THE GREAT OLD ONES
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Post-Black Metal

EOD: A Tale of Dark Legacy
Anibal BERITH
Journaliste

THE GREAT OLD ONES

« Un troisième essai fort bien produit et qui, avec variété et densité, amène l'auditeur dans une intensité ténébreuse mariant avec habileté douceur et brutalité»

7 titres
Post-Black Metal
Durée: 44 mn
Sortie le 27/01/2017
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Même pas dix ans d'existence et le quintet bordelais nous propose déjà son troisième méfait toujours inspiré des textes de HP Lovecraft et intitulé ''EOD: A Tale of Dark Legacy''.
Formé en 2009, le combo français est à la tête des deux albums ''Al Azif'' et ''Tekeli-li'' parus respectivement en 2012 et 2014 via Les Acteurs de l'Ombre. Comme vous pouvez le constater, ça ne chôme sur les bords de la Garonne. C'est en 2017 que Benjamin Guerry ( Guitare et Chant), Léo Isnard (Batterie), Jeff Grimal (Guitare et Chant) accompagné des deux nouveaux venus de 2016, Jérôme Charbonnier (Basse) et Aurélien Edouard (Guitare) que ce nouveau chapitre de la discographie des français s'ouvre sur 3/4 d'heure en 7 actes auprès du label Season Of Mist.

C'est toujours dans un univers très sombre qu'officie le combo maniant habilement brutalité et douceur avec toujours ce petit quelque chose de torturé et de dérangeant et dont les compositions restent longues tellement elle sont denses et complexes en approchant souvent les 10 minutes ('The Shadow over Innsmouth', 'The Ritual' et 'Mare Infinitum' )

C'est à la suite de l'intro stridente et angoissante 'Searching for R. Olmstead' de quelques secondes et qui annonce la tempête, que l'album démarre vraiment sans transition avec le brutal 'The Shadow over Innsmouth' et son démarrage titanesque aux riffs rapides et incisifs. Le chant hurlé et torturé reste légèrement en retrait tout en restant significatif et laissant ainsi la place aux instruments qui tiennent une place importante sur l'ensemble de la galette caractéristique du post black des bordelais. Ce titre met en avant une mélodie sombre et dissonante en alternant sans cesse le rythme par des envolées soudainement brutales conférées par les blast beats de Léo.

Il laisse place au titre le plus court de ce matériel 'When the Stars Align' (hors interlude) qui, sur un mid tempo soutenu, offre quelque chose de terrifiant dès les premières notes et laissera place à un court instant de brutalité accentué en suivant par un chant torturé et suppliant dans une ambiance plus lourde et obscure aux riffs mélancoliques et terrifiants.

Retour aux longues épopées instrumentales sur un rythme plus martial au départ. Le décor se met en place doucement et sûrement sur un rythme relativement binaire le rendant inquiétant. La sonorité des riffs est cristalline et la basse de Jérôme, un peu plus mise en avant. La chanson offre une variété certaine proposant son lot de soudaine brutalité, celle que l'on n'attend pas tellement l'atmosphère pesante et lugubre reste bien ancrée dès le départ. Le final très mélancolique et torturé laisse place au court interlude 'Wanderings' narré rituellement et déboulant sans pause sur le très efficace 'In Screams and Flames' avec sa mélodie génialement mélancolique et indécrochable du cerveau plusieurs heures durant tellement elle pénètre le cortex de l'auditeur. Sur près de 8 minutes , le quintet offre de longs plans musicaux accompagnés d'un chant plaintif. Le premier tiers est lourd et lent et s'intensifie dans la seconde moitié du titre pour se brutaliser sur la dernière minute au final épique voire symphonique.

C'est sur 'Mare Infinitum' et ses 10'50'' que le CD se clôture avec une composition dense et intense. Une intro au violon d'une tristesse affligeante puis le reste des instruments pour donner un ensemble froid et lugubre. La basse venant réhausser les riffs ténébreux des guitares et secondée de la férocité des blasts dès le second tiers de la chanson. La mélodie est volontairement répétitive pour bien marquer la glaciale entité de l'univers dans lequel l'auditeur sombre pour en arriver à un stade où l'on se sent envoûté, perché même, tellement la mélodie est enivrante.

Avec ce troisième opus, The Great Old Ones atteint une maturité certaine dans l'univers du Post Black Metal en délivrant une troisième galette fort bien produite et qui, avec variété et densité, amène l'auditeur dans une intensité ténébreuse mariant avec habileté douceur et brutalité pour surprendre sans cesse son auditeur.

Anibal Berith