The Blood Of Gods
Jim
Journaliste

GWAR

«Une odyssée punk, metal, glam, heavy, rock… et propre !»

12 titres
Various
Durée: 56 mn
Sortie le 20/10/2017
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C'est par quelques incantations que les affreux de GWAR commencent leur tout dernier album The Blood Of Gods. A peine le temps de se mettre dans l'ambiance et les guitares rugissent déjà. Ça sent le morceau qui ouvrira pour les sets avec un démarrage lourd et plein de promesses.

L'Apocalypse déclenchée, c'est du bon vieux garage de club enfumé qui nous attend avec Viking Death Machine. De la grosse basse, des solos de guitare et une bonne rythmique qui va bien. Ça commence bien…

On entre ensuite sans transition dans une comédie musicale prête pour Halloween, à la croisée du glam, du jazz et des Blues Brothers version heavy. Plusieurs voix se mêlent et c'est tout un acte musical qui se tient juste avant d'enchainer par un bout de chemin sur la route 66. Là, on fait chauffer la wah wah et c'est carrément ZZ Top qui ressuscite.

Auroch démarre ensuite avec un gros riff punk-rock qui pose directement les bases et qui nous emmène petit à petit sur des gros solos métal qui rappellent l'excellent et peu connu « Undisputed Attitude » de Slayer. C'est l'album où les californiens se sont fait plaisir en reprenant à leur sauce les titres des groupes punk qui les ont influencé.

Mais revenons à nos (gentilles) créatures de Gwar qui enchainent donc leurs propres morceaux de manière assez efficace, il faut le reconnaître. Si l'album est assez varié et montre un éventail d'influences assez large, les bestiaux sont plutôt cohérents et offrent une bonne qualité de compos et de son au fil de l'album. Bon, un peu moins sur The Sordid Soliloquy of Sawborg Destructo où le titre se suffit à lui-même et évite au groupe de livrer une musique digne d'intérêt.

Retour au choses sérieuses et à un son heavy avec le morceau suivant. C'est rock n'roll à souhait et là, c'est Ugly Kid Joe qu'on dépoussière en 3 minutes et quelques. Tout ça pour nous préparer à du speed punk, avec des riffs hachurés et encore un petit clin d'oeil à Slayer et leurs covers, avant de verser, malheureusement, dans des chants lyriques pas vraiment indispensables…

La fin de l'album est proche, et ça s'entend. Fuck This Place fait une belle epic song en jouant sur des sonorités très punk US old school. Le genre de morceau qui reste en tête grâce au petit riff d'intro qui reviendra régulièrement tout au long de la chanson et du refrain, simple, efficace et évident !

L'avant dernier morceau sonne le retrait des guerriers, fatigués mais toujours poètes ; en témoignent les instruments qui résonnent pendant que le chanteur hurle après un Phantom Limb. Ça mériterait plus de choeurs d'ailleurs pour porter la voix et la mélancolie de cette tirade encore plus loin.

Derniers accords assez étonnants en conclusion de ce très bon opus, et là on se retrouve West Coast sur une planche de surf en train d'écouter du radio rock revisité. Ça ressemble à un bonus track avec une ambiance festive et légère là où tout le reste de l'album a été plutôt heavy et doucement agressif.

Au final, The Blood Of Gods est un album qui réussit à emmener l'auditeur dans une odyssée punk, metal, glam, heavy, rock… assez propre ! On pouvait s'attendre à quelque chose de plus gras, de plus infernal, sûrement biaisé par l'univers visuel de Gwar. Mais à part une tendance à faire un peu trop durer les morceaux et
certains solos, les américains livrent ici un bel effort musical et même visuel.

Et même pas dérangeant…