ROTTING CHRIST
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Grindcore, Black Metal (early), Gothic Metal (mid), Extreme Metal (later)

Rituals
Anibal BERITH
Journaliste

ROTTING CHRIST

10 titres
Grindcore, Black Metal (early), Gothic Metal (mid), Extreme Metal (later)
Durée: 49 mn
Sortie le 12/02/2016
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Formé il y près de 30 ans (1987), ROTTING CHRIST est l'oeuvre de 2 frères Sakis et Themis Tolis ; le 1er au chant et à la guitare, le second à la batterie. Afin de compléter le line-up grec, ils sont accompagnés de Van Ace à la basse et de George pour l'autre guitare. Touche à tout, les frères Tolis ont débuté leur projet musical en jouant du grindcore, puis ils ont viré au Black Metal pour aller petit à petit vers quelque chose de plus conceptuel, de plus extrême dans leurs compositions et dans leur univers en gardant pour base ce style musical pour son côté occulte et malsain.

Après les 2 excellents albums précédents, le quatuor grec nous livre cette année leur 12ème opus très abouti et s'orientant plus vers le concept de musique rituelle. Ca tombe bien puisque que cette dernière livrée se nomme Rituals.

La galette de 10 titres s'étalant sur plus de ¾ d'heure commence par le très incantateur 'In Nomine Dei Nostri'. Le chant de Sakis est scandé telle le Maître de cérémonie d'une messe noire, Lucifer et Satan y sont proclamés à plusieurs reprises. C'est très sombre, obscure même et les effets sonores appuient le côté religieux dans le sens sectaire du terme. Ce 1er titre donne l'ambiance générale du CD qui se veut extrêmement varié bien que les compositions soient relativement simples. Point de riffs acérés tonitruants, de blast beats dévastateurs ou de growls hurlés inspirant le terreur. Juste une ambiance malsaine et incantatrice tout au long des 49 minutes de la galette faisant souvent référence au rites païens.

L'ensemble de l'album est d'une puissance phénoménale avec un point d'honneur donné au chant de Sakis créant cette ambiance dérangeante. Il opte pour une voix majoritairement incantatrice, souvent scandée, chuchautée même ('Tou Thanatou') et rarement growlée, 'Ze Nigmar' ; Titre qui enfonce le clou du 1er titre avec son atmosphère très cérémonial aux légères touches orientales. C'est l'apologie de l'affreux sur un tempo lent et lourd aux riffs binaires au growl envoûtant telle les paroles du gourou d'une secte. Quelques passages indus. et cris de femmes hurlant en espagnol ('Elthe Kyrie') en alternance avec un growl puissant limite Death. On percevra même le son d'un pungi pour envoûter l'auditeur comme le ferait un charmeur de serpent indien.. Tout est organisé pour se sentir oppressé par un rituel cérémonieux en gloire à Satan, au Mal Absolu : 'Apage Satana' et 'Les Litanies De Satan', le poème de Charles Baudelaire tiré des Fleurs du Mal et narré en français par Vorph de SAMAEL (Sakis ne maîtrisant pas la langue de Molière).

On trouvera un côté épique sur certaine des compositions comme sur l'intro de 'For A Voice Like Thunder' sur fond de bataille, où les épées s'entrechoquent, suivi du discours prononcé puissamment par Nick Holmes (PARADISE LOST). Une touche pagan black metal pour 'Tou Thanatou' par l'emploi d' instruments traditionnels et du chant à l'identique. Les autres titres resteront sur cette lignée avec chacun son identité et son côté dérangeant. On notera des influences heavy metal marquées et l'emploi de solis avec parcimonie accentuant le côté mélodieux des grecs au coeur de cet univers malsain. Outro de 'The Four Horsemen' avec le rappel du champ de bataille entendu en intro de 'For A Voice Like Thunder'.

ROTTING CHRIST continue son ascension depuis 30 ans et amorcée en 2010 avec Aealo en nous offrant un album très abouti. L'univers oppressant et dérangeant y est pleinement mis en valeur grâce à la puissance vocale et incantatoire de Sakis accompagnée de compositions simples et efficaces. 'Rituals' fait froid dans le dos.