The Atlas Underground
Fred H
Journaliste

TOM MORELLO

«Expérimentations Rock vs. hip-hop/RnB + Dub + …. tantôt probantes parfois un peu moins»

12 titres
Rock
Durée: 44'35 mn
Sortie le 12/10/2018
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Fin 1992, la planète Hard metal découvrait Rage Against The Machine et leur premier disque éponyme (précurseur d'un genre qui explosera quelques temps plus tard). Ce skeud fit l'effet d'une bombe nucléaire et révéla un sixcordiste au style unique. Après l'arrêt du groupe (seulement quatre opus), Morello fonda Audioslave (avec le regretté Chris Cornell derrière le micro), lança son projet solo acoustique The Nightwatchman ainsi que les formations Street Sweeper Social Club (avec Boots Riley) et Prophets of Rage (avec ses compagnons de la section rythmique de RATM et des lascars de Public Enemy et de Cypress Hill). Depuis quelques années il joue également « la muse musicale » (de l'aveu même du Boss) pour Bruce Springsteen en tant collaborateur et membre additionnel du légendaire E Street Band.

Pour son véritable premier effort sous son nom, Morello s'est entouré de plusieurs stars du rock, du Hip-Hop et de l'EDM (Electronic Dance Music). On retrouve donc pêle-mêle les DJs/producteurs Bassnectar, Whethan et Steve Aoki… des références en terme d'électro comme Pretty Lights, Nico Stadi, Herobust ou le duo australien de Knife Party …. plusieurs rappeurs à l'instar de Killer Mike et Antwan « Big Boi » Patton (OutKast), RZA et GZA (Wu-Tang Clan) et miss K. Flay … quelques pop rockeurs tels Portugal. The Man, Tim McIlrath (Rise Against), l'anglais Marcus Mumford (Mumford and Sons)… et n'oublions pas le multi-instrumentiste Carl Restivo, Gary Clark Jr. ou encore Keikeli47.

A la lecture de cette très longue liste d'invités en provenance d'horizons très divers (et reconnaissons le bien éloigné du metal), on voit déjà détaler à toutes jambes les chevelus endurcis. Comme le raconte le guitariste américain « Je voulais faire un album qui sonne comme celui qu'aurait fait Jimi Hendrix aujourd'hui ». Effectivement, ici et là on retrouve quelques riffs qui rappelle maître Jimi (l'instrumentale ‘Battle Sirens'). L'homme a souhaité créer « des titres pour la radio » qui « s'adressent à un large public » et mettre au goût du jour « un nouveau genre de musique ». Le voyage est proposé sous forme de mélange de Funk, de beat House et de Dubstep (l'accrocheur ‘Where It's At Ain't What It Is'). Par moment, on passe même en mode Techno et carrément Trance (‘How Long'). BEAUCOUP de propositions orientées hip-hop/RnB sont livrées (le coup de poing ‘Roadrunner', ‘We Don't Need You', ‘Lead Poisoning' et ‘Every Step That I Take' annoncé en honneur au vocaliste disparu de Soundgarden). Chants rappés, refrains entêtants (‘Rabbit's Revenge'), boucles et autres samples percutants s'entremêlent pour le meilleur et aussi parfois pour le plus dispensable pour des morceaux dans l'ensemble énergiques. Derrière des rythmes électro, quelques accents rock indie demeurent malgré tout présents grâce au toucher de gratte si caractéristique de Tom (‘Find Another Way', ‘Lucky One', ‘Vigilante Nocturno'). Compte-tenu de l'activisme notoirement connu du bonhomme (cf. son organisation militante Axis of Justice qu'il dirige avec le chanteur de System of a Down), on s'en serait douté, pas mal de paroles de la galette délivrent quelques « messages » avec conviction. Tant qu'à faire…

« The Atlas Underground » va assurément décontenancer, déconcerter, diviser, rebuter. Le résultat est tantôt probant parfois un peu moins. Aux travers de toutes ces expérimentations, on peut toutefois saluer la réelle prise de risques et cette volonté d'essayer d'offrir quelque chose de moderne et nouveau pour défier les frontières des genres musicaux : Metal Rock vs. hip-hop/RnB + Dub + …. Voyons quelle suite le sieur Tom Morello va donner à tout cela.