Never Gonna Die
Maitre Jim
Journaliste

PENNYWISE

«Amateurs de punk rock californien, le légendaire groupe Pennywise revient avec un excellent nouvel album ''Never Gonna Die''. Yeah!!!»

14 titres
Punk Rock
Durée: 39 mn
Sortie le 20/04/2018
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Pennywise c'est le SoCal punk par excellence. Avec 30 ans de carrière, le groupe fait partie de la 2ème vague du punk Californien, élevé au bon son de Bad Religion, des Descendents, des Circles Jerks ou de Black Flag dont il se réclame ouvertement. Leur punk rock fait ressortir tout le côté paradoxal des States. Une énergie positive incroyable mais une société très individualiste et donc énormément de laissés pour compte. L'énergie, le groupe s'en nourrit pour nous donner ce son ensoleillé ; la société pour leurs textes.
Never Gonna Die arrive 10 ans sans « vrai » album. Pour un groupe habitué à sortir une galette tous les 2 ans, ça fait baisser la moyenne. La dernière décade a été particulière pour Pennywise. Jim Lindberg, le vocaliste en chef s'est mis en retrait le temps d'écrire un bouquin et de réaliser un documentaire sur la paternité d'un punk-rocker (camarades papas, ou futurs papas… allez-y c'est instructif !). Il a même quitté le groupe car ne se reconnaissait plus forcément dans la musique de Pennywise. Au lieu d'exploser, le groupe a invité un autre cador de la scène à prendre le micro, Zoli de (l'excellent groupe HC mélodique) Ignite. D'aucuns diraient que ce n'était plus vraiment Pennywise… Pas faux.


Donc après ces 10 ans sans enregistrement dans sa configuration historique (à l'exception de Jason Thirsk, leur bassiste fondateur disparu en 1996 et remplacé par Randy), Pennywise se devait de revenir plus fort que jamais et démontrer à la scène punk internationale que jamais le groupe ne mourrait. Verdict ?
A la première écoute, je n'aime jamais les nouveaux albums de mes artistes préférés. Je ne reconnais pas leur son, je ne reconnais pas les morceaux, je n'arrive pas à rentrer dedans. C'est… bizarre. Certainement parce que le niveau d'attente est immense et que je me suis tellement approprié les compos précédentes à force d'écoutes, de lives, de vidéos, de reprises (oui j'ai su faire quelques power chords dans le temps…).
Et pourtant quelle claque on prend après la courte intro de Never Gonna Die, le premier morceau ! C'est rapide, direct, énergique : Pennywise quoi ! Les riffs sont mordants, la batterie furieuse, la voix puissante, et le refrain vient avec les oohs et aahs habituels. Le tout en pure vitesse.
Avant d'aller plus loin, j'aimerais mettre une note à l'attention des fans : cet album est typique de Pennywise. Pour les novices, cela signifie que vous trouverez un album rapide et mélodique et des riffs acérés « à la Pennywise ». Musicalement, les Californiens balancent des compos assez stéréotypées : 3 minutes max avec tout plein de harmonies et de back up vocals, peu de soli, pas ou peu de mid tempo, quasiment jamais d'intro. La marque de fabrique du groupe est de jouer très directement, sans fioriture et toujours avec une force positive. Autre caractéristique de Pennywise : un engagement marqué qui se retrouve dans les textes qui abordent souvent les dérives de la société, le temps qui passe et les tranches de vie en général.
Bon, revenons à Never Gonna Die, qui est un album plaisant à vrai dire. Pennywise reste dans son style, sans déroger à ce que le groupe fait de mieux : du punk-rock rapide et direct, sans concession. American Lies, Keep Moving On, A Little Hope et Won't Give Up The Fight (tellement classique !) sont d'excellents exemples du son des gars d'Hermosa Beach. Mélodiques, puissants, avec quelques dédoublements de guitare et les petits soli de Fletcher, California style, en prime.
Dans une tonalité plus mélancolique, les morceaux She Said, Goodbye Bad Times et Can't Be Ignored se succèdent en plein milieu de l'album. Ce dernier justement est plus travaillé et un peu plus long que les autres avec (petite) intro, (petit) break et même (petite) outro, mais quelle puissance des choeurs ! Une occasion réussie d'entendre Pennywise dans un registre un peu différent mais toujours efficace.
Définitivement plus classiques, on trouvera We Set Fire, All The Ways U Can Die ou Something New, qui complètent le track listing de ce nouvel album, finalement très bon.


Bon, je vais m'autoriser 2 petits reproches ; attention, c'est le fan de 25 ans qui parle. Celui qui a été élevé au bon punk rock des 90's sorti sur Epitaph, Fat Wreck, Nitro, Burning Heart et consorts. Le premier sur l'originalité. Pennywise, c'est comme Bad Religion : musicalement, on sait exactement à quoi s'en tenir, ça sonne… comme ça toujours sonné. Ce qu'on aime chez eux bien sûr, c'est leur régularité, leur engagement et leur profusion, leurs tournées, leur attitude irréprochable « hardcore till the day I die »... Mais si je compte bien, cela doit faire près de 150 compos avec les B-Sides et les unreleased. Et il faut reconnaitre qu'elles se ressemblent un peu. Beaucoup. Faut dire que ces beach boys-là ne sont pas avares en albums, puisqu'ils viennent nous présenter leur 12ème album studio. Mais voilà, depuis Straight Ahead (1999), j'attends toujours ce riff culte qui rendra un de leurs morceaux éternels, comme pouvaient l'être Perfect People, Homesick, Alien, ou le cultissime Bro Hymn, un des hymnes punk les plus connus et les plus aimés sur la scène.
Le second est plus ciblé. Je trouve qu'au fil des années et des albums, le drumming de Byron est rentré dans le rang. Plus traditionnel et moins démarqué qu'aux débuts du groupe. Alors j'ai envie de dire zut (oui, moi aussi je dénonce). Epoque About Time et Full Circle : Byron changeait de rythme aussi simplement que ça. Il ne tenait pas en place. La frénésie, la lourdeur de la frappe, les changements de cadences, les accélérations, les roulements, la variation sur les cymbales, etc. C'était… épileptique ! A mon sens, les 2 postes qui définissent l'identité d'un groupe, surtout dans le punk-rock, c'est la voix du chanteur of course, mais aussi la percussion. Et quand on connaît le talent de Lord Byron, c'est dommage d'entendre un beat aussi « classique ». Pennywise est un groupe emblématique, pour sa longévité, son engagement, sa musique, son authenticité. Mais aussi pour son batteur ; qu'on ne s'y trompe pas ! Qui aime bien châtie bien. Moi, je suis un inconditionnel.


Et voilà, le temps d'écrire ces quelques lignes, cela fait 50 fois que j'écoute ce nouvel album. Et comme à chaque fois que j'écoute 50 fois un nouvel album de mon groupe préféré, eh ben je finis par l'adorer. Et après 10 ans d'absence studio, savoir que Pennywise revient pour de bon, c'est que du bonheur pour nos oreilles.
Ce n'est peut-être pas leur meilleur album, mais Never Gonna Die reste quand même un excellent album de punk-rock, fidèle au son de Pennywise. L'album résume exactement ce que représente le groupe sur la scène punk rock : un monument qui ne mourra jamais.