From Agony To Transcendance
Julien Pingenot
Journaliste

NEPHREN-KA

«Avec cet album, Nephren-ka nous gratifie de son meilleur album et rivalise sans problème avec des pionniers du genre comme Origin notamment.»

10 titres
Death Metal
Durée: 44 mn
Sortie le 25/07/2021
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Actifs depuis une bonne quinzaine d'années, les auvergnats de Nephren-Ka ne cessent de nous délivrer un brutal death technique très fortement inspiré de littérature fantastique et SF. Notamment l'incontournable DUNE de Franck Herbert qui imprègne toute la discographie. N'étant que très peu familier de cet univers, je ne m'attarderai pas plus sur la facette « littéraire » du groupe. Donc, pour vous accompagner pendant un été 2021 qui s'annonce déjà très chaud, Nephren-Ka revient avec son troisième album « From Agony to Transcendance », premier album avec le nouveau bassiste et vocaliste.

D'emblée le ton est donné, un déluge de notes supersoniques nous attaque dès la première seconde de « L'abomination ». Et simplement avec ce premier morceau, nous pouvons constater la grande technicité du groupe. Cela joue très vite, nous faisant directement penser à la frénésie d'un Origin que le groupe revendique comme influence majeure. Cette rapidité participe grandement au côté brutal du groupe, les notes nous martèlent le crâne si bien que pour les non habitués cela peut être vraiment perturbant. Cette technicité s'exprime via un panel de techniques très ample, ce qui donne beaucoup de corps à l'album et qui garanti un potentiel de réécoute conséquent, vu qu'il est assez facile de se perdre tant le nombre d'informations est intense. Le jeu est chirurgical, et ce côté minutieux s'exprime pleinement lorsqu'un solo démarre comme sur « Corioli Storm » ou bien « Sedition ».

Bien que jouant dans des tempos très rapide, quand il le faut, le groupe sait ralentir la cadence pour varier son spectre musical notamment sur « Levenbrech Sardaukar » et « Conspiracy for the Fall of the Atreides and the Reclaim of the Golden Lion's Throne », qui me font beaucoup penser à Nile. Ces riffs plus mid-tempo apportent de la couleur à l'album et montrent le talent de composition du groupe qui a su ne pas tomber dans le piège de la surenchère trop facile. Par contre, là où il faut de la surenchère, c'est bien dans les breaks et les auvergnats ne se sont pas privés. L'album nous gratifie de breaks bien brutaux et surtout bien amenés notamment sur les morceaux « Visions of The Secher Nbiw » ou encore « Sedition » (cette basse est délicieuse !).

Dans son ensemble, l'album est plaisant si on se concentre sur l'écoute. En effet, c'est un peu le soucis que j'ai avec beaucoup d'albums dans ce style, Brutal Death Technique, c'est qu'il est assez difficile de retenir quelque chose de ce qu'on vient d'écouter. Si nous ne sommes pas un minimum attentif, ce qu'on écoute devient rapidement répétitif et lassant. Et c'est dommage... Mais cette critique s'applique pour Nephren-Ka comme je pourrai la faire pour Origin ou encore Unfathomable Ruination. Ce sont trois formations aux immenses qualités mais où il me manque cette petite chose qui fasse que l'écoute soit plus mémorable que simplement beaucoup de notes jouées très rapidement.

Pour finir, avec ce « From Agony to Transcendance », Nephren-Ka nous a concocté une véritable pépite pour le genre et renforce sa discographie avec son album le plus abouti. Il arrive à rivaliser avec les pionniers du genre tout en arrivant à trouver sa patte, grâce à son inspiration littéraire, plutôt rare pour le genre, et par la diversité technique et l'intelligence des compositions. Mais il me manque cette chose qui me fait dire que l'on se rappellera de l'album dans quelques mois voire années.