Vuur Van Verzet
Enora
Journaliste

HEIDEVOLK

«« Vuur Van Verzet », un tour de maître qui combine tous les meilleurs éléments du Folk pour offrir un album sobre et élégant, un retour aux racines»

11 titres
Folk/Viking Metal
Durée: 51 mn
Sortie le 19/01/2018
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Est-ce que je m'avance trop en considérant que tout bon fan de Folk Metal devrait connaître Heidevolk ? A vous de me le dire, quoi qu'il en soit, le groupe originaire des Pays-Bas et créé en 2002 (sous ce nom en tous cas), n'en est plus à son coup d'essai avec « Vuur Van Verzet », leur sixième album, que je vous propose de découvrir sans plus tarder !

L'album s'ouvre avec « Ontwaakt », dont le clip est sorti début décembre. Dès les premières secondes, le charme opère autour de l'harmonie des voix masculines qui gagnent en profondeur et en puissance. Les guitares assurent un riff galopant renforcé par une rythmique impeccable. Heidevolk fait très fort avec ce nouvel album, en témoigne « A Wolf In My Heart » où la voix du chanteur, presque en a cappella, sonne magnifiquement, vibrante d'énergie et de conviction. Les instruments traditionnels en fond sonore s'accordent aux guitares qui assurent davantage la partie rythmique que mélodique, laissé aux voix. La chanson y gagne un côté presque mystique et une force ancestrale. On passe à un titre plus rapide et plus lourd en raison d'une place plus grande donnée à la basse avec « Onverzetbaar ». A plusieurs reprises, la batterie gère une ligne rythmique plus lente mais chargée de puissance à laquelle se superposent des voix masculines ainsi que les guitares, mais ne vous y trompez pas, le blast n'a aucun secret pour Joost Vellenknotscher.

L'ouverture de « Yngwaz Zonen » semble presque mélancolique, sans pourtant être triste ou sombre. Le chanteur donne le ton puis un choeur masculin lui répond, à la manière d'un chef guidant son armée. Cette impression est nourrie par le simple accompagnement musical qui se compose seulement d'un tambour. « Britannia » reprend des codes plus traditionnels dans le Folk Metal avec une partie mélodique tenue par les guitares et des ensembles de voix, une des marques de fabrique d'Heidevolk mais qui apporte toujours des images claniques, des évocations de rituels, un sentiment de collectif très fort. Ce ressenti s'accentue avec « The Alliance » qui nous plongerait presque dans une transe. Qui résisterait à cette envie d'headbanguer lentement, de bouger de façon lancinante et de lever le poing lorsque le ton de la chanson se durcit ? Sensiblement plus long que les précédents morceaux, celui-ci permet à Heidevolk de pleinement développer le thème comme la composition du titre. Vous serez probablement surpris du trépidant « Tiwaz », plein de vie et bondissant autour d'une combinaison subtile de voix et de ligne de guitares ! On l'imagine déjà jouée en live, en nous aurons sans doute l'occasion de le voir très bientôt !

Avec « Het Oneindige Woud », le groupe nous offre une courte pause acoustique en douceur qui laisse doucement pressentir la fin de l'album, sans pour autant nous alarmer car Heidevolk est plein de surprises, en témoigne « Gungnir » qui débute par une magnifique partie à la basse sur un background sonore évoquant la mer. Ce morceau est bien plus imposant et chargé que les précédents. Des violons s'ajoutent aux guitares, elles-mêmes devant concurrencer une batterie très présente, qui ne se laisse jamais démonter par des choeurs masculins puissants et majestueux. « Woedend » propose des voix plus graves, sombres et agressives que ce que le groupe nous a montré tout au long de cet album. La rythmique se fait plus rapide, les voix tirent sur le scream par moment et ce titre est indéniablement imposant. On ne pouvait rêver meilleur morceau que « Het Juk Der Tijd » pour conclure « Vuur Van Verzet » ! La chanson est un équilibre parfait entre force et calme, avec même une certaine délicatesse.

Heidevolk réussit sans conteste un tour de maître avec « Vuur Van Verzet ». L'album est une ode au Folk Metal et à ses multiples ressorts que le groupe ne se prive pas d'utiliser, mettant toutefois clairement en avant son goût et sa maîtrise des choeurs de voix masculines. Au-delà des groupes utilisant des éléments Folk dans des morceaux bien plus agressifs et sombres, il est bon de voir des groupes valoriser les racines de ce genre, dans toute sa sobriété et son élégance.

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