Hydrograd
Enora
Journaliste

STONE SOUR

«''Hydrograd'', Stone Sour n'en démord pas et nous offre un album avec ce qu'ils font de meilleur»

15 titres
Métal
Durée: 65 mn
Sortie le 30/06/2017
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Personne n'a besoin d'une présentation de Stone Sour, parce que vous avez tous entendu au moins un titre du deuxième projet de Corey Taylor (chant, également chanteur de Slipknot), même sans le savoir. Débuté en 1992, puis stoppé en 1997 car Slipknot était beaucoup trop chronophage pour lui, Corey a écrit cinq albums avec son ami Jim Root (guitariste, également dans Slipknot) avant que ce dernier ne quitte le groupe. Seul Josh Rand (guitare) était donc présent aux balbutiements du groupe, mais le reste du line-up est tout aussi motivé : Roy Mayorga (ex-Soulfly), Johny Chow (basse) et Christian Martucci (guitare). Hydrograd, leur dernier album, vient de sortir, et on sent que les américains ne sont pas là pour vendre des dés à coudre.

On débute sur ''Ysif'', une introduction qui met l'eau à la bouche, et qui enchaîne directement avec ''Taipei Person/Allah Tea''. Malgré son titre assez borderline, cette composition est réellement efficace. Autant au niveau de la rythmique que de la voix de Corey Taylor est motivante et puissante, mais c'est avec ''Knievel Has Landed'' que le chanteur poussera sa voix comme sur les derniers albums. La basse occupe énormément de place dans la rythmique, et les frappes de Roy Mayorga sont chirurgicales. Pour ''Hydrograd'', titre éponyme, ce sera la même recette, ainsi que pour l'énigmatique ''Song#3''. Un Metal Alternatif simple mais efficace, et avec une ambiance toute particulière.

Un peu plus énervés que sur les titres précédents, ''Fabuless'' jouera sur une voix presque screamée et une rythmique torturée pour convaincre un public déjà acquis à leur cause, alors que ''The Witness Tree'' semble un peu plus technique et longue à se mettre en place. Son ambiance mélancolique vous mettra parfaitement en phase avec l'esprit du groupe pour ''Rose Red Violent Blue (This Song Is Dumb & So Am I)'', que je crois être inspirée d'un même. Alors que le titre démarre très lentement, une rythmique lourde reprend le dessus pour le refrain.

Sur ''Thanks God It's Over'', on sentira beaucoup plus des racines Rock et Blues, mais le groupe se montrera plutôt calme à nouveau avec ''St Marie''. Une nouvelle ballade acoustique à ajouter au répertoire du groupe, toujours aussi planante que les précédentes. Revenant au son puissant qui les caractérise sur ''Mercy'', le groupe signe ici un titre qui peut vous retourner une fosse en un rien de temps, et enchaîne avec ''Whiplash Pants'', un titre que je trouve particulièrement groovy. La basse y est évidemment pour beaucoup, alors que les guitares semblent la suivre. Si vous aimez les sonorités stoner, alors jetez-vous sur ''Friday Kinghts'', c'est un conseil d'ami.

''Somebody Stole My Eyes'' nous fera revenir au Metal énergique de Stone Sour, mais avec toujours cette nouvelle touche sombre, pendant que ''When The Fever Broke'' reprend les tonalités acoustiques. Un titre à nouveau mélancolique, mais qui fera des ravages sur scène. ''Unchained'' ne surprendra que par le cri du début, mais c'est un titre plutôt basique, alors que le sample de ''Burn-One-Turn-One'' instaurera une ambiance glauque qui ne disparaîtra qu'avec l'arrivée de ''The Pessimist'', dernier titre dont l'introduction semble presque trop violente pour les américains. Dévoilant une facette dotée d'une énergie insoupçonnée, Stone Sour finit finalement par nous surprendre.

Que vous débutiez dans le Metal ou que vous en écoutiez depuis tout petit, je suis pense qu'au moins un des titres de cet album éclectique vous parlera un minimum. L'énergie est la ligne directrice de cet album, que Stone Sour viendra défendre à Paris prochainement. Vous êtes prêts ? Parce qu'eux semblent l'être !