SCAPHISM
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Death Metal

Unutterable Horrors
Anibal BERITH
Journaliste

SCAPHISM

«Demolition Hammer a trouvé un successeur en Scaphism qui, avec ''Unutterable Horrors'', invente le Death Crossover!»

8 titres
Death Metal
Durée: 29 mn
Sortie le 12/01/2018
5741 vues
Le scaphisme est un mode d'exécution, attesté dans l'Antiquité et attribué aux Perses, dans lequel le corps de la victime, à l'exception de la tête, des mains et des pieds, est enfermé dans un réceptacle. Consciencieusement maintenu en vie, nourri de grès ou de force, le supplicié, après plusieurs jours d'immobilisation, trempait dans ses propres excréments. La macération entraînait alors la putréfaction de ses chairs, également dévorées par les asticots, vers issus de ses propres souillures. La victime finissait par mourir, au bout de 15 à 20 jours.

On a connu plus gai comme entrée en matière mais la minute culture générale était nécessaire avant de parler du second album des américains de Scaphism.

Formé en 2007 par Evan Woolley comme un projet musical en solo, le guitariste s'entoure rapidement d'autres musiciens afin de constituer un vrai groupe. Au nombre de quatre à ce jour, Tony Jordan (hurleur), Alex Fewell (frappeur) et Erik Jordan (bassiste) forment le line-up actuel. A la tête de trois démos,un split et un album paru en 2012 ''Festering Human Remains'', le quartet revient en ce début d'année 2018 avec un petit bijou idéal pour bien se décrasser les oreilles lors des matins difficiles.

Doté d'un artwork moins provocateur et explicite que le premier opus mais pas plus réjouissant pour autant, Scaphism n'est pas là pour enfiler des perles mais juste pour vous en mettre plein la tronche. Cours (29 minutes) et efficace (8 titres), les américains mettent à profit leurs nombreuses influences musicales pour donner une musique particulièrement novatrice dans le genre.

Pour une fois, je ne vais pas vous décrire cet album en nommant les titres car la recette est la même pour l'ensemble de la tracklist, ce qui ne veut pas dire que l'album est répétitif, bien au contraire, il est d'une variété bluffante pour le genre; le mieux étant donc de se précipiter pour l'écouter et le réécouter.

Scaphism réussit avec brio le challenge de marier avec harmonie, Death Metal, Thrash Crossover, Slamming Brutal Death et Groove. Je m'explique, dès les premiers riffs de ''Gruesome Unmentionables and Unutterable Horrors'', il est clair que ça tartine sévère et que la frappe d' Alex Fewell est mieux sur sa caisse claire que dans votre tronche. De vrais coups de massue assommants, accompagnés des riffs gras et acérés d'Evan Woolley, du growl death old school de Tony Jordan dont le timbre ressemble à s'y méprendre à celui de Brett Hoffmann (Malevolent Creation) et du jeu de basse exceptionnel d'Erik Jordan. Cependant, le rendu global est très énergique comme en thrash crossover! Il suffit d'écouter l'intro de ''Mitte eos ad infernos'', copiée-collée sur celle de ''Clap LIke Ozzy'' sur ''Worl Gone Mad'' de Suicidal Tendencies pour s'en rendre compte et de dérouler le disque pour réaliser que les morceaux ont quelque chose de ''dansant'' et non de sombre et glauque comme la plupart des groupes du genre.

Le son n'en reste pas moins gras et caverneux, le growl bien ténébreux, mais la touche personnelle des musiciens font que ce death groove grâce au rythme imposé par le batteur qui joue diablement bien de la double et maîtrise parfaitement le contre-temps et les break (''Malapropos Cardiectomy'', ''Vaults of Pestilence'').

Le bassiste apporte clairement une touche musicale et n'est pas là que pour enrober et donner du volume aux compositions, jouant pourtant bien gras comme en Slamming, Erik apporte un groove que l'on trouve habituellement en thrash crossover et il seconde parfaitement les riffs thrash du leader sur ''Vaults of Pestilence'' et ''Trepanate the Undesired'' par exemple; ces deux titres me faisant penser indéniablement à l'énergie véhiculée par Demolition Hammer.

L'ensemble de l'album est une tuerie et chaque titre pousse à écouter le suivant; plus on en prend et plus on en veut et le pire, c'est qu'à la fin, on en redemande!

Vous l'aurez compris, point de demie-mesure avec le quartet originaire de Boston, les huit titres défilent de façon brutale et explosive et la comparaison avec Demolition Hammer n'est pas anodine. Bien que le choix musical de Scaphism s'est porté sur le Death Metal, il est clair que l'on sent d'autres influences qui font que l'on peut presque dire que Scaphism a inventé le Death Crossover.