MASTERS OF REBELLIONS
Plus d'infos sur MASTERS OF REBELLIONS
Heavy Metal

''Rise''
Morbid Domi
Journaliste (Belgique)

MASTERS OF REBELLIONS

«Avec ''Rise'', Masters of Rebellions nous montre, outre de très bons aspects techniques, une image tout à fait correcte de l'essence du Heavy métal qu'ils déclinent finement dans leur approche subtile»

8 titres
Heavy Metal
Durée: 41 mn
Sortie le 17/09/2016
473 vues
AUTOPRODUCTION
S'il est un mot fort me venant à l'esprit en vue de symboliser le groupe qui me préoccupe dans la présente chronique, c'est bien « détermination ».
Entendons par là, une qualité, une attitude de quelqu'un qui est ferme, déterminé, résolu.
Il est courant de voir des personnes abandonner leurs efforts, baissant les bras dès l'approche d'une forme quelconque de contrariété. Et il y a ceux qui gardent espoir, qui poursuivent les gestes utiles à la concrétisation de leur rêve. C'est de cette seconde catégorie de personnes que je vais vous parler.

Tout commence à Charleroi en 2008, 3ème Ville Belge en densité de population, réputée pour son école de dessinateurs célèbres de Bande Dessinée.
Cette année-là comme dirait « l'autre », deux comparses, Pascal et Christian, décidaient de former Masters of Rebellions, qui comptait se lancer dans le style Heavy metal.

Pourquoi pas ?
Nous devons tant au Heavy et ce, même, pour certains d'entre nous, qui portons une solide affection pour d'autres sous-genres plus extrêmes.

Pascal était bassiste à l'origine tandis que Christian était un « Gratteux ». Débute alors la recherche de musiciens pour pouvoir implémenter le projet musical. Ne trouvant pas de batteur, pas de problème, Pascal décide d'apprendre. L'arrivée d'Arpad, également bassiste, va permettre d'opérer le passage de relais.
Ce même Arpad qui se dit… « Tant qu'à faire, j'apprendrais bien le chant ».
Le temps passe, quelques compostions sont créées et voilà que l'idée de réaliser une démo se pointe à l'horizon. Hélas, le projet ne pourra aboutir puisqu'en 2012, quelques tensions humanoïdes impliqueront le départ du guitariste. Vous me suivez ?
Pascal et Arpad (occupant tous les 2 pas moins de 3 postes) loin de se décourager, reprennent les recherches et 1 an plus tard, trouvent leur guitariste, Geoffrey. Les nouveaux compères sont sur la même longueur d'onde et en 2014, Masters of Rebellions, pour quelques dates, s'en va découvrir la scène Belge et Française. L'appétit vient en mangeant, ils en veulent plus nos « Carolos ».
A l'instar d'une chanson célèbre de Jacques Brel, ils voulaient un second guitariste et trouveront un claviériste, Olivier.

Je vois déjà certains d'entre vous me dire… « Vous avez des guitaristes en Belgique ? »
Certes oui, vous dirai-je, même de bons dans les différents styles… mais ils sont fortement pris.
Peu importe, en 2015, voilà 4 hommes plus en rébellion qu'en colère et prêts à en découdre.
2016, l'année qui va voir se concrétiser ce rêve de 8 ans déjà avec la sortie d'un premier album.
Les tournées peuvent redémarrer, la passion étant là, bien ancrée dans un climat fraternel.

Quant à moi, il est temps d'évoquer le contenu musical de cet historique opus Wallon.

Nous démarrons en force sur le titre éponyme, chargé d'ouvrir les festivités.
« Rise » surprend directement l'auditeur par sa propension à nous replonger dans un revival Heavy de grande qualité. Le chant possède même quelques bribes thrashy. Je suis surpris par le jeu de clavier qui offre une petite composante progressivo-Rock qui s'harmonise avec l'ensemble.
Au niveau du timbre de voix d'Arpad, nous nous situons dans le middle-baryton sans envolées aiguës. L'esprit rebelle est apporté par un caractère « râpeux ».

Sur « Dreamer », le riffing est assez épique, le morceau est entraînant. La batterie est engagée.
Le jeu de basse fait preuve d'une bonne célérité, dans le style Iron Maiden. Les références fusent dans l'esprit, des influences de Heavy traditionnel anglo-saxon (Judas Priest) en passant par le speed Germain typé Helloween ou encore, flirtant avec le power Speed de Blind Guardian. La qualité est au rendez-vous.

Sur la 3ème piste, « No Pain, No Gain », je suis stupéfait par l'excellence du morceau qui nous plonge dans l'univers d'A.C./D.C. mais sans blues.
Le morceau possède même un esprit à la Van Halen, laissant écouter un véritable tube qui en concert doit être absolument prenant.
La basse ronfle, la batterie martèle et dégage un solide peps. C'est lumineux.

« Warmachine » offre des éléments mélodiques dans la trame de fond, c'est stimulant. L'effet saturé de guitare combiné à l'orgue vaporeux vous guide dans un espace plus éthéré, nous montrant encore un autre panel dans la capacité d'exécution. Ici, je ressens davantage un front progressif digne de Dream Theater en début de carrière. Nous ne sommes pas dans la simplicité constructive mais bien sur l'autel de la technicité. Et ma foi, le groupe ne passe pas à côté du sujet.

Sur « Redemption », nous démarrons en trombe pour ensuite découvrir un petit focus guitaristique endiablé. Nous repartons sur un air mid power épique. Nous sentons l'envie de partage des Carolos. On est loin des créations dénuées d'envie ou pire, manquant d'âme. Je crois percevoir un backing vocals en soutien qui apporte une sorte d'éclaircie sur la quadrature générale. Le tempo ralentit pour nous permettre une imprégnation plus directe. Ce morceau se savoure et fait découvrir bon nombre de stimuli. Le chant verse dans l'aigu dans la 4ème minute et là, j'en mesure une plus-value considérable.
Le souvenir du phénoménal Savatage s'arrime en mon esprit. C'est donc signe d'une belle capacité artistique du chef de nos « Carolos ».

La 7ème piste « Steel Rider » apporte une dimension teintée de vénérable classicisme. Le morceau montre un refrain intéressant, transcendé par un joli riffing dévoilant des soli épurés mais directs et habiles dans la capacité à vous impacter rapidement. Le mordant du chant est très appréciable.

Nous terminons sur « Crazy Horse » qui vous fore le cerveau dès les premières secondes. Le chant s'inscrit cette fois dans une aire mélodique affirmée et poignante. Le clavier s'en va rejoindre la rythmique pour dessiner des balises au caractère bien trempé. C'est un beau moment de l'album et une manière digne de clôturer les travaux.

Avec ce premier effort, Masters of Rebellions nous montre, outre de très bons aspects techniques, une image tout à fait correcte de l'essence du Heavy métal qu'ils déclinent finement dans leur approche subtile. Ceci dit, nous avons affaire à un jeune groupe au niveau de la cohésion générale et j'entrevois déjà des marges de progression annonciatrices d'un futur ambassadeur d'un degré supérieur à la moyenne.

Ce n'est pas par hasard que le groupe a décroché le tremplin 2017 lui permettant de s'ajouter à l'excellent Durbuy Rock des 7 et 8 avril.
Vous imaginerez aisément la joie qui envahira le coeur de nos jeunes talents lorsqu'ils seront sur les planches, à côté, notamment d'Arch Enemy, Ensiferum, Delain, Lacuna Coil, Sodom et autres fleurons.

Vous aimez le bon Heavy créatif, la Belgique a aussi tout pour vous plaire !

Morbid Domi (Février 2017)