Freitot
Shades Of God
Journaliste

FREITOT

«Freitot délivre un premier album d'une puissance et d'une intensité sans failles qui s'inscrit dans la vraie et grande tradition Death old school»

8 titres
Old School Death Metal
Durée: 38 mn
Sortie le 11/05/2018
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MYSTYK PROD

Depuis quelques années, le Death Metal version 'Old School' fait un come back fulgurant. Il ne s'écoule pas un mois sans qu'une nouvelle production ou un nouveau groupe ne débarque à grands coups de riffs bien gras, avec la ferme intention de tout démolir sur son passage. Cependant, la réussite est loin de toujours être au rendez-vous, et pour cause. Pour faire du (bon) Old School il ne vaut pas seulement le vouloir, il faut aussi posséder une certaine sensibilité au style et tant qu'à faire avoir la culture qui va avec. Du côté de Freitot, qui vient de sortir son premier opus chez Mystyk Prod, on a tout ça et même un peu plus.

Il y a des projets qui démarrent sur les chapeaux de roues, d'autres qui sont tués dans l'oeuf et enfin certains qui mettent un peu de temps à voir le jour. Freitot est de la dernière catégorie, celle des projets qui ont besoin de temps et aussi de rencontres pour que la forme prenne. Initié par le batteur d'Aqme, Etienne Sarthou, Freitot s'est dans un premier temps construit uniquement sous son égide, avant qu'il ne soit rejoint par le chanteur Arno Strobl (Carnival in Coal, We All Die (Laughing)) et le guitariste de Benighted, Fabien Desgardins. Parce que oui, Freitot, c'est d'abord la vision d'Etienne Sarthou, grand fan de Death Metal, qui s'est chargé de la composition des parties batteries, basses et guitares rythmiques, avant que le destin ne mette sur sa route ses compagnons précédemment cités, qui sont venus amener leur talent. Tout ce petit monde bien connu du Metal hexagonal, s'est ensuite mis au travail pour que Freitot devienne une entité à part entière, et puisse sereinement sortir son premier méfait, qui, disons le tout de suite, est une oeuvre de Death Metal old school comme on savait les faire à une certaine époque.

Proche des premières productions d'Entombed, Edge of Sanity et Morbid Angel, Freitot délivre une musique sans concessions à l'efficacité maximale, qui ne laisse aucune place au superflu. Dès 'The Human Drawer' et 'Mission' on sait à quelle sauce on va être mangé : c'est lourd, gras, sale, ça blaste méchamment, et ça dégage un vrai doux parfum old school autant dans la musique que sur le chant. Un Death Metal aux rythmiques puissantes bonifiées par les leads et soli d'un Fabien Desgardins hyper inspiré qui de par son jeu apporte un impact singulier aux compositions. Les yeux fermés ont juré écouter une production du début des 90's tellement les gaillards rendent la chose crédible et savent retranscrire avec fidélité le Death de cette époque. Mais ce premier opus c'est un peu plus qu'une succession de titres puissants, Freitot sait également incorporer à sa musique une bonne dose de mélodie malsaine qui met l'auditeur mal à l'aise. Preuve en est avec le plus mi-tempo 'Father' et son intro en arpèges ou encore 'Lost in Meaning' et ses nombreuses variations de rythmes, dont l'ambiance générale est relativement lugubre. On citera également le virulent ''Love is All Around'' ainsi que le pesant ''The Last Room On The Left'' comme étant particulièrement réussis, où une fois de plus Freitot étale sa science en balançant des riffs extrêmement sauvages associés à des vocaux ultra gutturaux qui vous glacent le sang. Si Arno Strobl n'avait pas officié dans ce registre depuis quelques temps, on ne peut que constater que le résultat est impressionnant, tout comme ses textes qui collent parfaitement à la musique en s'aventurant sur des sujets peu évidents comme la trahison ('Yoko') et la religion ('Father').

Sans réinventer le style, et ce n'était pas le but, Freitot délivre un premier album d'une puissance et d'une intensité sans failles qui s'inscrit dans la vraie et grande tradition Death old school. Ce projet prouve également que la crédibilité passe par un savoir-faire et une culture que tout le monde n'a pas, espérons que Freitot ne sera pas noyé dans la masse de sorties qui n'ont pas son élégance, ce qui en soi serait bien dommage.

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