Catharsys
The Effigy
Journaliste (Belgique)

MACHINE HEAD

«Un nouvel album différent des productions récentes du groupe pour Machine Head. Le groupe s'est fait plaisir, à vous d'en faire de même à son écoute !»

15 titres
Groove/Thrash Metal, Nu-Metal
Durée: 74 mn
Sortie le 26/01/2018
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Lassé des déboires de VIO-LENCE avec les labels et la censure, Robert Flynn crée MACHINE HEAD avec son ami Adam Duce à la basse en 1991. Alors que l'Amérique peine à accrocher au groupe, l'Europe y adhère assez rapidement et le premier album Burn My Eyes sortit en 1994 est encore dans le coeur de nombreux fans. Les premières divisions dans les rangs du public surviennent à la sortie du troisième album The Burning Red en 1999, ce qui n'empêche nullement le groupe d'agrandir sa renommée malgré tout. Supercharger sortit deux ans plus tard sera un échec commercial et M.H. se retrouve sans contrat, sans label.

Heureusement, dès l'album suivant ; Through The Ashes Of Empires, MACHINE HEAD ne cesse de sortir des albums de qualités. La pierre angulaire dans la discographie du groupe restera certainement à vie The Blakening que l'on peut rapprocher au niveau d'importance à ce que Reign In Blood fût pour SLAYER. Alors qu'en est-il maintenant avec un Rob Flynn qui s'épanche autant politiquement que musicalement pour ce nouvel album « Catharsys » ?

Commençons par évacuer ce qui fait le plus mal. Les textes seront imbuvable pour une partie du public, prendre des positions d'accord, mais la politique dans la chanson ne fait que diviser les fans selon leurs propres consciences politiques. D'autant qu'une analyse réelle peut se faire mais ici, il s'agit uniquement de coups de gueules irréfléchis de la part d'un adulte qui ne connaît que les grands titres de presse. Bref, des sois disant dénonciations qui ne possèdent aucuns arguments crédibles ne serviront au bout du compte qu'à diviser des humains qui n'ont aucun besoin de l'être encore plus qu'ils ne le sont déjà à l'heure actuelle. Il aurait été préférable d'être rassembleur sur le point commun qu'est la musique. Mais ce n'est qu'un avis, qui est le mien, tout comme Robb possède le sien. Ne considérez donc pas ceci comme une critique mais plutôt comme un avis contraire. Il y a toujours du pour et du contre dans tout les arguments.

Par contre côté musical, « Volatil » donne le coup d'envoi dans un typique Machine Head à l'ancienne. Malgré tout, les pré-refrains et refrains sont plus proches des dernières productions. Ce qui est certain aussi, c'est que Robb réussi toujours vocalement à ressortir une rage en studio assez bluffante. Il est toujours convaincant et le sera tout au long de l'album. Le titre éponyme prend le temps de s'installer. Effets divers, instruments VST, montée du son avant un riff bien thrash. L'agressivité sera en opposition à ce refrain sous mixé au départ. Manipulation de studio renforçant l'ambiance pour magnifier la mélodie lorsque qu'elle sera à bonne hauteur dans le mix.

Vient le premier titre dévoilé sur le net en novembre dernier. « Beyond The Pale » a malheureusement fait parlé de lui en tant que rip-off du titre « Love » de DEVIN TOWNSEND. Celui-ci a bien entendu enterré directement l'affaire avec classe comme il sait si bien le faire. Si nous enlevons ce faux pas, le titre est bien agréable, une bonne rythmique bien appuyée, un pré-refrain dans la veine de l'album Locust et un break suivi d'un duo de guitare comme on les aime. L'entrée de « California Bleeding fera son effet sur scène. Le titre est beaucoup plus simple dans sa conception mais reste efficace en nous ramenant dans le monde du vieux Machine Head.

