Rough On High Seas
Enora
Journaliste

ABOVE US THE WAVES

«« Rough On High Seas », un album rondement mené qu'on ne se lasse pas d'écouter et de réécouter»

8 titres
death melodique
Durée: 32 mn
Sortie le 08/06/2018
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Aujourd'hui, tournons-nous vers la Grèce, un pays qui recèle de belles surprises dans le domaine du Metalcore, à l'image de Above Us The Waves qui vient tout juste de sortir leur second album, « Rough On High Seas », qui fait suite à « Anchors Aweigh », paru en 2013.

Début confus et déroutant pour « Drowning Not Waving » puisqu'une ligne de basse diffuse et de batterie un peu plus marquée se superpose à une voix grésillante, bientôt remplacée par un scream au timbre étouffé et qui mériterait d'être un peu plus travaillé, au contraire de la voix claire de Vangelis Papavasileiou, extrêmement douce et agréable à l'oreille. La guitare donne la touche purement Metalcore alors que la batterie passe à quelque chose de plus chaloupé et dansant. Above Us The Wave intrigue, et c'est un bon début ! Le groupe a la fougue de la jeunesse mais aussi l'expérience nécessaire pour affiner ses compositions. L'enchaînement avec « Afterlife » se fait presque sans transition, seulement avec un changement du riff et de la rythmique. Le scream est plus agressif et contraste avec la partie mélodique, plus sombre et retenue que précédemment. L'investissement émotionnel du groupe est en adéquation parfaite avec la musique qu'il nous offre, ce qui a l'avantage de complexifier un peu le tout. Les choeurs évoquent des groupes dans la lignée d'Architects mais les Grecs conservent leurs identité et son propres. « Light The Flare » est une contradiction en soi tant la voix claire est douce et l'accompagnement musical est lourd ; moralité, il vaut mieux ne pas passer à côté de ce titre ! C'est une nouvelle fois la basse de Dinos Kontelas qui se démarque sur les premières mesures de « Seaside Junk », rapidement rejointe par les guitares. La batterie n'est pas en reste mais ce sont bien les notes graves qui dominent ce morceau extrêmement trépidant et qui donne une folle envie de sauter. Le break arrive à point nommé pour ralentir le tempo sans briser l'ambiance et basculer vers quelque chose de presque Hard Rock US.

Le titre éponyme, « Rough on High Seas » débutent par un riff de guitare des plus séduisants, ce qui me donne l'occasion de saluer le travail de Vasilis Tsantalis et George Aslanis, décidément complémentaires à souhait. Ce morceau est l'occasion pour le chanteur de nous montrer l'étendue de ses capacités en chant clair, ce qu'il fait avec beaucoup de maîtrise et de modestie, sans cacher sa voix derrière des effets multiples mais en toutes simplicités pour cette quasi-balade. Avec « Windcheater », on rebascule à toute allure dans quelque chose de bien plus lourd et puissant, malgré quelques douces nappes de clavier en background sonore. Les préoccupations uniquement mélodiques semblent avoir laissé la place à une rythmique énergique, assurée par Stratos Kannos, et qui sonne presque comme une pulsion de vie. Le break de ce morceau est une raison suffisante à elle seule pour se jeter dessus ! Les influences qu'on sent sur cet album touche vraiment à tous les courants du Metalcore/Deathcore mais elles sont prudemment dosées, ce qui permet à Above Us The Waves de rester fidèle à lui-même, en témoigne « Poor Man's Monaco ». Du début à la fin, l'alternance de scream/voix claire aura été bien menée. Avec « Homefront », on semble presque effleurer des groupes proches de Crossfaith, tout en restant très mélodieux et délicat, un mélange plutôt très bien réussi par Above Us The Waves.

« Rough On High Seas » est un album rondement mené d'un bout à l'autre. Le groupe dévoile une palette d'influences relativement large et propose sans cesse de nouveaux éléments, crée de nouveaux univers, ouvre de nouveaux horizons. On ne se lasse pas de les écouter, encore et encore.

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