BELOW
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Epic Doom Metal

Upon a Pale Horse
Morbid Domi
Journaliste (Belgique)

BELOW

«Below nous offre un album captivant, retravaillant le Doom épique pour lui apporter un brin de fraîcheur sans dénaturer son opacité. »

8 titres
Epic Doom Metal
Durée: 47 mn
Sortie le 19/05/2017
2612 vues
Pour leur second album, ils nous arrivent avec une pochette digne de Dissection ou encore, d'une illustration d'Edgar Allan Poe.
Non, ils ne jouent ni du Death ni du Black mais sévissent dans l'univers du Doom épique avec chant Heavy.

Les Suédois de Below capitalisent en 5 années d'ancienneté, 1 split avec leurs compatriotes d'Anguish et un premier album correct « Across the Dark River »
sorti en 2014, qui nous montrait des influences réellement identifiables de Black Sabbath et de Mercyful Fate.

Ce second opus ne démarque toujours pas le groupe des solides références précitées mais nous indique une parfaite stabilité au niveau du line-up car nous retrouvons le très agréable chanteur Zeb, les 2 guitaristes Berg et Paud, le bassiste Hedman et le batteur, Doc.

Ils se connaissent et à l'écoute de « Upon A Pale Horse », cela s'entend.

Nous restons dans une ambiance extrêmement lourde, qui suinte le mal être et si le premier album nous apparaissait un peu trop homogène, rien n'en ressortant vraiment, je pense que cette fois, une progression s'offre dans leur oeuvre.

L'intro « The Plague Within » est remarquablement bien fichue, angoissante à souhait, et subrepticement symphonique.

S'ensuit le magnifique « Disappearing into Nothing » qui porte un poids incommensurable, un fifrelin allégé par ce superbe chant de Zeb qui apporte cette pointe surprenante dans ce Doom épique assez classique. Le timbre bien qu'heavy plonge dans la langueur sombre d'une poisseuse mélancolie.
Le riffing de guitare renforce cette puissance dans la chute humaine mais se voit ponctué de quelques soli voulant dynamiser l'ensemble.
La basse s'oriente aussi dans cet aspect de sur-obésité sonore. La batterie se permet quelques écarts entre tempo lent et moyen, ce qui enlève les aspérités de ce roc oppressant.

Sur « The Coven », Below se lance quasiment dans un slow Rock d'ambiance qui n'a pas pour ambition de créer des liens affectifs mais bien d'évoluer dans une dimension plus glauque, une sorte de no man's land dont on ne revient pas, une fois la porte poussée.
Le morceau transpire le Dark pour notre plus grand bonheur. Le chant se calibre à merveille, sans s'envoler, collant en harmonie à cette opacité voulue. L'accélération à la 3ème minute n'apporte pas de félicité ni de bouée de sauvetage car Below vous ancre dans la poisse avec maestro.

Le titre éponyme démarre sur une narration « Thrillerienne » pour aller se lover dans une sorte de Heavy-Doom atmosphérique rehaussé de superbes choeurs.
Le morceau est hypnotisant et très prenant. Les arrangements sonores donnent une altitude intéressante au morceau. La guitare mélodique lance ensuite un petit cadre magique avant de vous livrer au bourreau qui vous écrasera sous la meule. Le chant se veut plus mélodique aussi mais tout en restant lancinant.
Magnifique production !!!

« Suffer in Silence » prend un chemin plus dynamique, écartant les bases Doomesques pour glisser sur la vague plus Power. Nous reconnaissons le timbre sonore de l'école Suédoise dans ce qu'elle comporte de meilleur. Et chassez le naturel, le mur de guitare nous lance avec parcimonie la lourdeur typée du Doom épique qui se voit transcendée par une basse un peu plus groovée.

Sur « Hours of Darkness », nous découvrons une ambiance à la Ozzy Osbourne rondement menée. Des relents de « War Pigs ». C'est efficace même si la roue n'est pas réinventée. Ne boudons pas ce plaisir.

« 1000 Broken Bones », superbe morceau, prend encore un cran dans la démarque, s'orientant plus vers un horizon typé « Savatage ».
Musicalement, le morceau est riche et des choeurs plus graves viennent affirmer le caractère viril de ce morceau qui présente les compétences d'un véritable hit.

Les bonnes choses ont une fin, voilà « We Are All Slaves » qui nous rappelle notre place dans la mondialisation, dans l'ultra-libéralisme déshumanisant sans toutefois en rajouter une couche car ici, paradoxalement, le groupe nous donne un peu plus de légèreté, celle de l'être qui peut s'échapper des chaînes du monde préprogrammé, pré-ordonné. Below nous donne des clés pour l'accès à une pleine liberté.

Globalement se second album se montre, à mes oreilles, nettement plus convaincant, captivant dans la diversité qu'il offre.

Et par-delà tout, l'opus montre un énorme paradoxe, celui d'amener une pleine fraîcheur dans un climat à forte propension morbido-glauque.
L'album est idéal pour se décontracter et vous y parviendrez aisément.

Je dis, « bravo » aux artistes.

Morbid Domi (Mai 2017)