SCHATTENMANN
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Industrial Metal

Licht An
Enora
Journaliste

SCHATTENMANN

«« Licht An », un album aux morceaux très entraînants et, que vous aimiez ou non l'Indus, laissez-vous emporter dans l'univers de Schattenmann»

13 titres
Industrial Metal
Durée: 50 mn
Sortie le 02/03/2018
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C'est en 2016 que les Allemands Frank Herzig (chant), Jan Suk (guitare), Luke Shook (basse) et Nils Kinzig (batterie) s'associent pour créer Schattenmann, « L'Homme de l'Ombre » en français. S'inspirant à la fois de la Neue Deutsche Härte, mais aussi du Metal Industriel et de l'univers Gothique, le groupe compose « Licht An » et baptisent leur style Neue Deutsche Härte 2.0 ! L'album fait sensation dans la scène underground et des clips sont tournés pour certains titres, afin de rendre l'univers du quatuor plus visuel. Passons à la musique !

Les Allemands ont choisi le titre éponyme pour débuter ce premier album avec, vous vous en doutez, « Licht An », un mélange d'Electro-Gothic et de guitares saturées, pour un chant agressif en allemand. Les samples ajoutent une touche dansante aux riffs agressifs du combo, alors que la basse est mise en avant sous le son tranchant de la guitare. Le groupe trouve un bon équilibre qui met en confiance quant à la suite. Schattenmann continue avec « Brennendes Eis », qui emprunte autant à Rammstein qu'à Rob Zombie mais sur une ambiance qui rappelle plus l'envie que nous donne le chanteur américain de danser. Ce n'est donc pas simplement de l'Indus froid et distant comme beaucoup le font mais quelque chose de plus chaud et convivial que nous propose le groupe. Même les parties leads sont enjouées, et les paroles, bien qu'incompréhensibles pour moi, puisque je ne parle pas cette langue, s'incrustent petit à petit dans notre esprit. Une petite accalmie sur « Gekentert » et son sample introductif très planant. La rythmique donne l'impression d'envoyer des vagues d'énergies plus ou moins fortes, et Frank Herzig parvient sans soucis à transmettre des émotions plus ou moins puissantes grâce à sa voix.

Le clavier présent sur « Zahn Der Zeit » donne une atmosphère assez mélancolique à ce titre, et, même lorsque les autres instruments se joignent à l'ensemble, c'est cette tristesse qui garde le dessus. Le groupe reprend du poil de la bête avec « AMOK », une composition plus agressive. La voix du chanteur est presque criée, et les breaks, qui la relèguent au second plan, parviennent à renforcer l'explosion de la rythmique qui suit. Le refrain de « Generation Sex » est particulièrement malsain grâce à la voix d'enfant qui chante à tue-tête, mais ce n'est pas le seul élément intéressant. En effet, l'abondance d'effets et de samples Goth, ainsi que les rares hurlements me donnent une folle envie de headbanguer sur ces riffs lourds, qui se terminent trop tôt à mon goût. Sans perdre une minute, on enchaîne sur « 9mm », un titre assez martial et qui reste dans l'esprit Electronic Body Music des pionniers comme Suicide Commando et Combichrist, qui fera probablement de l'effet en live.

« Krieger Des Licht » est beaucoup adouci par des nappes de clavier, ce qui empêche la guitare de vraiment exploiter tout son potentiel, alors que pour « Trümmer Un Staub », on a l'impression d'entendre une ballade Gothique au son saccadé. On repart sur un style plus traditionnel avec « Schattenmann », mais avec une rythmique persistante dont vous vous souviendrez longtemps, mais le groupe ne compte pas s'arrêter là ! Une ambiance discothèque underground pour « Böser Mann » avec des sons que l'on entendait déjà il y a des années dans le Disco vous fera peut-être danser, mais je trouve quand même que cette composition est un cran en dessous des précédentes. Plus entraînante, mais aussi plus lente, « Rot » ne laisse aucun doute quand aux influences de Frank pour son chant, mais la surprise viendra du dernier titre. Une reprise acoustique de « Gekentert », qui met en avant la voix du leader et qui lui permet de nous transmettre toute son intensité sans aucun artifice. Une fin parfaite.

Que vous aimiez ou non l'Industrial Metal, vous serez forcés de reconnaître qu'au moins certains titres de « Licht An » sont très entraînants, et il est finalement assez facile de se laisser prendre dans l'univers de Schattenmann. Le groupe semble avoir un bel avenir devant lui, et si le deuxième album est au moins aussi bon que celui ci, il y a fort à parier que nous les verrons arpenter nos scènes d'ici peu ! Attention tout de même à quelques baisses de régime inattendues qui peuvent parfois laisser redescendre la pression, mais on leur pardonne pour cette fois !