Deadweight
Enora
Journaliste

WAGE WAR

«''Deadweight'', un album prometteur et efficace pour Wage War !»

12 titres
Metalcore
Durée: 40 mn
Sortie le 04/08/2017
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FEARLESS RECORDS
Si Wage War ne vous dit rien, c'est peut être parce que vous les avez connus sous le nom Empires (créé en 2010) jusqu'à ce qu'ils en changent. Depuis leur signature chez Fearless Records en 2015, le groupe originaire de Floride nous a proposé un premier album intitulé « Blueprints » et il revient cette année pour nous présenter « Deadweight » ! Si vous aviez aimé leur première création, celle-ci devrait vous ravir car le groupe n'a rien perdu de sa virtuosité à associer brutalité et évanescence.

Wage War a fait meilleur choix possible avec le titre « Two Years » comme ouverture de « Deadweight » qui débute de façon très aérienne et atmosphérique avant d'être plaqué au sol par des breaks portés par une basse surpuissante. Même si les bassistes donnent une énorme assise aux groupes dans le Metalcore en général, cela faisait longtemps qu'un groupe ne s'était pas autant appuyé dessus, un vrai plus qui se retrouve dans les morceaux suivants ! « Southbound » prend la relève sans transition tant il semble être la continuité de « Two Years » avec cependant des passages en voix claire, plus mélodiques, avis aux amateurs de groupes dans la lignée de Coldrain pour ne citer qu'eux. La chanson « Don't Let Me Fade Away » me déçoit, car si elle semble tout d'abord se présenter comme le summum du Metalcore le plus traditionnel, sombre et puissant, elle prend des accents très (trop ?) Pop à chaque refrain.

« Stitch » démarre de façon aussi explosive mais plus rapide. Malgré tout, le groupe ne renonce pas à l'atmosphère parfois étouffante qu'il a créée depuis le début de l'album. Wage War livre ici un titre entraînant et sans voix claire (ce qui manquait jusque-là) aux ruptures rythmiques très intéressantes, mais qui ne brisent jamais la dynamique ascendante de l'album qui semble gagner en force et en violence à chaque chanson ! Le morceau « Witness » reprend les codes établis depuis le début, codes qui ont jusqu'ici parfaitement fait leur preuve. On comprend pourquoi c'est du sixième morceau, « Deadweight », que l'album tire son nom. A une mélodie relativement simple aux guitares, se superposent des screams monstrueux soutenus de choeurs. La basse et la batterie ne sont pas en reste puisqu'elles tiennent une ligne rythmique très puissante. Headbang garanti !

La chanson « Gravity » est, comme on pouvait s'y attendre, la « ballade Rock » qui vient marquer la moitié de l'album. On profite d'une très belle voix claire, mais le titre n'a rien de grandiose. « Never Enough » est une vraie bombe qui démarre sur les chapeaux de roue ! Contrairement à « Don't Let Me Fade Away », les passages en voix claires sont très réussis, car la ligne musicale reste dans un esprit Metalcore et ne perd donc pas de sa puissance. Dès l'ouverture d'« Indestructible », on retrouve l'esprit des meilleurs titres d' « Ire » de Parkway Drive ! Avant que Wage War ne décide de remettre un passage en voix claire… Celui-ci n'est d'ailleurs pas mauvais, mais l'enthousiasme des premières secondes est un peu retombé.

« Disdain », titre éclair de deux minutes, est un petit bijou de violence. C'est ensuite « My Grave Is Mine To Dig » qui résonne. L'équilibre est ici parfait entre break Metalcore avec scream et moments mélodiques en chant clair, rien à redire. Un passage screamé a cappella retiendra sans doute particulièrement votre attention. Et c'est le titre « Johnny Cash » qui conclut l'album « Deadweight », dernier né des Américains de Wage War. Aucun faux pas ici dans l'articulation voix claire-scream, qui aura parfois été problématique, mais jamais rédhibitoire.

Pour un groupe qui n'en est qu'à son second album, je suis bluffée par la qualité et l'intelligence de leurs compositions ! Une multitude d'influences apparaît en filigrane dans cet album, mais Wage War sait créer son propre univers. Le principal défaut, qui n'en gâche absolument pas la qualité, de « Deadweight » se trouve dans certains titres où le contraste scream-chant clair n'est pas assez retravaillé, mais sans doute se rapprocheront-ils un jour de la qualité qu'un groupe comme We Came As Romans (qui n'est pas plus vieux qu'eux) sait proposer ! Le groupe est très prometteur, et il sait le montrer, ce qui ne nourrit qu'une hâte : en entendre davantage !