JUDAS PRIEST
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Heavy Metal
Chroniques

Firepower
Fred H
Journaliste

JUDAS PRIEST

«THE PRIEST IS BACK»

14 titres
Heavy Metal
Durée: 58'25 mn
Sortie le 09/03/2018
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SONY (R)
D'aucun vous diront que les derniers disques du combo britannique, parus depuis le milieu des années 2000, ne sont pas sans reproches. Trop longs, mal produits, remplis de compositions inégales, ... Tels pourraient être résumés Angel Of Retribution (2005), le concept-album en deux actes Nostradamus (2008) ou encore Redeemer Of Souls (2014).

Nos anglais sont donc de retour avec leur dix-huitième galette studio, quatre piges depuis leur dernier opus en date et quarante-quatre ans après leur premier effort Rocka Rolla. D'emblée, le titre éponyme remet les pendules à l'heure. Riff incisif, compo speed en diable, double grosse caisse déchaînée, cliché jusqu'à la lie certes mais redoutablement efficace. A l'instar de la pochette incendiaire qui rappelle la grande époque (Screaming For Vengeance et autre Defenders Of The Faith), on souhaite que le reste s'enflamme de même.

S'ensuivent des morceaux thrash par ci (le dynamique bien qu'honnête ''Lightning Strike'' ou le tout en hargne et rapide ''Necromancer'') et des pistes purement heavy mid-tempi par-là (le très accrocheur ''Children Of The Sun'', le majestueux '' Rising From Ruins'' (et son intro piano/guitare ''Guardians'') ou l'écrasant ''Spectre''). Les chansons typées hard rock pur (l'épique et mélodique ''Never The Heroes'' et le très old-school ''No Surrender'') ne sont pour autant pas oubliées.

Le nerveux ''Flame Thrower'' basique mais imparable et le correct mais dispensable ''Lone Wolf'' (avec son début stoner et son riff Black Sabbathien) complètent le tableau. Le quintette clôture cette rondelle par la power-ballad ''Sea Of Red''. Pas désagréable en soi mais que l'on n'aurait pas forcément garder comme climax.

Du haut de ses (6)66 printemps, le Metal God n'a rien perdu de sa superbe. Son timbre si reconnaissable et si inimitable monte certes moins dans les cris suraigus que par le passé (il en reste encore rassurez-vous). Malgré tout, il nous gratifie une nouvelle fois de refrains ultra fédérateurs et aisément mémorisables (la tuerie ''Evil Never Dies'', ''Traitors Gate'', ...). RESPECT Mister Halford. Pour son deuxième méfait studio avec Judas Priest, le nouveau guitariste Richie Faulkner (pas facile de remplacer au pied levé K.K. Downing parti en 2011), quant à lui, fait des merveilles. La paire qu'il forme avec Glenn Tipton s'accorde parfaitement. Le duo délivre de très bons solos plutôt soignés et inspirés. Les toujours fidèles aux postes Ian Hill (l'indéfectible bassiste) et Scott Travis (frappeur de fûts) tiennent également la baraque comme il faut.

La co-production assurée par Tom Allom (c'était déjà lui sur Ram it Down) et du réputé Andy Sneap (musicien au sein de Sabbat et de Hell, ingé son et collaborateur d'Accept, Cathedral, Exodus, Kreator, Machine Head, Masterplan, Megadeth, …) est tout simplement sans faille. Ce dernier vient d'ailleurs d'être officiellement intronisé pour les concerts de la tournée à venir en tant que remplaçant de Tipton (l'évolution de sa maladie de Parkinson ne lui permettant plus d'assurer les dates prévues).

A la finale, pas de révolution à attendre mais plutôt un retour aux bases (archi-)connues et éprouvées. Ce Firepower aurait probablement encore plus gagné en intensité à être amputé des 2-3 titres les moins mémorables. Qu'importe. Convaincant, direct, puissant, bardé de duels de guitares au cordeau, … rien ne manque. Nos vétérans en avaient encore sous les godasses et c'est tant mieux. THE PRIEST IS BACK.