END OF GREEN
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Gothic Doom Metal

Void Estate
Enora
Journaliste

END OF GREEN

«« Void Estate » est un merveilleux album de par sa richesse, son intelligence et son raffinement.»

11 titres
Gothic Doom Metal
Durée: 57 mn
Sortie le 18/08/2017
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A moins que vous ne soyez réellement attachés au « Depressed Subcore » de End Of Green, on en parlera en terme de Doom, Gothic et parfois Rock pour vous présenter leur nouvel album, « Void Estate », qui s'annonce déjà comme l'un des classiques du genre pour un groupe qui a eu la chance d'ouvrir pour Paradise Lost ou In Extremo.

L'entrée dans l'album est assez déstabilisante puisqu'on tombe tout de suite dans « Send In The Clowns », un morceau très planant où la voix se développe sur une ligne rythmique minimaliste parfois accompagnée d'une guitare acoustique discrète. Pour du Doom/Gothic, je trouve quand même qu'on ressent une certaine vitalité dans le morceau, qui aurait pu être bien plus sombre. Mais je reconnais que cette touche de lumière est agréable et renforce les passages plus mélancoliques. « Darkside Of The Sun » est plus tendu dans son atmosphère et la voix se fait plus rauque et grave, un vrai régal pour les oreilles d'autant que End Of Green révèle toute ses influences gothiques sur cette chanson.

Sur « The Door », c'est la rythmique qui occupe l'avant de la scène sur le début du titre, rejointe ensuite par une guitare calme, en contraste. La voix redevient très mélodique et douce. On se laisse totalement séduire par le timbre de Michelle Darkness parfois accompagné de choeurs, toujours dans le contrôle. « Head Down » pourrait n'être qu'un morceau instrumental mais une voix profonde vient se superposer à une ligne musicale aérienne et douce. On apprécie réellement que les morceaux soient longs car ils se développent et gagnent en force. « Crossroad » est bien plus légère que les titres précédents et pourrait être une chanson d'un groupe de Rock alternatif.

« The Unseen » est dans la plus pure veine Doom avec une voix aussi grave que la basse et la guitare qui l'accompagnent. La batterie vient instaurer une rythmique presque entraînante mais le décalage que cela crée renforce le chant qui gagne une vraie force en accentuant sa diction par rapport à la ligne rythmique. Je suis assez surprise d'entendre « Dressed In Black Again », un morceau très différent des autres tant dans sa composition que dans l'atmosphère qui s'en dégage. Bien sûr, End Of Green ne renonce pas à la mélancolie qui caractérise ses chansons mais elle semble disparaître derrière les voix en harmonie. Tout se fait lentement et presque en apesanteur sur « Mollodrome » avec une tension croissante à mesure que le titre avance et se déploie.

Je crois avoir trouvé un morceau qui me plait réellement moins avec « Worn and Torn », peut être à cause de la voix trop nasillarde et de la guitare parfois trop Rock/Blues sur un background musical doux à souhait. On retrouve la voix rauque qu'on aime tant avec « City Of Broken Thoughts », un titre totalement gothique mais qui sait cependant imposer son rythme et ne pas s'enfermer dans une spirale sans fin. L'album s'achève avec « Like A Stranger », le morceau parfait pour cela puisqu'il est apaisé et sonne comme une conclusion délicate.

« Void Estate » est un merveilleux album de par sa richesse, son intelligence et son raffinement. End Of Green sait où il va et nous emmène sans peine avec lui dans son voyage sans retour. Mais, contrairement à beaucoup de groupes du même genre, les musiciens ne se reposent pas que sur la mélancolie puisqu'en chaque morceau on sent une pulsion de vie et de lumière. Laissez-vous avaler sans retenu par les ombres du groupe.