EKTOMORF
Plus d'infos sur EKTOMORF
Thrash Métal
Chroniques

Warpath
Denis LABBE
Journaliste

EKTOMORF

«Un témoignage brouillon, médiocre et dispensable, du passage d'Ektomorf au Wacken. »

11 titres
Thrash Métal
Durée: 46 mn
Sortie le 25/08/2017
45 vues
Après Aggressor (2015), Ektomorf nous sort un album live de onze titres, enregistré au Wacken en 2016 qui ravira les fans et prouvera, une fois de plus, aux détracteurs du groupe, que les Hongrois bénéficient d'une aura pour le moins usurpée. Car dès l'introduction, on croit rêver. Empruntant ni plus ni moins que le thème de Game Of Thrones, qu'un des guitaristes massacre en avance, le quatuor se lance dans le titre « Aggressor », tiré de leur dernier album studio. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le son est brouillon, le chant approximatif et le morceau en lui-même d'une rare médiocrité. Autant le dire tout de suite, parce que cela va être le cas sur le reste de l'album, rien n'est en place. Dans cette pâle imitation des plus mauvais titres de Soulfly, aucun titre ne surnage. « Move On » est pathétique avec ses « ouh ah » souvent à contretemps. « Ambush The Night » met deux heures à démarrer en raison d'une introduction allongée, comme le morceau suivant « Holocaust ». En général, la plupart des titres mettent près d'une minute, voire plus, à démarrer. Souvent avec des parties totalement inutiles, comme sur « United Nations », un morceau totalement insupportable d'ailleurs...

Et c'est là qu'on s'étonne. Après vingt-trois ans d'existence et treize albums studios, ce concert nous donne l'impression que le groupe débute et se cherche. Même sur « Black Flag » qui est une excuse pour faire chanter le public, Zoltán Farkas ne fait que ralentir le démarrage du titre et… chante faux. D'ailleurs, plus on avance, plus ce constat s'avère exact. Sur « Leech », sa voix perd de sa maigre puissance et sur « Fuck You All », on a presque l'impression qu'il est en coulisse lorsqu'il demande au public de chanter.

A l'opposé, on peut accorder au groupe, son sens de l'honnêteté, puisqu'il nous livre un témoignage brut de décoffrage de sa prestation. On peut ainsi entendre toutes les erreurs techniques, les « oï » quasiment punks et les larsens. Le concert se termine sur « Outcast », amputé de sa belle introduction orientalisante, et durant lequel le public est encore amené à hurler. Sincèrement, c'est purgatif.

Je sais que je vais me faire incendier par les fans du groupe, mais il suffit de comparer les versions studios avec celles proposées ici pour se dire que, premièrement, le choix des morceaux n'est pas très judicieux (où sont « Last Flight », « Set Me Free » ou « Show Your Fist »?) et, deuxièmement, les interprétations sont en-deçà de ce que l'on peut attendre d'un groupe avec cette expérience. On lui préférera largement Live and Raw...You Get What You Give sorti en 2006. « Fuck You All » et « United Nations » sont par exemple proposés dans de meilleures versions.