RIVERS OF NIHIL
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Technical Death Metal
Chroniques

Where Owls Know My Name
Anibal BERITH
Journaliste

RIVERS OF NIHIL

«''Where Owls Know My Name'' est un bon album qui montre les nombreuses possibilités musicales du quintet sans pour autant tomber dans la démonstration technique»

10 titres
Technical Death Metal
Durée: 56 mn
Sortie le 16/03/2018
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Près de 10 ans d'activité, le quintet américain nous présente cette année (2018) son troisième album intitulé ''Where Owls Know My Name'' succédant à ''Monarchy'' qui annonçait déjà la tendance de ce nouvel opus.
En effet, les pennsylvaniens ont choisi d'évoluer au fil des albums d'un death engagé vers quelque chose de plus progressif tout en conservant l'essence même du death metal et son côté technique.
''Monarchy'' ouvrait la voie, ''Where Owls Know My Name'' la prend et nous propose un opus de 10 titres sur près d'une heure démontrant toute la capacité du groupe tant technique qu'artistique.

Démarrant par une intro très prog avec ''Cancer / Moonspeak'', le ton de cette nouvelle galette est donné ainsi que le choix artistique des cinq musiciens. C'est avec puissance et finesse que Rivers Of Nihil distille une musique élaborée, teintée de death tech aux riffs complexes et à la rythmique étonnante et ce dès le titre suivant, ''The Silent Life'', qui sera un peu la carte de visite du groupe. Enveloppé par des samples aériens conférant un atmosphère planant, les parties brutales sont entrecoupées de plans jazzy où le saxo est de rigueur tout comme les plans de basse pointus et exacerbés. Le chant puissant et rageur de Jake Dieffenbach assoie l'esprit death du quintet; ainsi malgré la douceur du côté prog de la compo et de l'album, la musique de RoN reste incisive.

La construction de l'album ne s'éloignera pas de ce premier ''vrai'' titre puisque l'on enchaine sur le plus conceptuel ''A Home'' qui reprend les mêmes ingrédients en ajoutant du chant clair, comme Enslaved pour ne pas les nommer, touche que l'on retrouve plus tard sur ''Where Owls Know My Name'' et ''Capricorn / Agoratopia'' qui de plus offrent quelque chose de mystique apporté par l'interlude prog/électro ''Terrestria III: Wither''.

Globalement les titres sont longs avec une moyenne de plus de 6 minutes avec pour preuve la pièce maîtresse de l'oeuvre ''Subtle Change (Including the Forest of Transition and Dissatisfaction Dance)'' qui sur plus de 8 minutes démontre toute la culture musicale des américains en insérant des parties funky où le groove est de rigueur. La chanson n'hésite pas à sortir des sentiers battus pour dérouter l'auditeur en mélangeant avec brio Deathcore et parties purement instrumentales prog très 70's (Genesis époque Peter Gabriel).

Toutefois, RoN sait d'où il vient et nous le gratifie avec des titres plus explosifs où le tabassage à la double caisse est à l'honneur, le chant plus hurlé, les riffs plus tronçonnés et la basse plus écrasée, en mode deathcore (''Old Nothing'', ''Hollow'' et ''Death Is Real'') sans pour autant s'éloigner de l'ambiance prog et en rajoutant un soupçon d'obscurité (''Hollow'').

Après plusieurs écoutes de ce disque, nécessaires pour se familiariser avec le choix artistique du quintet américain, ''Where Owls Know My Name'' est un bon album qui montre les nombreuses possibilités musicales du quintet sans pour autant tomber dans la démonstration technique (Origin) et offrant ainsi aux auditeurs une alternative au tech death en le rendant plus progressif tout en restant incisif. Dense et volumineux, l'album peut paraître un peu long, pourtant rien ne peut être enlevé car tout s'inscrit dans une logique artistique qui se tient du premier titre jusqu'au dernier.

Anibal Berith