Life
Enora
Journaliste

JONO

«''Life'', un album mais aussi et surtout un voyage, une création, une envolée dans un univers unique»

10 titres
Progressive Metal
Durée: 58 mn
Sortie le 01/12/2017
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Jono est un groupe suédois de Progressive Metal dont le premier album, « Requiem », est sorti en 2013. Ils semblent être restés assez discrets et peu connus en France mais « Life », leur dernier album, est peut être l'occasion de corriger ça !

On met directement les pieds dans un univers musical qui rappelle presque le Dark Cabaret avec « Sailors », le premier morceau. Le piano et la rythmique créent une atmosphère dansante que la voix et les guitares rendent plus mystérieuse et sombre. Ne soyez pas surpris par la diversité des voix du chanteur, il semble avoir un monde bien à lui ! Le ton est bien plus électronique sur « Crown » mais le clavier confère une certaine légèreté au morceau. Finalement, il se mue en un piano mélodique et doux qui plane au dessus des riffs, pourtant assez lourds. Le groupe nourrit toujours un aspect étrange et intriguant et cette chanson semble être un jeu d'ombres et de lumières où les passages calmes se substituent sans cesses à d'autres, plus noirs. Par moment, on sent bien plus les influences Sympho de Jono, et je parie que le groupe nous réserve encore beaucoup de surprises ! Mélancolie et power ballad sont les maîtres-mots pour décrire « No Return » qui bénéficie d'une partie instrumentale en retrait et d'une voix intense et puissante.

« On The Other Side » a réellement un côté théâtral tant Johan Norrby semble s'amuser à exagérer son articulation et l'émotion qu'il met dans chaque phrase. La rythmique occupe le centre du morceau, tout en restant relativement simple ; vous n'aurez aucun mal à taper du pied sur ce morceau pourtant original. Autant être honnête, mieux vaut aimer le Prog pour apprécier pleinement cet album. Avec « Downside », on continue dans la lancée un peu Cabaret que j'ai déjà évoquée au début de cette chronique. Le piano et la rythmique tiennent un grand rôle dans ce ressenti, d'autant plus que l'investissement du chanteur rappelle des morceaux comme les musiques des films de Tim Burton. Jono ne se refuse rien et ça fait un bien fou de sentir un groupe aussi libre, libre de jouer la musique qui leur plaît, libre de nous emporter avec eux dans un univers construit mais sans cesses évoluant à la manière d'Alice au pays des Merveilles. Car il s'agit bien de ça : tomber dans un terrier étrange et traverses des contrées aussi diverses que riches, sans pour autant qu'elles aient un sens, d'ailleurs, la musique a-t-elle besoin d'en avoir un ?

L'album se fait plus apaisé et presque reposant avec le titre « To Be Near You ». Cette impression est renforcée par le contraste avec les morceaux précédents puisque la ligne musicale est plus douce, bien que le chanteur continue de se (sur)impliquer dans certains passages. J'avoue commencer ) être déçue avec « My Love » car le groupe, qui m'a très agréablement surprise au début, n'arrive plus à se dégager de l'atmosphère des premiers morceaux et on retrouve encore et toujours une rythmique traînante mais dansante, le piano et la voix théâtrale… Heureusement que « The Magician » prend un virage bien plus Hard Rock avec un retour en force des guitares ! Dans ce même esprit, le groupe propose un morceau Blues détendu avec « Trust », qui ne laisse cependant pas un grand souvenir. Et cet album s'achève tout en légèreté avec « The March », un duo voix-piano aérien.

En fin d'écoute, mon avis est plutôt mitigé. J'ai été très enthousiasmée par la richesse de la proposition musicale de Jono, les morceaux allant crescendo et m'emportant un peu plus à chaque mesure, mais, au bout d'un moment, le manque d'évolution et de dynamique se fait cruellement sentir. Le dernier morceau est cependant très soigné et laisse un souvenir agréable, à suivre donc…

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