IMPUREZA
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Death Metal with Flamenco elements

La caída de Tonatiuh
Anibal BERITH
Journaliste

IMPUREZA

«Album techniquement et artistiquement proche de la perfection mais dont le ressenti émotionnel reste mitigé par un style trop atypique.»

12 titres
Death Metal with Flamenco elements
Durée: 50 mn
Sortie le 10/11/2017
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Formé en 2004 par Lionel Cano Muñoz (Lionelito), Impureza officie dans un style unique associant musique traditionnelle espagnole, flamenco et brutal tech death. A la tête de nombreuses démo et split, c'est en 2010 que le combo dévoile son premier album intitulé ''La iglesia del odio''. Pionnier du genre et chantant en espagnol, le quintet se fait remarquer et fera la promotion de son art au cours de tournées partagées avec Gojira, Suffocation, Cattle Decapitation et Benighted. Rapidement le surnom de ''French Nile'' lui sera donné de part ses intégrations de musique espagnole et ses interludes flamenco ponctuant l'album.

Avec de nouveaux membres en les personnes de Florian Saillard (Basse fretless depuis 2013), Esteban Martin (chant depuis 2013) et Olivier Hanoulle (guitare rythmique depuis 2017) accompagnant Lionel et Guilhermo (Guilhem Auge, batterie depuis 2006), Impureza signe avec Season Of Mist et nous délivre un second opus ''La caída de Tonatiuh''.
Respectant les racines du groupe, l'album a été produit et enregistré par Sylvain Biguet (Klone, Trepalium) et mastérisé par le vainqueur de 3 Grammy Awards, Bob Katz qui réussi à mixer les sonorités agressives du brutal death à la beauté du flamenco traditionnel.

S'articulant sur 12 pistes et 50 minutes, Impureza délivre son art comme il sait si bien le faire en ponctuant le disque d'intégrations de musique traditionnelle espagnole dès le titre introductif de la galette de plus de 3 minutes ''Lamentos de un condenado'' et au cours des interludes ''El Dorado'' et ''Corazón al cielo (Homenaje a Paco de Lucía)''.

Les autres chansons sont clairement orientées brutal tech death au cours desquelles les parties instrumentales sont mises à l'honneur (''Otumba, 1520'', ''Leyenda negra'') même si l'on ressent par moment l'inspiration old school des musiciens (''Camino hacia Mictlán'' et ''La llegada de los Teules''). Les intros sont longues et permettent de bien positionner les accords et de mettre en place l'univers afin d'intégrer les parties chantées aux parties growlées, le tout en espagnol bien évidemment. Au cours de l'écoute, on sent que le travail de production est parfaitement abouti puisque chaque instrument trouve sa place créant un parfait équilibre et du volume.
Les titres s'enchaînent avec logique et nuance sur une moyenne de 5 minutes pour chacun d'eux, timing idéal permettant de placer toutes les richesses techniques du combo franco-espagnol.

Se démarquent ''Sangre para los dioses'', ''El nuevo reino de los ahorcados'', ''La caída de Tonatiuh'' qui offrent des passages flamenco plus marqués dans la tracklist et ''Abre-aguas (En la tormenta de Tlaloc)'' par son côté incantatoire.

Malgré toutes ces qualités techniques et artistiques, il n'empêche que le mélange de ces deux genres (musique traditionnelle espagnole et brutal tech death) est assez déroutant et plusieurs écoutes seront nécessaires pour se familiariser avec cet univers unique. Cependant l'album est assez varié et propose des alternatives old school qui coupe avec le style atypique du quintet tout en conservant la touche brutale (chant, son, rapidité et précision d'exécution). A découvrir en live pour se rendre compte de la puissance des chansons et de voir si ce surnom de ''French Nile'' est mérité.

Anibal Berith.