Netherworld Orange
Enora
Journaliste

PISTOL STAR

«« Netherworld Orange », un album poétique et élégant dans la plus pure tradition américaine mais qui s'enferme dans l'old school et finit par stagner »

11 titres
Folk Indus
Durée: 39 mn
Sortie le 28/09/2018
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Le quatuor américain et français de Pistol Star se compose de Paul Kimble, Johnny Nails, David Comby et William Bridoux et nous propose aujourd'hui un premier album, « Netherworld Orange » ; une création sortie de l'esprit étrange et poétique de Paul Kimble et mise en musique par ses compagnons.

L'ouverture douce mais entraînante de ‘Please Come Home' laisse sans peine deviner un titre dansant, marqué par un clavier old school et une voix, en contraste, plutôt grave. Un à un, les éléments musicaux se superposent avec tout d'abord un piano, puis des choeurs, puis une seconde ligne de chant, dans le sillage de la première. On sentirait presque des influences psychédéliques derrière ce titre. Dans un registre plus langoureux mais aussi plus sombre, on découvre ‘Say Something' dont les guitares, tantôt acoustiques tantôt hyper saturées, transpirent la mélancolie. Au contraire, ‘America Dreams' est comme un lever de soleil qu'on admirerait depuis le sommet d'une montagne après une longue marche dans le noir et le froid. La rythmique douce nous berce, comme les derniers pas que nous faisons jusqu'à être accueillis par de chauds rayons qui prennent la forme de la voix réconfortante du chanteur, parfois accompagné de choeurs dans la plus pure tradition musicale américaine. Après ce moment de grâce, Pistol Star nous replonge dans quelque chose d'assez daté musicalement avec ‘Mersey Beat', qui plaira sans doute aux nostalgiques un peu originaux car c'est bien ce petit grain de folie qui sert de fil conducteur à l'album. On ferme les yeux et on se laisse porter par les harmonies vocales.

Si ‘America Dreams' nous avait convaincu, c'était bien le seul morceau pleinement satisfaisant que nous avions trouvé jusque là, mais ‘Fascist Champ Agne' arrive à point nommé pour proposer une balade aérienne, voire spatiale par moments, où les influences dans lesquelles puisent le groupe semble aller du Blues à David Bowie. ‘Jennifer Blu' est typiquement la chanson douce et planante que tout bon album de Folk américain se doit de comporter, et Pistol Star signe ici quelque chose d'assez personnel qui se démarque par sa sobriété et son élégance. Le groupe préserve cette ambiance étrange et douce-amère avec ‘Cry' qui nous emporte un peu plus loin vers les étoiles. ‘Opportunity' est une transition instrumentale d'une minute vaguement inquiétante mais qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, passons. Pistol Star semble se complaire dans des compositions évoquant une certaine torpeur, mi-agréable, mi-angoissante, mais toujours perchée, et ‘Oh Peg' continue dans cette voie, de façon plus fantomatique et minimaliste. On retrouve le piano sur ‘Diamond', mais on commence également un peu à s'ennuyer tant le groupe réutilise encore et toujours les mêmes outils à savoir des choeurs vocaux très beaux et bien maîtrisés, des guitares douces ou une mélodie au clavier, et un ton rêveur. Autant vous dire que, quand les violons font leur entrée, on n'y croit plus trop.

Heureusement que la classique mais efficace ‘Countess And I' clôt cet album sur une note positive et nous enveloppe dans la voix suave du frontman. « Netherworld Orange » se défend et propose quelque chose de doux, délicat mais aussi très américain. Les deux principaux défauts de cet opus sont son côté trop old school et un manque cruel de progression au cours de l'album qui finit par tourner en rond mais Pistol Star parvient à nous proposer un univers assez personnel, parfois enfantin et toujours onirique qui a son charme.


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