 ans en mariage. « Lamento Eroico » succède à ce beau moment d'émotions et d'amour. Juste avant « Emerald Sword », Fabio Leone prend le temps de présenter chaque musicien du groupe, chaudement applaudit par la foule.

Setlist de Rhapsody :
1- In Tenebris
2- Dawn of Victory
3- Wisdom of the Kings
4- The Village Of Dwarves
5- Power of the Dragonflame
6- Beyond the Gates of Infinity
7- Knightrider of Doom
8- Wings of Destiny
9- Riding the Winds of Eternity
10- Symphony of Enchanted Lands
Drum Solo
11- Land of Immortals
12- The Wizard's Last Rhymes
Bass Solo
13- Time to Say Goodbye (Con Te Patiro) (Andrea Bocelli cover)
14- Holy Thunderforce
RAPPEL
15- Rain of a Thousand Flames
16- Lamento Eroico
17- Emerald Sword

Pour une soirée Power, nous avons été servis et tout le monde repart en affichant de merveilleux sourires ! Le peu que j'ai vu de Scarlet Aura me semble plutôt sympathique pour un groupe à chanteuse mais Beast In Black, ou plus exactement son chanteur, m'a extrêmement déçue. Rhapsody, en revanche, dépasse tout ce qu'on pouvait attendre et propose une performance lumineuse, pleine de vie et musicalement d'une extraordinaire qualité !