Ode to the Flame
Anibal BERITH
Journaliste

MANTAR

10 titres
Sludge Metal
Durée: 44 mn
Sortie le 15/04/2016
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Seulement quatre ans d'existence pour ce "two men band" allemand et déjà un second album à leur actif plein de maturité. Erinc (chant/batterie) et Hanno (chant/guitare) se sont rencontrés dans un bar dans lequel jouait régulièrement Hanno avec son groupe de punk. L'alchimie des deux artistes fut instantanée si bien qu'ils décidèrent de former leur propre groupe. Mantar était né!
Bercé à la sauce AC/DC et The Melvins avec une dose de black metal et de punk et vous avez l'univers de Mantar qui propose une sorte de sludge metal à la couleur légèrement teintée black (voix) et punk (riffs) avec un gros son heavy et une ambiance bien lourde (doom).
C'est donc sur 3/4 d'heure en dix actes que les allemands emportent leurs auditeur dans une atmosphère qu'ils maitrisent et qui marquent toute la différence avec leur premier album "Death by Burning". Après 150 show donnés en deux ans, Erinc et Hanno savent ce qu'ils veulent jouer et surtout savent ce qu'ils ne veulent plus jouer.

"Ode to the Flame" débute par le titre 'Carnal Rising' qui sur un peu plus de 2 minutes 1/2 annonce la couleur. Gros son, riffs lancinants et prolongés, mid tempo, plan plus dynamiques et chant black éraillé et non hurlé. C'est sombre, grisâtre créant une atmosphère lourde. Déjà sur la courte durée de ce titre, on ressent de nombreuses influences et surtout de la variété. Tout naturellement, l'album enchaine sur 'Praise the Plague' avec sa mélodie qui s'imprime dans le cerveau et ne vous lâche plus. C'est rythmé toujours un tempo median, le chant est un peu plus torturé ici et les plans heavy des 80's plus affirmés, période qui a marqué et influencé les deux allemands.
Les deux titres suivants 'Era Borealis' et 'The Hint' changent radicalement de style en proposant quelque chose de beaucoup plus lourd, moins rythmé avec des blasts écrasés. A contrario de 'Born Reversed' qui bien que sinistre par son côté black metal offre des plans plus variés et une dynamique plus affirmée.
'Oz' est particulièrement bien positionné à la suite car il a un tempo plus punk au départ pour virer sludge assez rapidement avec un effet sonore envoûtant et un gros son par des riffs appuyés dans le temps. Cependant, l'empreinte punk rôde en permanence sur cette composition.

Pour dérouter son public, Mantar se jouera de ce dernier avec 'I, Omen' et son intro au clavecin... on se croirait à l'église. Bien que les plans principaux soient plus agressifs et assez torturés, le côté religieux plane ce qui est d'ailleurs intéressant dans l'approche artistique du combo qui ne traite pas de religion dans ses textes et dont l'importance est donnée à la musique et à l'ambiance dégagée.
C'est ainsi que nous (re)entrons dans l'univers heavy metal des 80's avec 'Cross the Cross' qui est le titre qui correspond le plus à l'univers Mantar et qui sera choisi pour le vidéo clip promotionnel (voir lien vidéo sur cette chronique).
En suivant et en se rapprochant de la fin de la galette, nous avons 'Schwanenstein' qui est la chanson préférée d' Erinc par le côté émotionnel qu'elle dégage de par l'histoire qu'elle raconte (pour en savoir plus, je vous invite à lire l'interview de Mantar eu suivant ce lien www.unitedrocknations.com/interviews-int.......3) .
'Sundowning' clôturera "Ode to the Flame" dans une ambiance lourde, aux riffs résonnants et gras sur un tempo très lent avec des blasts espacés et assommants. Ca sonne heavy, ça tabasse les méninges, le son dégagé est impactant et pénétrant donnant une ambiance générale dérangeante. C'est doom...

Un album très intéressant que je vous invite à écouter rapidement. Pas facile de pénétrer l'univers de Mantar mais après plusieurs écoutes, on en redemande et les 44'05" de la galette ne sont pas suffisantes tellement on est imprégné et embarqué de titre en titre dans une variété inlassable.

Anibal Berith
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