FLEURETY
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Black Metal (early/later), Progressive/Avant-garde Metal (later)

The White Death
Enora
Journaliste

FLEURETY

«« The White Death », plus qu'une expérience, un conte qui se déploie de lui-même, animé d'une vie propre»

8 titres
Black Metal (early/later), Progressive/Avant-garde Metal (later)
Durée: 43 mn
Sortie le 27/10/2017
918 vues
Fleurety, le nom vient d'un démon, est un groupe norvégien, originellement de Black Metal, et aujourd'hui de plus en plus tournée vers le Metal Avant-garde, ce qui ne le fait pas pour autant renoncer à son univers sombre et étrange. Créé en 1991, le groupe a sorti beaucoup d'EP mais « The White Death » n'est que son second album. Plongeons-nous dans cet univers si riche et complet.

Le décalage que l'on peut avoir l'impression de ressentir sur le premier titre, « The White Dead », entre une musique presque douce et qui pourrait être entendue dans des genres qui n'ont rien à voir avec le Metal et la voix screamée et tendue trouve cependant un certain équilibre. Les choeurs féminins dans les graves me font beaucoup penser aux atmosphères qu'on peut retrouver chez des groupes comme Zola Jesus, dans un genre tout autre. L'ambiance est si étrange qu'on ne s'étonne même pas de la flûte qui se superpose à l'ensemble. Avec « The Ballad Of Copernicus », je découvre la voix grave et extrêmement douce du chanteur, qui parvient à conserver une grande majesté en planant au dessus d'une mélodie sombre et discrète à la guitare. Le titre se fait de plus en plus hypnotique avant de disparaitre dans le silence.

« Lament Of The Optimist » me semble, de prime abord, plus joyeux que les titres précédents, plus énergique aussi avec le riff de guitare et la batterie plus présente. La basse assure un soutien non négligeable mais l'apogée du morceau arrive finalement avec les claviers et le retour du scream. A nouveau, Fleurety semble vouloir brouiller les pistes avant de nous révéler sa création. On entre en douceur et maîtrise dans « Trauma » grâce à une introduction à la guitare, qui continue la même mélodie avec plus de saturation et accompagnée de la batterie. Une voix féminine parlée complète cet ensemble. Ce que propose le groupe me fait ici beaucoup penser au groupe Kaimokujishô. « The Science Of Normality » est le premier morceau vraiment dérangeant de l'album, en particulier avec la voix entre le cri et la voix parlée avec un background sonore indescriptible de monstruosité. Ces moments crispés contrastent avec des passages plus apaisés mais dissonants et presque malsains. Si les premières chansons de l'album étaient contemplatives, celle-ci est réellement comme un coup porté, et vous n'échapperez pas à la sensation de malaise que le groupe nourrit.

Sur « Future Day », on retrouve un peu l'ambiance de « The Ballad Of Copernicus » mais de manière plus mélancolique. La voix, toujours aussi belle, semble chargée de regrets, mais aussi d'espoir. « Ambitions Of The Dead » est une douce association entre la voix féminine, grave et fragile, et une ligne musicale ininterrompue mais légère avec parfois quelques accentuations avec l'usage d'une flute. Une ligne musicale tendue, entrecoupée de passages avec des choeurs, soutien la voix du chanteur qui se fait de plus en plus imposante sur « Ritual of Light and Taxidermy ». Le « You are here to be humiliated » (« Tu es là pour être humilié »), que le chanteur répète instaure une atmosphère de plus en plus étrange mais pas aussi dérangeante que sur « The Science Of Normality ».

« The White Death » est plus qu'une expérience, c'est une traversée musicale qui dépasse de loin ce que vous pouvez entendre dans le Metal de manière globale. L'album est un conte qui se déploie de lui-même, animé d'une vie propre.