« Triple Beam » , où comment ramener certains défauts au premier plan. Le titre se contente de riffs entendu mille fois il y a déjà vingt ans. Le phrasé plus rap n'apporte rien de plus et le refrain bien mélodieux ne possède pas l'accroche nécessaire pour rattraper le coup. Le dernier titre dévoilé sur le net «Kaléidoscope » mise avant tout sur l'efficacité. Bien rentre dedans, celui-ci n'oublie pas la mélodie malgré la hargne mise en avant par les passages des couplets. La recette de composition est toutefois calquée sur le traditionnel avec le ralentissement habituel sur la fin du titre.

Le fameux « Bastard » déjà dévoilé sur le net avec sa tonne de critiques de la part de nombreux fans arrive mélodiquement à apaiser les esprits si l'on suit l'envie de voyager sur d'autres mondes musicaux comme le groupe en à eu l'envie. Pour les autres, le débat continuera sur un texte d'adolescents en manques de sensation. La batterie donne les premières notes sur « Hope Begets Hope ». Il est courant d'avoir un bon morceau avec le groupe, malheureusement, nous nous contenterons d'un titre moyen alternant passages lent et pêchu. Les lignes à deux guitares sont toutefois bien travaillée, mais encore une fois, il manque le petit quelque chose pour en faire un bon morceau.

« Screaming At The sun » possède une belle lourdeur pour appuyer la rage du chant. Les choeurs en descentes donnent une ambiance sur une phrase dotée d'effets vocaux comme ALICE IN CHAINS pouvait le pratiquer à sa grande époque. Il est temps de sortir les violons, enfin, sortons les guitares sèches tout d'abord avec « Behind A Mask ». Ce slow peut très bien ne pas être ce qu'un fan attend du groupe, mais le travail exécuté est bon. Pas mémorable, la mélodie du refrain est entêtante malgré tout et puis surtout, ce court passage solo, efficace à cent pour cent.

Voici donc les violons attendus avec le plus long titre de l'album. Avec plus de huit minutes au compteur, « Heavy Lies The Crown » prend le temps de poser le contexte musical dans une ambiance plus inquiétante. Le côté épique des derniers albums repointe donc le bout de son nez et c'est une bonne, très bonne chose pour l'auditeur. Les différents passages permettent enfin de jouer aux montagnes russes en passant par divers niveaux et révélant ainsi une inspiration revenue à un très bon niveau. « Psychotic » reviens à la facilité des phrases enragées déclinées sur un accord lâché ou sur une rythmique basse-batterie, c'est selon les instants. Assez banal.

Nous arrivons sur le titre qui me laisse un sentiment mitigé. « Grind You Down » n'est pas égal sur tout ses passages malheureusement par contre la partie la plus originale et simplement magnifique nous renvoie clairement à TOOL. C'est d'ailleurs le seul passage qui reste gravé en tête pour la journée. Dommage qu'il soit sous exploité. L'avant dernier titre de ce nouvel album de MOTORHEAD, pardon, nous voulions dire MACHINE HEAD. « Razorblade Smile » est donc très influencé, pas dans le jeux mais, je vous laisse découvrir par vous même, vous ne pourrez pas passez à côté. Le titre final « Eulogy » est ce que l'on déterminera comme un morceau d'ambiance. Deux tiers de douceur pour la déclamation du texte et un dernier tiers renforcé par la guitare électrique. Une sortie en douceur de ce Catharsys.

Le net déclenche déjà ses polémiques avec les pour et les contre MACHINE HEAD, pendant ce temps Robb n'en a cure et il a bien raison. Au bout du compte, il a suivi son instinct et ses envies, et certains le traitent de vendu. Personnellement je pense l'inverse, il ne se préoccupe pas de ce que l'on attend de lui, il n'est donc pas vendu. Le résultat est satisfaisant mais il n'atteint pas la qualité des trois derniers albums en date. Et si c'est album satisfaisant de quinze titres avait été expurgé du trop plein, nous aurions entre les mains un bon album de onze titres. Trop n'est pas l'apanage du mieux. Mais le groupe s'est fait plaisir, alors soyons heureux pour lui.
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