2ème journée @ Alcatraz Festival
Neyelia
Journaliste

«2ème journée @ Alcatraz Festival»

Créé 12/08/2017
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Après avoir passé une nuit de liberté en dehors des murs de notre prison préférée nous voilà revenus dans notre prison (a)dorée de l'Alcatraz Festival. Petit checkpoint avec nos geôliers pour la palpation de sécurité, eh oui, le régime de la semi-liberté est ainsi fait, et hop nous remettons les pieds avec plaisir dans l'enfer carcéral. Le temps hésite entre éclaircies bien prononcées et pluie fine mais bon ce n'est pas ce qui va arrêter des taulards de notre envergure.

On n'est pas là pour enfiler des perles alors direction la « Prison Stage » pour accueillir comme il se doit Rage groupe de Heavy Speed allemand. Avec plus de trente années d'existence l'ouverture sous la pluie fine de cette seconde journée de l'Alcatraz Festival est un jeu d'enfant pour ce groupe qui nous jouera des titres retraçant la longue carrière du groupe. La puissance et l'énergie envoyées par Rage vont tout de suite nous remettre les idées en place et nous préparer pour cette journée de forçat…

RAGE

A peine remis des assauts de Rage que l'on se dirige, la boue titillant doucement nos semelles (encore merci pour les dalles en plastique qui évitent d'en avoir jusqu'aux chevilles) vers la « Swamp » pour prendre une bonne dose de King Hiss dans les dents. King Hiss groupe du cru, classé Rock, dans les faits plus proche d'un Alter Bridge que d'un Kyo, si vous me suivez.. et qui va donc ouvrir cette scène en ce samedi métallique. En fait il est inexact de limiter King Hiss à des riffs lourds et crades à souhait qui vous chatouillent le haut de la colonne vertébrale, il serait plus malin de le cataloguer dans les rubriques Hard Rock ou Stoner que Rock. S'il restait des festivaliers mal réveillés King Hiss se sera chargé de leur botter le cul.

KING HISS

Demi-tour gauche pour retourner à la mainstage voir ce que Sweet Savage a à raconter. C'est un groupe nord irlandais de Hard Rock issu de la scène NWOBHM. Arrivant sous les éclaircies et accueillis sous les applaudissements du public Sweet Savage va exécuter une très belle prestation bourrée d'énergie et donnant envie de sautiller dans la boue en poussant notre voisin (et si il tombe c'est encore plus sympa…) Le heavy de Sweet Savage est carré, efficace et entrainant.

SWEET SAVAGE

C'est parti pour Monkey3 sur la Swamp ! Le groupe de Stoner Suisse va littéralement nous faire entrer dans son univers aussi bien avec le choix d'une scène épurée mais travaillée en termes de déco qu'avec leur son. Nous avons affaire à de très bons techniciens qui vont effectuer une prestation au millimètre. Pour ceux qui aiment entendre une voix survoler les riffs et accords vous pouvez passer votre chemin car avec Monkey3 pas de chant. Le public, à n'en pas douter, a dû être transporté par les mélodies Monkey3.

MONKEY3

C'est reparti dans l'autre sens pour la « Prison stage » où c'est un tout autre univers musical qui nous attend avec Death Angel groupe de Thrash Metal américain. On ne change pas une équipe qui gagne, ni une méthode efficace, donc dès l'entrée sur scène des ricains, ça va aller à fond à fond à fond. Les gars sont remontés à bloc malgré une tournée qui est loin d'être à ses débuts. Le public est venu voir Death Angel pour en prendre plein la trogne, Death Angel va donc se faire un plaisir d'exaucer ce voeu. Le son est nickel, bien lourd, le thrash de Death Angel est juste un délice. Ils ne vont pas lever le pied de tout le set, et quitter la scène avec clairement l'envie d' en remettre une petite couche mais bon le timing est serré et c'est hélas impossible.

DEATH ANGEL

Après avoir perdu de la mobilité au niveau du cou les prisonniers du Metal se rendent en masse dans la Swamp pour accueillir High On Fire. High On Fire est un groupe de metal qui nous vient tout droit du pays aux 51 étoiles. Tout bon groupe de Metal qu'il est, High On Fire n'est pas venu pour faire semblant et pour faire des fioritures. Tout dans la sobriété, pas trop de lights (bon courage, mais photographes !) et un gros coup de poing dans notre petit groin de festivalier dès les premiers accords. Une performance très efficace de High On Fire qui verra des pogos et autre danses folkloriques locales surgir ça et là dans la fosse.

HIGH ON FIRE

Pas le temps de se remettre de ses émotions qu'il faut filer à la Prison. On en profite pour se charger de spécialités du coin, frites-mayo et bière, avant d'accueillir Last In Line groupe également américain de rock. Le groupe est composé de membres ayant tous croisé un jour ou l'autre la route de la légende Ronnie James DIO. Last In Line ne jouera que des classiques afin de rendre hommage à ladite légende. Simple, efficace, des morceaux déjà rodés remis au gout du jour, une équation qui fonctionne bien.

