Report CHEMICAL SWEET KID/SUICIDE COMMANDO @ Le Point Ephémère le 06/01/2018!
Peetoff
Journaliste

«Et finalement, en me laissant un peu aller, je crois que je finis par trouver le coeur de ce genre d'événement : une transe. Car le public est avant tout ici pour être rassemblé dans une fosse mouvante et dansante. »

Créé 06/01/2018
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Report : Enora Nattfödd
Photos : Acta Infernalis

Report – CHEMICAL SWEET KID + SUICIDE COMMANDO – Le Point Ephémère – 06/01/2018

Mon premier concert de l'année 2018 est assez prometteur puisque j'ai enfin l'occasion de me rendre à un concert d'Electro/Cyber/Indus Goth (comme ça ne pense ne vexer ni n'oublier personne). Après de multiples changements de programme, nous allons pouvoir profiter d'un show de Suicide Commando, projet solo de Johan Van Roy créé en 1986, et ce sont les Français de Chemical Sweet Kid qui auront le plaisir d'ouvrir pour lui. La météo catastrophique des derniers jours a forcé le tourneur a déplacé le concert du Petit Bain au Point Ephémère et, si je comprends ce choix pour des raisons évidentes de sécurité, je le regrette car le confort n'a rien à voir dans ces deux salles, mais nous verrons cela en temps voulu.

Quelques personnes patientent déjà devant la salle à 18H, et j'apprécie beaucoup de voir des gens de tous les âges et de tous les styles, du Gothic le plus aristocratique au Cyber le plus délirant en passant par les traditionnelles vestes à patch. La soirée promet de se dérouler dans une excellente ambiance car, pour avoir expérimenté plusieurs publics, plus les gens sont mélangés, plus l'atmosphère est bonne. Mais une fois dans la salle, je commence à comprendre que cela n'effacera pas l'inconfort de la salle de concert du Point Ephémère qui, en plus d'être glacée à notre arrivée (et pendant tout le show), le sol est collant et gras et les points un peu surélevés sont rares. Bref, un verre fera probablement passer cette déconvenue, mais quand on voit le goût de ce qui est servi, en précisant que j'ai dû expliquer la composition de ce que je voulais boire à la barmaid qui semblait n'avoir aucune expérience, on ne peut qu'être davantage déçu. Passons. La salle se remplit finalement alors que le premier groupe, Chemical Sweet Kid, monte sur scène et ouvre le show avec « Never Enough ». La formation, composée d'un guitariste, d'une claviériste et d'un chanteur fête ses 10 ans, comme nous l'apprendrons au cours du set. Malgré quelques morceaux à la rythmique entraînante, comme « Fuck The Rest » que je garde particulièrement en mémoire, la magie n'opère pas sur moi, alors que la fosse semble très largement séduite ! Les membres s'investissent sur scène, en particulier le chanteur qui ne cesse de sauter en tous sens et de motiver le public. Malheureusement, mes craintes quant à l'intérêt du live pour des groupes de ce genre se confirment : musicalement, il n'y a rien de plus que sur les CDs. Loin de dénigrer le travail du groupe, les compositions manquent cruellement d'originalité et peinent à se distinguer les unes des autres. Mes critiques ne s'adressent pas spécifiquement à Chemical Sweet Kid qui assure parfaitement dans son rôle de chauffeur de salle mais à cette scène musicale en générale. L'usage des claviers et d'une rythmique retire presque la dimension musicale du projet. J'ai également du mal à considérer leur frontman comme un chanteur puisqu'il ne chante pas vraiment, mais ne scream pas totalement non plus. Avec les effets sur sa voix, je n'arrive même pas à savoir s'il a un minimum de technique vocale, ce qui me pose problème dans la mesure où je viens voir des musiciens. Cependant, si je renonce à cette idée et que je me dis seulement que j'assiste à une performance artistique, je prends davantage de plaisir dans ce concert. Mais pour être totalement honnête, ce que trois personnes font sur scène, un DJ seul pourrait le reproduire, je reste donc finalement assez fermée à tout cela. Cette première partie prend fin avec le bien nommé : « That Smells Like The End ».

