TOOTHGRINDER
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Metal / Progressive / Rock / Experimental

Phantom Amour
Jim
Journaliste

TOOTHGRINDER

«Entre douceur et agressivité, Toothgrinder nous offre la plus délicieuse schizophrénie vocale!»

13 titres
Metal / Progressive / Rock / Experimental
Durée: 48 mn
Sortie le 10/11/2017
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Voilà Phantom Amour, 2ème album pour Toothgrinder. Après quelques EP et un premier album remarqué (Nocturnal Masquerade), ces 5 potes de la côte Est des US nous dévoilent un opus déjà plein de maturité et bien maîtrisé. J'y ai trouvé du planant, de la douceur, de belles mélodies et du hurlement évidemment. Du soft et du gras en somme, mais dans ce qui en ressort de meilleur. Un peu comme de la crème fraîche non allégée. En l'écoutant, vous allez comprendre.


Ah les ambiances planantes dans le metal, qu'est-ce que j'aime ça ! Le mélange de sons qui vous font décoller de la stratosphère avant d'être ramenés à la gravité par la lourdeur des voix et des guitares. Le groupe joue beaucoup sur la dualité du chant et de la musicalité. D'une chanson à l'autre, on a autant de délicatesse que d'agressivité. Phantom Amour est un album qui présente des morceaux évoquant le metal US, le post hardcore et même un peu de nü, oui oui. Me dites pas qu'il y a pas un peu du regretté Chester Bennington (le chanteur de Linkin Park, pour ceux qui n'auraient pas suivi) sur HVY! Une intro en douceur qui ouvre sur un album bien équilibré et varié.


Sur The Shadow, on a un son bien heavy qui se mêle à quelques ambiances à la Korn et une variation du chant captivante qui passe du scream au planant. Idem sur Red où le chanteur va presque jusqu'aux murmures sur les couplets avant de lâcher la bête sur le refrain, bien soutenu par les backing vocals très propres. Et Vagabond s'inscrit aussi dans cette logique d'éventail vocal mais aussi musical avec en prime une belle grosse disto sur les guitares et un rythme bien lourd, parfait pour le headbanging !


Toothgrinder fait aussi dans le plus classique : le heavy rock bien fait comme sur Let It Ride et Phantom Amour, titre de l'album éponyme. Ça respire le rock US bien dense, avec un jeu de distos et de saturation des cordes intéressant et un chant aérien qui se marie bien à l'ensemble. Pas mal, mais pas le plus intéressant à mon avis, tellement le reste des compos offre de qualités.


Pour plus de légèreté, on a largement de quoi déguster avec Adenium par exemple, où le chant nous plonge carrément dans un album de Deftones, et les riffs sont saisissants. Sur Jubilee, morceau unplugged ou presque, les grattes nous maintiennent en apesanteur et laissent toujours cette voix nous caresser les oreilles. Avec Snow, on est à la limite de l'expérimental avec des boites à rythme mais évidemment on continue de voler tout du long. Quelle beauté !


A l'exact opposé de ces passages hypnotisants, on retrouve des morceaux beaucoup plus pêchus comme Pietà dans lequel on rentre directement. C'est hardcore : et que ça hurle, et que ça cogne, toujours avec ces cordes qui vibrent à la limite du bourdonnement. Moins bourrin, mais aussi énergique, Futile vient flirter avec le nü et me rappelle encore le Linkin Park des débuts, le hip-hop en moins, la wah-wah en plus. Et pour finir en beauté, Facing East From A Western Shore débute tout en délicatesse avant de terminer sur un son bien heavy et des hurlements metalcore « à la Architects ». Quel final !!!


Phantom Amour est un album qui se pose entre douceur et agressivité sur lequel Toothgrinder continue effectivement de « casser les barrières musicales » et nous offre « the most delightful vocal schizophrenia » (c'est eux qui le disent et je n'ai rien à opposer à ça, bien au contraire). Un deuxième album plein de maturité, sobre, fin et bien fait. Rien à redire.