LAST IN LINE

Un coup d'un côté, un coup de l'autre, on retourne sous la tente de la Swamp stage, car il est l'heure d'accueillir Brant Bjork groupe américain de Rock plutôt vintage. Nous faisons alors un bon dans le passé avec un retour aux années 60-70 (et sans machine sophistiquée). Nous voici d'un seul coup bercé par du bon rock « à l'ancienne », ces amplis à lampes et son ambiance chaleureuse à souhait. Tout y est, la voix, les accords, le look… Cela servira probablement de petite pause physique mais ça fait du bien, ça repose le corps, et ça réchauffe le coeur.

Revitalisé par ce retour en arrière, on ressort presque frais en direction de la scène principale. C'est au tour de Iced Earth groupe de Heavy Metal américain de faire sa démonstration de maîtrise. Encore une valeur sûre qui cumule pas moins de 35 ans d'expérience depuis sa création. L'expérience, qui s'exprime par un set de toute qualité qui retracera une très grande partie des meilleurs albums du groupe et où nous verrons Stu occuper la scène dans ses moindres recoins. Du Heavy Metal de qualité, voilà qui ravit la foule agglutinée derrière les barrières.

ICED EARTH

Assez rigolé, passons aux choses sérieuses ! Obituary débarque, et compte bien nous en foutre littéralement plein la gueule. Pas de surprise lorsque nous arrivons sous la tente, il fait sombre et il y a vraiment beaucoup de fumée. Obituary monte sur scène et le rouleau compresseur américain met la première pour nous écraser de tout son poids à coups de riffs sous-accordés et ultras lourds. L'ambiance est devenue d'un seul coup très pesante comme on l'aime quand on écoute Obituary, et notre tête se balance toute seule.

OBITUARY

Pas de temps à perdre, retournons au grand air profiter d'une bonne dose de Testament. Encore un groupe trentenaire à qui on ne la fait plus ! Pour ne pas changer des bonnes habitudes, Testament arrive avec une pêche de folie qui va de suite se transmettre au public qui, soyons clair, attend les américains de pied ferme. Une fois de plus, ça devient une habitude à l'Alcatraz Festival, nous ne serons pas déçus par la prestation de Testament qui viendra tel un serpent venimeux léchouiller nos oreilles délicates de son Thrash Metal de grande qualité.

TESTAMENT


On reprend la transhumance du metalleux en direct de la Swamp. Une fois sur place nous voyons monter sur scène Sleep. L'enchaînement entre Obituary et Testament et ce groupe de stoner aux tendances doom ressemble à une erreur de casting, et pourtant… les lumières ne sont toujours pas au rendez-vous, mais le talent est bien là, le groupe est captivant, presque hypnotisant, et l'on oublierait presque au bout de quelques titres qu'il va bientôt être l'heure de changer de prairie.

Retour dans nos alpages pour Venom. Les légendes du Heavy sont de retour, et bien décidées à montrer qu'ils sont les patrons. Les lumières sont elles aussi de retour, et comment ! Cette fois, c'est saturé de rose et de rouge, et les gerbes de feu n'arragent rien (décidément, jamais contents ces photographes !) Bien que n'en étant pas à leur première tournée, les anglais ont toujours la pêche, ils arpentent la scène en sautillant comme de jeunes gazelles, et le public se retrouve vite contaminé par cette allégresse.

VENOM

On a un peu mal aux yeux après cette bouffée de rose saturé, et bien qu'à cela ne tienne, on va vite reposer nos yeux sous la Swamp stage devant Abbath. L'ex-leader d'Immortal est de retour sous son nom propre, et va tout enflammer (pas seulement en crachant le feu). Le son est toujours aussi efficace, on se laisse porter et notre tête fait bien plus d'un tour à la minute ! On aura plus d'une heure pour profiter de la compagnie de ce drôle de panda, avant de retourner en plein air profiter de la tête d'affiche du jour.

ABBATH

Clou du spectacle, Saxon. Les britanniques ne sont plus à présenter, pionniers, légendes, bref, on les attend de pied ferme, et ils sont en forme ! Venus avec leurs propres éclairages en soutien de ceux du festival, qui fournit aussi la pyrotechnie, autant vous dire que la scène a de la gueule ! Le son aussi, pour être honnête, et la maestria est telle que même les membres de l'audience un peu plus réticents au style se laisseront convaincre au bout de quelques morceaux. Le public, bien qu'épuisé de cette journée marathon semble revitalisé par la force et l'énergie transmise par le groupe. On a l'impression que le temps n'a pas de prise sur Saxon et qu'ils jouent avec la fougue et l'envie de leur premier concert. Juste sublime.

Pour mettre un point final à ce samedi riche en émotion nous aurons le droit à un bébé feu d'artifice qui donnera le signal du top départ aux prisonniers pour s'évader le temps d'une nuit…


SAXON