Aspire
Enora
Journaliste

VENUES

«« Aspire », un album qui peine à convaincre tant les bonnes idées se noient dans le cadre trop restrictif d'un Metalcore banal dont on finit par se lasser»

12 titres
Post Hardcore
Durée: 47 mn
Sortie le 27/07/2018
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ARISING EMPIRE

Venues se forme en Allemagne en 2014 avant de sortir « Break Down A Venue » un an plus tard. Désormais signé chez Arising Empire, le groupe nous propose aujourd'hui un second album intitulé « Aspire ».

Le rythme est donné par des claquements de main, auxquels se superposent peu à peu une guitare légère, une batterie, des nappes électro, une guitare saturée et la voix du chanteur. « We Are One » est une ouverture efficace, entraînante et énergique, tout ce dont on avait besoin pour débuter notre découverte de cet album, sans toutefois oublier l'aspect mélodique avec la douce voix de Nyves à laquelle s'harmonise le scream de Robin. J'entends déjà les premières critiques : « Ah non, c'est trop commercial et fragile tout ça ! », et même s'il est vrai que le groupe ne se prive pas d'utiliser quelques recettes qui ont fait leur preuve, l'ensemble tourne bien et on prend plaisir à l'écouter ! Avec « Lights », on quitte les codes habituels du Metalcore pour flirter avec du Rock à chanteuse, ce qui va plutôt bien à Venues tant la douceur de la mélodie vocale est soutenue avec force par une ligne musicale qui lui apporte du relief, sans cependant s'imposer. Les guitares de Constantin et Toni donnent le ton de « The Longing », un titre qui oscille entre ballade et hit Pop-Rock dansant ; malgré tout, on se surprend à bouger la tête sur la rythmique simple mais entraînante. Le scream apporte une réponse puissante au chant clair féminin mais n'a pas un timbre qui se démarque des centaines d'autres groupes du genre qu'on peut entendre. Pour « Fading Away », le groupe a invité Chris Wieczorek du groupe ANNISOKAY à se joindre à eux, et je vous laisse découvrir la chanson !

On continue la découverte d'« Aspire » avec la chanson « The Epilogue » : le sujet de la chanson, la rythmique, la ligne mélodique…tout est commun et banal. Si cela n'enlève rien au fait que la chanson soit jolie, on apprécierait que Venues nous montre autre chose de son univers musical, sinon on risque de tourner en rond assez vite. Quelques choeurs nous enfoncent un peu plus dans les références ultra-classiques du Metalcore. Un autre problème surgit avec « Dilemma » tant les effets sur la voix claire de Nyves auraient pu (et dû) être évités puisqu'ils donnent un côté faux au titre, comme si la performance manquait d'honnêteté. En dehors de ça, il n'y a pas grand-chose à signaler en dehors du fait que la basse de Flo soit enfin à peu près audible ! Le calme fait son grand retour avec « My True North », marquée par une ligne de guitare délicate et sensible ; mais (et il fallait s'y attendre, le groupe retombe dans ses travers et nous balance une nouvelle fois un morceau qui pèche par son manque cruel d'originalité, d'identité et de prise de risque. « Star Children » est un poil plus intéressant dans l'atmosphère que le groupe parvient à construire, malgré une ligne instrumentale assez classique. Mes craintes se vérifient puisqu'on s'ennuie, on a l'impression d'entendre la même chanson en boucle. Oui, c'est bien fait, c'est propre et tous les musiciens sont en place, mais qu'y a-t-il de plus ?

Ah, ça faisait longtemps mais les effets sur la voix féminine refont leur apparition dès l'ouverture de « Nothing Less », alors qu'un simple choeur, sans fioriture, aurait été plus adapté. Venues se met alors à approcher des groupes dans la lignée de Crossfaith avec des éléments musicaux qui viennent tout droit de l'Electro et qui sont, c'est le cas de le dire, très appuyés, en particulier sur les passages au scream. Les premières mesures de « Shades Of Memory » laissent deviner un morceau plus riche, dans une veine autre et qui a effectivement de quoi plaire (davantage en tous cas que l'enchaînement de petits hits Metalcore qu'on a eu jusqu'ici). Voix et guitares s'équilibrent avec des passages dans les aigus maîtrisés et élégants, bien qu'un peu trop édulcorés parfois. Venues joue la même carte avec « Silence », un morceau fin et doux, qui met alternativement en avant le timbre sucré de Nyves ou le scream, trop classique, de Robin. « Ignite » incarne plutôt bien le bilan général qu'on peut faire de cet album puisque la chanson s'ouvre en sobriété, pleine de promesses, avant de basculer dans du Metalcore on ne peut plus banal, ce qui est d'autant plus dommage qu'on sait que le groupe peut mieux faire.

« Aspire » est un album dont les chansons connaissent des hauts et des bas. Malgré de bonnes idées, une maîtrise incontestable des musiciens et un engagement qui fait plaisir à voir, Venues peine à sortir du cadre trop restrictif d'un Metalcore de base dont on finit par se lasser.


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