Baptistin Pradeau pour le Hell'Oween Festival 2016
Anibal BERITH
Journaliste

09/10/2016
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A l'occasion de la septième édition du Hell'Oween Festival qui se déroulera les 28 et 29 octobre prochains à Saintes, le président de l'association qui gère cet événement, Baptistin Pradeau, s'est confié au micro de United Rock Nations.
Alors pour tout savoir de ce festival qui rencontre un succès grandissant, la rédaction vous propose de lire l'intégralité de cet interview.

Baptistin salut, merci de te prêter au jeu de nos questions pour le festival dont tu es le président et qui aura lieu à Saintes (Charentes-Maritimes) les 28 et 29 octobre prochains.
Le Hell'Oween Festival, l'idée date de 2009 avec une première édition en 2010, comment l'aventure a commencé pour toi ?


L'aventure a commencé encore bien avant. A l'époque, j'étais membre de l'asso "Les Crottes de Chabichou" qui organisait quelques concerts, souvent débilos avec une bonne ambiance. Il y a eu notamment trois éditions du Cassoulet Show, dont la dernière à Poitiers en 2006. Le principe c'était des groupes de grindcore (dont Ultra Vomit qui était à l'époque purement grind !) en première partie de François Corbier, du Club Dorothée. Tu payais ton entrée plus une boite de cassoulet. La moitié des boites étaient ouvertes et consommées le soir même entre les groupes et le public, et l'autre partie allait aux associations caritatives. Un bon exemple à l'époque de la manière de combiner l'utile et l'agréable. Suite à ça, avec les autres fondateurs du festival, Jesus, Sylvio et Romuald, nous avons voulu monter à Saintes un événement qui serait pour les jeunes par les jeunes. L'idée c'est donc d'impliquer les jeunes (lycéens, étudiants, …) dans l'association pour leur permettre de faire venir dans leur ville des groupes. Et 7 ans plus tard, on est toujours là avec une belle affiche !

Ce festival fait de plus en plus parler de lui, comment expliques-tu ce succès grandissant ?


Je pense que tout est une question de respect du public et de qualité. Si tu regardes objectivement ce que l'on propose, on a une affiche éclectique (du black, du heavy, du death, du pagan/folk, …) à un prix abordable. Il y a des groupes anciens, des groupes plus récents, au niveau générationnel, tout le monde peut trouver son compte, autant les hardos quinqua que les hardcore kids. Après, au niveau qualitatif, on propose aussi des bières artisanales locales à un prix abordable. On essaye aussi d'avoir des goodies sympa, comme un bracelet tissu, des verres aux couleurs de l'événement, … C'est un tout donc, si tu respectes ton public, que tu fais des tarifs au plus juste sans prendre les festivaliers pour des vaches à lait comme sur d'autres événements, forcément ça incite à revenir ! D'autre part, le fait qu'il n'y ait que peu d'événements Metal sur Saintes à part le festival, ça motive forcément les fans locaux à venir !

Une telle organisation demande financement, communication et une programmation de plus en plus exigeante ; comment organises-tu tout çà ?


Le festival s'appuie sur une association d'une quinzaine de personnes. Les équipes sont renforcées sur place par une vingtaine de bénévoles qui viennent donner un coup de main. L'essentiel du travail se fait en amont du festival (beaucoup de mails, de coups de fils, de paperasse), et les bénévoles de l'association occupent chacun des postes clés (technique, backline, restauration public, accueil artiste, …). Mon rôle reste surtout celui d'un chef d'orchestre, à veiller à ce que tout le monde fonctionne en harmonie !

L'édition 2015 accueillait déjà de belles têtes d'affiche comme ADX, DEW SCENTED, ANGELUS APATRIDA… as-tu eu le succès attendu ?


Oui, l'année dernière était un excellent millésime. Une belle programmation, le public a répondu présent massivement. On avait aussi deux nouveautés l'an dernier qui, je pense ont jouées un rôle :
- L'inclusion de nourriture vegan en restauration du public
- Une bière brassée spécifiquement pour le Hell'Oween Festival

Cette année, la programmation est exclusivement française avec des groupes plus extrêmes (RLHT, PHAZM, MITHRIDATIC ) et un univers Metal très éclectique (hardcore, death, black, death mélo….), comment se décide la programmation ?


La programmation c'est le périlleux exercice qui consiste à prendre en compte la disponibilité des groupes, la difficile réalité budgétaire, l'actualité des groupes, leur propension à attirer un public ou pas. On adorerait faire des Lamb of God ou des Behemoth, mais encore faut-il que leurs tarifs s'adaptent à notre possibilité financière, et que ces groupes-là soient en tournée dans le coin à cette période. C'est un exercice long et périlleux dans lequel, tu es forcément obligé de faire des compromis. Pour autant, parfois on a des situations marrantes, comme pour In Other Climes. Ce groupe m'a tellement retourné la tête à l'Xtreme Fest cet été que c'est devenu une évidence qu'il fallait les avoir sur notre programmation : en deux échanges de mail, l'affaire était faite !

A quelles évolutions peuvent s'attendre les festivaliers par rapport à l'édition 2015?


Pas de gros changements structurels à venir. On restera globalement sur les mêmes choses que l'an dernier. Les festivaliers seront donc en terrain connu !

Un point sur lequel je veux m'attarder quelques instants ; le festival propose des bières artisanales tout au long du week-end, d'où t'es venue cette idée ?


Rendons à César ce qui est à César. L'idée de proposer de la bière artisanale plutôt que des bières industrielles est une idée de Jesus, le fondateur du festival. C'est un grand amateur de bière et il a initié plusieurs membres de l'association au brassage amateur. Nous sommes donc plusieurs à brasser nos propres bières chez nous et à nous être ouvert au monde incroyablement varié des brasseurs artisanaux. C'est un phénomène qui est général d'ailleurs sur tout l'Hexagone puisque le nombre de brasseries artisanales ne cesse d'augmenter. Financièrement on s'est vite rendu compte que ça ne coûtait pas plus cher de proposer de la bonne bière, produite localement que de la Kro. Incroyable mais vrai ! Du coup, ça s'est imposé comme une évidence, et c'est devenu l'un des piliers du festival. On propose donc cinq bières à la pression : trois de la brasserie Ouroboros (dont une bière brassée spécifiquement pour l'événement) et deux de la brasserie La Chamoise. L'idée étant de proposer un panel large (rousse houblonnée, stout à l'avoine, etc …) qui s'adapte à toutes les sensibilités gustatives.

Je sais que tu es brasseur toi-même à tes heures perdues, qu'est ce qui a motivé chez toi cette casquette supplémentaire ?


Effectivement, je brasse de temps en temps, sans grande prétention encore ! C'est surtout un challenge personnel, pour voir de quoi j'étais capable. Mais s'intéresser à comment est fabriqué le produit permet de l'apprécier encore plus en comprenant l'impact de chaque ingrédient dans le résultat final. C'est comme la cuisine !

Un jingle pour United Rock Nations


Unleash The Pumpkin !

Merci Baptistin d'avoir pris le temps de répondre à mes questions et toute la rédaction de United Rock Nations te souhaite un grand succès pour cette 7ème édition

Interview réalisé le 09/10/2016 par Anibal Berith.