MYLES KENNEDY
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Hard Rock / Metal

Year of the Tiger
Fred H
Journaliste

MYLES KENNEDY

«Sonorités acoustiques empreintes de folk, de blues, parfois country et d'americana pour une ode à la vie»

12 titres
Hard Rock / Metal
Durée: 50'45 mn
Sortie le 09/03/2018
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Myles Kennedy c'est évidement et avant tout le chanteur/guitariste de Alter Bridge. Cinq galettes studio au compteur en quatorze années d'existence. Depuis fin 2009, il collabore aussi avec Slash (que l'on ne présente plus). D'abord, en tant qu'invité sur uniquement deux petites chansons sur l'opus éponyme du six-cordiste au chapeau haut de forme, puis au poste de vocaliste leader pour les tournées et sur l'intégralité des deux derniers disques studios sortis.

Profitant d'une période d'inactivités de ces deux principaux combos, Myles en profite pour accoucher de son premier effort solo, fruit de sept années de travail. Autant de temps pour écrire, changer, recommencer, faire le tri pour finalement proposer douze titres à fleur de peu. Pour cette entreprise très personnelle, il assure compositions, vocaux, grattes (dont une lap-steel), mandoline ou bien encore banjo. Le bassiste Tim Tournier et le batteur Zia Uddin (The Mayfield Four, une des premières formations de MK) complètent le trio.

Year of the Tiger est donc un concept-album revenant sur son enfance à la suite du décès de son père en 1974, l'année du Tigre dans le calendrier chinois. Pendant longtemps, sa famille fut membre de la Science chrétienne. Concrètement, chacun est libre de choisir la méthode de guérison qu'il juge la plus efficace et il n'existe aucune contrainte à ce sujet. Ainsi, quand son dabe est tombé malade celui-ci n'a pas souhaiter consulter de médecin. Le bonhomme est mort d'une... appendicite. Difficile d'imaginer le traumatisme ressentit par un enfant tout juste âgé de quatre ans suite à cette tragique disparition.

La première partie de la galette retrace alors le destin de ces vies brisées (la sienne et celles de ses proches), après cette perte de l'être cher, les conduisant à quitter Boston (Massachusetts) et à migrer à Spokane (Idaho). On parle ici d'un périple de plus de 3 600 bornes afin de changer de vie(s). Ce n'est pas rien… Avec le morceau éponyme ou sur ''Ghost of the Shangri-La'', ses influences musicales transpirent (L'aura d Led Zep' plane avec bienveillance). ''Blind Faith'' ou bien ''Nothing But A Name'' remettent en question la croyance de son daron qui pensait que seule sa foi le sauverait de son mal. Il se dégage comme un sentiment de lettres ouvertes adressées à ce paternel qui s'en est allé si/trop tôt. ''Turning Stones'' et ''Haunted by Design'', quant à elles, sonnent comme une bande son d'un road-trip à travers les longues routes du pays de l'oncle Sam. Et puis, la lumière apparait. ''Mother'' rend un vibrant hommage à cette mère qui l'aura élevé malgré le drame. Le sublime et plein d'amour ''Love Can Only Heal'' (tout est dit), le léger ''Songbird'' et le lumineux ''One Fine Day'' se succèdent ensuite pour un final plein d'espoirs.

Ne cherchez pas les grosses guitares électriques dans tout ça. Non non non. L'ensemble se concentre plus sur des sonorités acoustiques empreintes de folk, de blues, parfois country même et d'americana. La production de l'ami de longue date, Michael ‘Elvis' Baskette, se veut dépouillée pour renforcer un peu plus la sincérité et l'authenticité du propos. A noter, comme une cerise sur ce joli gâteau, il existe une version de l'oeuvre avec inclus les démos acoustiques de trois titres.

Compte tenu de la thématique abordée, on aurait pu s'attendre à du sombre voire du sinistre. Et bien pas du tout. Avec son Year of the Tiger, Myles Kennedy se livre totalement… il y met toutes ses tripes, sa sensibilité, sa pudeur, son coeur et son âme. Une magnifique ode à la vie qui donne le frisson. Merci…