Mike Shinoda, l'interview pour tout savoir sur ''Post Traumatic
United Rock Nations

16/07/2018
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Nous avons rencontré Mike Shinoda qui nous parle son nouvel album solo "Post Traumatic" paru le 15 juin dernier via Warner. Retrouvez l'intégralité de notre interview ci-dessous ainsi que l'enregistrement audio de celle-ci.

Nous sommes ici, car 13 ans après "The Rising Tied" vous sortez un nouvel album solo "Post"Traumatic". Ce nouvel album nous paraît plus personnel que le précédent. Qu'en pensez-vous ?


Bien sûr. Je vois cet album plus comme un journal intime. La dernière année a vraiment été insensée, et quand j'ai commencé à enregistrer de la musique, j'ai essayé de garder en tête qu'au début j'avais peur d'entrer dans le studio. Je ne savais pas quoi faire du tout. Au bout d'un moment, je me posais au piano ou à la guitare, ou autre chose. C'était une sorte de méditation, de relaxation. C'est à ce moment-là que les chansons me venaient. Je me suis rendu compte assez rapidement que mon état d'esprit d'un jour à l'autre changeait beaucoup. Je pouvais avoir une journée horrible et j'avais le sentiment que je devais tout arrêter, arrêter de faire de la musique, que je n'avais plus besoin d'en faire dorénavant. Le jour suivant je pouvais me sentir juste bien, le jour d'après je pouvais avoir d'autres pensées…

J'ai réalisé que j'avais la possibilité de capturer ces moments dans des chansons. J'ai alors essayé tous les jours de m'assoir pour écrire. J'essayais de capturer les idées jusqu'à ce qu'elles soient complètes. Particulièrement pour les paroles. C'est un journal dans ce sens-là. Chaque chanson est une photo d'un moment. J'ai fini il y a environ trois mois. Je crois que musicalement cette fois-ci mon approche était amusante et en même temps plus intuitive. Je n'avais pas d'idée précise de ce que ça devait être, la musique devait seulement soutenir les paroles.

Est-ce que vous considérez que "Post Traumatic" est en quelque sorte une thérapie pour arriver à faire ressortir vos émotions ?


Oui, certainement une thérapie, et je pense que c'est précisément à propos du moment où j'enregistrais les paroles, si quelque chose que j'avais écrit ne sonnait pas comme il faut. Je regardais les paroles et je me disais que c'était n'importe quoi, que ça ne devait pas être les vraies paroles de la chanson. Je me moquais de moi-même parce que je n'avais pas été assez clair ou que je n'avais pas assez réfléchi sur des choses qui se passent dans la vie. De ce point de vue, l'album a été beaucoup réfléchi. C'était comme se regarder dans la glace.

Avez-vous écrit toutes les paroles récemment ? Ou des paroles que vous aviez déjà écrites depuis longtemps ?


Je dirais que 95 % des paroles sont nouvelles. Elles ont été écrites dans l'année. Il y a quelques trucs qui ont été faits dans des sessions et des démos précédentes, au cours de l'écriture de "One More Light". Par exemple dans "Make it up as I Go" le refrain a été écrit avec K Flay et Brad à la toute fin de "One More Light" au cours des sessions d'enregistrement, mais il n'était pas terminé. Le refrain, les cordes et la mélodie étaient beaux, mais le reste de la chanson n'était pas satisfaisant du tout. Nous l'avons tout simplement mise de côté en nous disant que nous y reviendrons plus tard. Pendant que je faisais cet album, je me suis rendu compte que cette chanson parlait de la manière dont je me sentais et ce que je ressentais aujourd'hui. J'ai réécrit tous les couplets, une bonne partie de la musique. Nous avons réécrit une bonne partie de la chanson.

Avant que vous entamiez le processus d'écriture, aviez-vous des doutes, dans le sens où vous révélez plus de choses personnelles à vos fans ?