Setlist de Chemical Sweet Kid :
1- Never Enough
2- What The Fuck
3- Paint It Black
4- My Apologies
5- Ghost And Shadows
6- Fuck The Rest
7- Tears If Blood
8- That Smells Like The End

Suicide Commando ne tarde pas à prendre la relève. J'en profite pour souligner que Johan Van Roy est resté dans la salle un bon moment avant le début du concert pour discuter avec les fans déjà présents. Cette fois-ci, nous aurons un batteur, un DJ/claviériste et le chanteur. A nouveau, nous profitons de l'engagement scénique du frontman qui ne se laisse pas une seconde de répit (et on ne tarde pas à voir qu'il souffre, peinant à reprendre sa respiration entre les chansons). Musicalement, l'intérêt n'est pas beaucoup plus grand que pour le groupe précédent mais je me laisse un peu plus prendre au côté plus froid et robotique de Suicide Commando alors que l'imagerie et les paroles très « gothiques » de Chemical Sweet Kid m'avaient rebutée. Le fait de reconnaître certains titres que j'écoutais il y a quelques années, comme « God Is In The Rain » ou « Blind Torture Kill » pour ne citer qu'eux, aide sans doute aussi. Et finalement, en me laissant un peu aller, je crois que je finis par trouver le coeur de ce genre d'événement : une transe. Car le public est avant tout ici pour être rassemblé dans une fosse mouvante et dansante. Tous discutent, rient et dansent, unis par leur goût pour cette musique, par leur style souvent atypique, par leurs centres d'intérêts communs de manière plus générale aussi sans doute. Contrairement à beaucoup de concert de Black ou de Death (mais pas tous bien entendu) par exemple, on ressent une vraie communion. Cependant, elle ne se fait pas autour de l'artiste comme le font les fans, elle se nourrit de la force du collectif qui se retrouve pour s'amuser dans un certain entre-soi qui n'existe finalement que lorsqu'il est artificiellement créé dans des contextes comme celui-ci. L'artiste communique assez peu mais n'hésite pas à sourire à son public, et on le comprend. Comment ne pas ressentir de joie en voyant tous ces gens danser ensemble sur « Die Motherfucker Die » ? Ainsi, ma position précédemment exprimée ne change pas : le concert de Cyber/Indus Goth n'a pas d'intérêt dans le sens de performance scénique et musicale que l'on attend habituellement d'un live, il repose en fait sur la cohésion et l'amusement des personnes présentes car elles se sentent liées et libres, partageant leur danse à l'image de leur passion. Je pense donc que je continuerais à écouter cette musique sur album mais que je ne viendrais plus à ce genre de soirée, n'y trouvant pas ce que j'attends avant tout d'un concert. Le chanteur nous présente les membres de son trio puis ils quittent la scène avant de revenir bien vite sous les acclamations du public, conquis et avide d'en entendre davantage. Tout au long du concert, l'écran qui occupe le fond de la scène projette les images des clips du groupe, ainsi que les paroles dans certains cas. Bien que la salle ne soit pas agréable, il n'y a rien à redire à la qualité sonore. L'éclairage en revanche rend la tâche très difficile pour les photographes. Finalement, après un ultime salut sur la célèbre « See You In Hell », Suicide Commando disparaît en coulisses.

Setlist de Suicide Commando :
1- The Gates Of Oblivion
2- My New Christ
3- Too Far Gone
4- The Pain That You Like
5- Schizotopia
6- Gods Is In The Rain
7- Cause Of Death: Suicide
8- The Devil
9- Unterwelt
10- Blind Torture Kill
11- Love Breeds Suicide
12- We Are Transitory
13- Die Motherfucker Die
RAPPEL
14- Dein Herz Meine Gier
15- See You In Hell

Ma conclusion sera courte car tout a déjà été dit. Je suis contente d'avoir expérimenté ce genre de concert et d'être allée à la rencontre de ce public extrêmement sympathique. Néanmoins, je ne renouvellerais pas l'expérience par pur goût personnel. Au-delà de l'aspect musical, les deux groupes ont parfaitement assuré le show en se donnant autant que possible dans leur jeu scénique, sans toutefois égaler l'énergie déployée par les fans en fosse !