Too Far Gone
Enora
Journaliste

CANE HILL

«« Too Far Gone », un album explosif sur lequel Cane Hill ne se prive pas de jolies expérimentations»

10 titres
Metal
Durée: 36 mn
Sortie le 19/01/2018
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Dernièrement, on a entendu parler de Cane Hill puisque les Américains originaires de Louisiane assuraient la première partie de la tournée européenne de Motionless In White, mais ils méritent une présentation dans les règles. Ils se sont créés en 2011 et ont signé en 2015 chez Rise Records avec qui ils ont sorti leur album « Smile » en 2016 et « Too Far Gone » dont nous allons parler dès maintenant !

Avec le titre éponyme de l'album, aucun doute possible : on met les pieds en plein dans du pur Metal US, et si vous suivez un peu mes chroniques, vous savez que c'est un de mes genres de prédilection ! Et je dois avouer que Cane Hill excelle dans cette création musicale puissante et sombre. La voix presque parlée habille à merveille la ligne rythmique qui rassemble une basse et une batterie ultra lourdes ainsi que des riffs de guitares plus énergiques. Le tempo tiré vers l'arrière donne un sacré groove à la chanson et on espère que la suite sera aussi bonne. « Lord Of Flies » est un peu moins Metalcore dans le sens où l'effort porte davantage sur une ligne mélodique plus complexe que sur des jeux rythmiques entraînants. Si elle semble plus apaisée, cette chanson est surtout moins franche et explosive que la précédente, mais on peut profiter de la voix claire du chanteur et c'est un plaisir auquel on devient rapidement accro. Avec « Singing In The Swamp », le groupe ne se prive pas d'emprunter à des genres plus proches du Hard Rock traditionnel pour la ligne de guitare alors que les choeurs évoquent quelque chose de bien plus planant. Tout le titre se concentre sur un contraste permanent de passages plutôt dansants et pleins de vie et d'autres, en apesanteur et à des dizaines de kilomètres de notre petite Terre. Et ça fait sacrément plaisir ! N'en déplaise aux détracteurs du genre, le Metal US n'est pas qu'une machine à tubes sans aucun effort de réflexion dans la composition musicale.

Ce n'est pas que ça me manquait mais je suis contente de retrouver une petite ligne de basse bien rythmée avec le titre « Erased » ; et ça me plait d'autant plus que l'ensemble du morceau est extrêmement doux et donne l'impression de traverser un mur de brouillard qui redéfinit totalement nos perceptions. Les petites touches plus violentes ne gâchent en rien cette impression de rêve éveillé, de cet entre-deux si étranges mais pourtant si attirant. La mise en place de la rythmique sur « Why » se fait avec discrétion et délicatesse, pourtant la ligne de basse et les quelques notes de guitare qui l'entourent laissent présager quelque chose d'assez intéressant. Et c'est bien le cas puisque la voix essaie de nous hypnotiser tout en s'affirmant entre impulsions en force et légèreté. Le ton est radicalement différent sur ce morceau dépaysant mais Cane Hill ne perd rien de sa force et y gagne clairement en originalité, ce qui ne les empêche pas de proposer d'autres morceaux dont la première qualité est clairement la lourdeur et la puissance à l'image de « It Follows » qui en séduira plus d'un. La batterie est lente mais on sent chaque impact, la basse fait totalement disparaître la guitare, ce qui ne me déplait pas, et le chanteur renoue avec son scream grave et inquiétant, un peu trop à la Ivan Moody parfois selon moi mais ce n'est pas gênant.

Déferlante d'énergie pure, je crois qu'il n'y a pas d'autre mot pour décrire « Scumbag Fix », et honnêtement, si vous ne partez pas dans un headbang magistral dès les premières secondes, je ne vous comprends pas tant la composition est explosive et entraînante ! « Fucking Hateful » aurait tout à fait pu être composé par Five Finger Death Punch mais Cane Hill réussit parfaitement à mener ce morceau du début à la fin. La ligne rythmique est relativement lente les riffs qui s'y superposent sont tout bonnement irrésistibles ! Quel régal ce doit être en live ! Après les expérimentations audacieuses et réussie de mi-album, le groupe renoue avec les bonnes recettes qui font toujours plaisir à entendre et dont on ne se lasse jamais. « 10 Cents » correspond moins à ce que je peux attendre musicalement mais n'est pas une déception puisque l'ensemble tourne bien, malgré tout l'énergie n'est pas la même que sur les morceaux précédents et la transition se fait moyennement pour moi. Au-delà du fait que la dernière chanson s'intitule « The End », on peut dire que Cane Hill sait assurer sa sortie car le morceau est tout simplement génial dans son articulation qui voit la tension monter lentement mais sûrement et s'approcher de sphères mystiques avec quelques accents Metalcore.

Cane Hill a plus que rempli sa mission avec « Too Far Gone ». Si on profite de titres explosifs et entraînants, le groupe ne néglige pas le renouveau et propose des chansons, soyons honnêtes, souvent trop rares dans ce style et qui n'ont pas peur de flirter avec des sonorités planantes et décalées.