En effet, à certains moments, j'ai pensé que j'en révélais peut-être un peu trop. Je me suis alors rappelé que si j'enregistrais ou écrivais quelque chose qui est trop personnel et qu'en l'écoutant plus tard je pourrais toujours le retirer ou le modifier après. J'ai donc continué à écrire en incorporant ces éléments personnels et au final j'ai tout conservé.

Nous avons l'impression quand nous écoutons l'album qu'il y a en quelque sorte deux parties. Les premières chansons sont plus intimes, alors quand dans la seconde partie est plus ouverte, plus musicale avec des invités aussi. Seriez-vous d'accord avec cette vision des choses, qu'il y a deux styles de musiques sur cet album ?


Oui, je crois qu'il y a eu comme, comment vous expliquer… Pendant que je traversais des épreuves au cours de la dernière année, il y a eu un moment où je me suis mis à regarder vers l'avenir et je me suis mis à voir les choses différemment. Beaucoup de tout cela est dans la chanson "Crossing A Line" qui est au milieu de l'album. On peut voir qu'à ce moment j'ai commencé à regarder vers l'avenir et non plus vers le passé. Les chansons qui viennent ensuite sont certainement plus enjouées et je prends un peu plus de plaisir à les composer.



C'est ce que j'ai ressenti aussi en écoutant votre album. Parlez-moi des gens avec qui vous collaborez, de vos invités, K. Flay, Chino Moreno, Machine Gun Kelly,… Parlez-moi de la manière dont ils ont été inclus sur ce nouvel album.


Ils ont tous été impliqués de différentes manières. Je voulais inclure des personnes qui avaient un lien avec moi ou à ce qui m'arrivait ou des personnes en qui je pouvais avoir confiance pour les sujets les plus personnels. Chino est un exemple qui coule vraiment de source. Nous faisons des tournées avec eux depuis presque toujours quand leur bassiste et ami Chi est décédé, je suis monté sur scène avec eux pour concert en son hommage, et je suis allé voir Chino pour lui parler des choses qu'il a traversées et que je traversais. C'était donc tout naturel que nous nous retrouvions pour faire de la musique.

Tous les autres artistes que j'ai choisis pour venir sur cet album et qui ont accepté de le faire, j'admire ce qu'ils font et je crois qu'ils ont apporté différentes saveurs. Blackbear par exemple, K. Flay, Machine Gun Kelly, il y a des similitudes dans ce que nous faisons et des différences et j'aime la combinaison de ces éléments.

Pensez-vous que ce nouvel album est le début d'une nouvelle carrière ? Le précédent album a été enregistré 13 ans auparavant, prévoyez-vous de continuer à faire de la musique sous votre nom seulement, Mike Shinoda ?


Je ne sais pas. J'essaie de faire les choses un pas à la fois et de garder l'esprit ouvert aux différentes possibilités qui s'offrent à moi. De continuer de faire les choses sous mon propre nom ou de travailler avec d'autres artistes ou de travailler pour quelqu'un d'autre… Si les gars veulent refaire des spectacles en tant que Linkin Park… Ce sont les possibilités qui s'offrent à moi. Je garde l'esprit ouvert pour accueillir ce qui viendra.

Pour le moment ce qui m'enthousiasme le plus et sur lequel je me concentre c'est de faire le concert tous ensemble et de le faire le mieux possible. Nous avons un bon emplacement et j'ai fait des spectacles tout seul, mais je crois que nous avons beaucoup de place pour le faire grandir et le développer. Je suis super content de continuer de faire cela.

Par exemple, nous expérimentons de faire des spectacles en journée et le soir, à l'intérieur et en extérieur, des petits et des grands. Nous avons beaucoup de variété. Au fur et à mesure que nous avançons, je me fais une idée de la meilleure présentation. C'est génial parce que je n'ai pas joué en concert depuis si longtemps. Je connais beaucoup de choses et j'aime faire des choses sur scène, mais la variété et le type de concert que je prévois de faire me donnent vraiment envie d'y être. En plus, cela fait un moment que je ne suis pas venu jouer en France, je suis content de venir.



Traduction : Catherine Tessier (http://translateng.e-monsite.com/)